mercredi 26 mars 2008

Salexandre n°2


J'y suis arrivée... et même avec un peu d'avance !

Le 1/1 fil me pose moins de problème (mais ne me passionne toujours pas, surtout qu'il y en a des points à broder :-)) et je commence à savoir comment bien répartir les différentes nuances du Waterlilies Cherry.
Que nous réserve Anne-Tempus fugit pour la 3e partie ? J'avoue être impatiente. Car même si je pense que j'aurais eu plus de joie à broder sur deux fils, je suis fière du résultat et j'adore ce SAL. Désolée, de ne pas être très présente sur le forum. On ne peut pas être partout, et je préfère (par paresse) m'exprimer ici.

lundi 17 mars 2008

Révision de points...


Un modèle offert par Drawn Thread pour la saint Valentin brodé pour ma douce fille (pour une fois qu'elle trouve un modèle de broderie à son goût !). Les fils sont des V. Clayton. J'en ai un peu bavé sur les points spéciaux malgré les explications très claires.
Ce n'est toujours pas trop la forme chez moi... Je me contente d'avancer le Salexandre à petits pas. Le 1/1 fil me pompe toute mon énergie et me laisse peu de temps pour autre chose.

dimanche 9 mars 2008

Une petite tasse de thé...



Signée Mary Garry's Sewing Cabin, brodée en 1/1 fil avec des soies V. Clayton et parfumée à la lavande...



Voilà de quoi soigner le méchant virus grippal qui s'est installé chez nous... Même pas la force de tenir une aiguille ni un bouquin.

samedi 1 mars 2008

Marquoir, dernière leçon : la finition

Et oui, il reste encore ce dernier chapitre à voir ensemble : quelle était la destinée des marquoirs d'antan et comment étaient-ils mis en valeur ?
Certains, dès le départ, étaient brodés pour être encadrés. C'était le cas des pièces maîtresses polychromes ou des monochromes plus ambitieux. D'autres étaient justes gardés tel quels, parfois entre deux paires de draps ou dans la boîte à ouvrage. Il ne faut pas oublier que les marquoirs fournissaient un riche éventail de lettres particulièrement utile au marquage du linge.

Lorsque les marquoirs étaient brodés sur une toile délimitée par une lisière, le problème de la finition ne se posait pas.


Dans les autres cas, il n'était pas rare de voir la brodeuse terminer son ouvrage par un simple ourlet, voire une finition plus basique : bords frangés ou crantés sauvagement au ciseau, marquoir cloué directement sur un planche. On ne faisait pas toujours dans la dentelle !

Heureusement, il existait des demoiselles plus délicates. Je n'y connais pas grand-chose en technique de couture mais que de raffinement parfois dans les finitions. Laissons parler les images...


J'adore ceux mis en valeur par un ruban de satin avec des fleurs plus moins importantes dans les angles, ou des noeuds... J'en reparlerai sans doute une autre fois. En effet, j'ai bien envie de ne pas encadrer les marquoirs des arrières grand-mères de ma fille mais de les réunir dans une sorte de grand scrapbook et de varier les finitions. Mais pour le moment, j'ai la flemme de concrétiser mes idées...et je n'y connais rien en scrapbooking !

dimanche 24 février 2008

Salexandre


fil de soie Caron Waterlilies Cherry
toile de lin Dublin teinte au thé
(25 count ou 10 fils)


J'ai fini la première partie et j'ai hâte de découvrir la seconde. J'ai choisi le même fil que Tempus Fugit, grande initiatrice de cet ambitieux projet. J'avais peur de prendre une toile Cashel pour broder en 1/1 fil mais je regrette un peu mon choix. La trame est un peu trop lache et les points ont tendance à disparaître derrière la toile. J'attends vos conseils, il y a peut-être des astuces pour avoir de jolis points...

dimanche 17 février 2008

Le marquoir de Victorine


Brodé avec un fil bordeau très foncé qui me rappelle ses savoureuses crêpes aux cerises noires, le marquoir imaginaire-imaginé de ma grand-mère maternelle, Victorine Verdun. J'adore son nom de jeune fille et j'ai été heureuse de l'immortaliser, ainsi que son monogramme V.V. Je me souviens qu'elle disait que cela portait bonheur d'avoir deux fois la même initiale...

Lalaye est un petit village du Val de Villé, au pied des Vosges, où on parlait un étrange patois roman, le welche, et pas du tout l'alsacien. Très proche de ma grand-mère, j'ai l'impression d'appartenir à cette Alsace-là.

Ma grand-mère vit désormais dans une maison de retraite, près de ses filles, à une centaine de kilomètres de son village natal. Elle aura 97 ans le 10 mai.

vendredi 15 février 2008

Hors sujet

Nous ne parlerons pas broderie aujourd'hui mais de moi ! Taguée par Martine, je vais me prendre au jeu des révélations. Voici donc six petites confidences sans importance.

- J'ai la manie de trouver des ressemblances qui ne parlent qu'à moi. Telle collègue ressemble à cette actrice, telle caissière me fait penser à quelqu'un que je connais. Généralement, les autres ne trouvent pas du tout pourquoi !


- Dans les situations de stress intense (genre épreuve orale lorsque j'étais étudiante), je tombe de sommeil. Je baille, je sombre dans une léthargie proche de l'évanouissement. Certainement, une forme de fuite et de défense.


- Je déteste prendre mon petit déjeuner avec quelqu'un. D'ailleurs je ne suis bavarde que le soir.


- Je ne supporte plus le parfum. Presque tous me donnent désormais la migraine ou me font tousser. Ma hantise : partager un bureau avec une collègue qui s'inonderait de parfum. Mon regret : ne plus pouvoir porter Silences de Jacomo qui était jadis mon parfum.


- J'adore les salons de thé. Ce n'est pas seulement pour les gourmandises mais pour l'ambiance qui y règne, surtout à Strasbourg. Univers essentiellement féminin où l'on chuchote entre chien et loup et où j'aime observer les vieilles dames en chapeau, les copines qui se retrouvent, les jeunes mamans qui donnent leur goûter aux enfants fatigués... Bref, l'endroit idéal pour quelqu'un comme moi qui adore observer les gens, deviner les histoires.


- Je n'aime pas acheter des pantalons. Je les trouve toujours moches et ils ne me vont jamais. Surtout depuis la mode des tailles basses. Souvent, je repars avec une jupe ou une robe. C'est pourtant pratique d'avoir un jeans dans sa garde-robe mais je ne sais pas quand je le trouverai sans effort. Surtout que comme je ne fais qu'un mètre cinquante six, souvent je n'arrive pas à attraper les vêtements qui sont dans la rangée supérieure !

A qui le tour ? Il faudrait que je désigne 6 autres victimes ? Je déteste être indiscrète et poser des questions mais si certaines qui figurent dans mes favoris veulent se lancer, je serais heureuse de lire leurs révélations...

jeudi 14 février 2008

C'est toujours la même histoire

Une petite rengaine à fredonner à votre amoureux en cette fête de la Saint-Valentin...

J'ai bien connu le gars
Qui rencontre la fille
J'ai bien connu la fille
Qui souriait au gars

Il lui a demandé du fil et des aiguilles
Pour accrocher un coeur
A son manteau de drap

Et elle a tout donné
Le fil et des aiguilles
Et puis son coeur de fille
Par-dessus le marché

C'est toujours la même histoire
J'ose à peine vous en parler
Moi j'ai fait semblant d'y croire
Faites semblant de m'écouter [...]
Edith Piaf, C'est toujours la même histoire
(Henri Contet /Daniel White) Ed. Beuscher (P) 1944)

Bonne journée !

vendredi 8 février 2008

Marquoir, leçon 4 : motifs ou symboles ?

Cette leçon sera relativement brève car je n'ai ni courage ni la compétence d'étudier de manière approfondie les symboles figurant sur les abécédaires. Pour vous documenter sur le sujet, je vous invite à lire les ouvrages figurant dans l'excellente bibliographie publiée ici. Il s'agit également de mes livres de référence, particulièrement ceux de Catherine Pouchelon. Un coup de foudre également pour celui de Brigitte France que je vais lire ce week end. Il est très bien documenté et semble très complet.

Souvent, je m'interroge... Ce chat est-il là par hasard ou parce que la fillette lui trouvait une ressemblance avec son minet chéri ? Peut-on trouver une signification derrière ces motifs ou sont-ils juste là pour leur côté décoratif ou parce qu'ils sont à la bonne dimension ? Je pense que toutes les interprétations sont possibles. Des fois, cela devait vouloir dire quelque chose, des fois non. Peut-être même que des symboles continuaient à être récopiés d'une génération à une autre alors que leur signification avait été oubliée.
Dans les écoles ou les couvents, quelle liberté avait réllement nos jeunes brodeuses ? Les petits rouges sont essentiellement consacrés à l'écriture ou aux frises, les grands marquoirs aux thèmes religieux. La fantaisie s'exprime davantage au travers des représentations de la flore ou de la faune (oiseaux, fleurs en bouquet, arbres, papillons) ou autres motifs Sajou...


dimanche 3 février 2008

Guerre et amour, le marquoir de Gasparine

Un cadre ancien, un poème d'amour découvert dans un carnet de la guerre 1914-1918, voilà les ingrédients de ce marquoir brodé en fils de soie, au gré de mon inspiration.


Je voulais broder un hymne à la vie et à l'amour. Alors même si le poème parle de la guerre, les coloris choisis sont gais, les motifs bucoliques. Le mot Reconnaissance, l'année de l'armistice évoquent la fin de la guerre, la joie des retrouvailles de deux êtres qui s'aiment.

Et dans le carnet, on trouve également un portrait de femme. Est-ce notre Gasparine si tendrement adorée ? Je la trouve un peu âgée, un brin sévère et je ne sais pas si le costume est d'époque.

Mystère, mystère...

Edit du 5 février : les images que j'avais mises dans mon article précédent sur Gasparine sont de retour mais j'ai un peu simplifié le texte.

jeudi 31 janvier 2008

Marquoir, leçon 3 : l'identification


Il est temps de poursuivre nos leçons, si vous le voulez bien. Au hasard de mes recherches, j'ai répertorié 135 marquoirs de toutes les époques. Je me suis surtout penchée sur les marquoirs français, petits rouges ou abécédaires polychromes plus raffinés. Mais j'ai également pris en compte quelques exemples allemands, autrichiens ou anglais.
Sur cet échantillon, seulement 28 sont anonymes ou avec des initiales et 23 ne portent pas de dates. La plupart présentent un nom et un prénom. Celui-ci est rarement brodé sans le nom de famille qui est, lui, quelquefois accompagné de la seule initiale de la brodeuse. 20 abécédaires indiquent l'âge de la jeune demoiselle, la fourchette allant de 8 à 12 ans. L'année est le plus souvent présente seule mais elle peut être accompagnée d'un mois ou même d'une date précise. L'année de naissance est parfois mentionnée ainsi qu'une localité, une école ou un couvent.

Voilà quelques unes des inscriptions relevées :
Cette marque a été faite par...
L'année 1865 agée de 9 ans
Fait par...à l'âge de
Fait par moi
Fai an 1843
Fait au couvent de Lombrise 1901, Souvenir
Dédié à mes chers parents
Hommage à mes chers parents
Souvenir de mon enfance
Souvenir de classe
Souvenir de famille
Marie fête le 20 mai
A ma mère
Cette marque appartient à...
Fait à l'hôpital

Et voici le palmarès des prénoms, dans l'ordre de fréquence, la palme d'or revenant à Marie rencontrée 12 fois sur des marquoirs :

12 Marie, 3 Antoinette, 3 Juliette, 3 Victorine, 2 Alice, 2 Angèle, 2 Berthe, 2 Blanche, 2 Justine, 2 Lucie, 2 Madeleine, 2 Marthe, 2 Valentine, 2 Yvonne, 1 Ann, 1 Adelle, 1 Adrienne, 1 Agnes, 1 Alphonsine, 1 Amélie, 1 Angélique, 1 Aude, 1 Camille,1 Célestine, 1 Celina, 1 Clementine, 1 Constance, 1 Denise, 1 Dominique, 1 Elisabeth, 1 Elise, 1 Emma, 1 Ernestine, 1 Estelle, 1 Eugénie, 1 Félicie, 1 Gabrielle, 1 Helene, 1 Jeanne, 1 Joséphine, 1 Julie, 1 Léonie, 1 Léontine, 1 Louise, 1 Louise Victoire, 1 Lucia, 1 Macha, 1 Margueritte, 1 Maria, 1 Marie Grace, 1 Marie-Louise, 1 Pauline, 1 Rose, 1 Sarah, 1 Sidonie, 1 Solange, 1 Zoé

Presque toutes les lettres de l'alphabet...



vendredi 25 janvier 2008

Marquoir, leçon 2 : alphabets et chiffres

Rien de plus simple en apparence que de broder des lettres ou des chiffres à la suite... Presque toujours, la brodeuse va à la ligne en veillant à aligner verticalement sa lettre par rapport à la première lettre ou à la croix de par Dieu de la ligne précédente. Et elle poursuit le plus souvent avec la série de chiffres.

Plus rarement, les dernières lettres de l'alphabet sont isolées et centrées sur une ligne.

La plupart du temps, la toile se couvre comme une page d'écriture. On brode à la suite comme on écrirait des mots sur un cahier de calligraphie, sans avoir peur de couper les mots parfois. Pas question non plus de laisser trop de blancs. Les petites filles devaient être très encadrées et respecter des règles de présentation dictées par les maîtresses. Cela n'empêche ni les maladresses, ni les lettres oubliées et rajoutées, ni les espacements inégaux entre les lettres.

Souvent, on rajoute une frise, un motif pour combler les blancs en fin de ligne. Cette "peur du vide" est caractéristique de l'art populaire. A une époque où le gaspillage n'existait pas encore, chaque millimètre compte pour parfaire l'apprentissage.

Quant j'ai commencé le marquoir de ma grand-mère, je n'avais pas fait attention à tout cela. Je voulais lui donner un côté instinctif, spontané. Je trouve que du coup, il a quelque chose de pas authentique... Je vais donc supprimer la croix de par Dieu qui ne devrait pas être isolée comme cela. D'ailleurs, ce marquoir d'école laïque sera plus juste sans ce symbole. Tant pis pour les chiffres : ils resteront décalés par rapport aux deux lignes de lettres. Encore une petite hérésie par rapport à la tradition : pas facile finalement d'inventer un faux vieux marquoir.

Merci à Catherine, Anne-Marie et Laurence qui se sont exprimées lors de la leçon précédente. Leurs remarques constructives m'aident à progresser dans cet apprentissage et m' encouragent à poursuivre ce travail d'analyse qui, je l'espère, ne vous ennuie pas trop :-))

mercredi 23 janvier 2008

Marquoir, leçon 1 : frise et dimensions

J'ai décidé de vous dévoiler étape par étape la confection du marquoir de ma grand-mère tout en vous livrant quelques réflexions plus générales nées de mes observations de ces broderies (sur ebay et dans des livres).

J'ai tout d'abord choisi une frise très simple et décidé de faire la même sur les 4 côtés, ce qui n'est pas toujours le cas sur les abécédaires. Sans le faire exprès, j'ai fait une faute dans la frise du bas, et je me suis fait vengeance pour la laisser !

A deux endroits, ma frise ressemble à cela !!! Il faut le faire comme erreur mais si je me suis trompée, une petite fille de 9 ans aurait très bien pu le faire aussi... Surtout ma grand-mère.
Ma frise délimite un beau carré de toile de 25 x 25. Je me demande si jadis, la brodeuse en herbe débutait son ouvrage par l'alphabet. Je pense qu'elle devait faire comme moi et commencer par la frise. Sinon, comment expliquer que l'écriture vienne parfois buter contre la frise, comme ici ?

Ce qui m'étonne toutefois, c'est que l'on trouve des dimensions très variables, souvent proches du carré : 27 X 29, 26 X 28, 24 X 23 ? Pourquoi ne pas avoir fait un carré parfait ? Mystère. D'autant plus que tout laisse à penser que les marquoirs étaient brodés de manière assez encadrée.
C'est ce que je vous expliquerai lors du prochain cours.



jeudi 17 janvier 2008

Grand-mère veux-tu...


Sélection de monochromes vus sur ebay

Peut-être que comme moi, vous avez déjà rêvé de retrouver parmi des trésors de famille, un vieux marquoir brodé au fil rouge. Enfant, je passais beaucoup d'heures à explorer le grenier de Victorine, ma grand-mère préférée, mais je n'y ai jamais découvert d'abécédaires. Il faut dire aussi que je me m'intéressais pas à la broderie à l'époque et je n'ai pas pensé à lui demander si elle avait appris le point de croix à l'école. Elle a 96 ans maintenant et a enfoui tout ces souvenirs dans un coin de sa mémoire.
Alors, pourquoi ne pas broder ce marquoir disparu ou qui n'a peut-être jamais existé ? Au lieu de reproduire littéralement des abécédaires brodés par des inconnues, pourquoi ne pas en créer un qui porterait son nom et qui ressemblerait à la petite fille espiègle et sans doute guère soigneuse qu'elle devait être à 8 ans ?
Rien n'est plus simple finalement.
J'y pense depuis un moment et comme je veux que mon marquoir ait un côté authentique, j'ai commencé à le broder sur une toile de lin un peu grossière et transparente qui rappelle un peu le canevas. En effet, je poursuis toujours mon étude des abécédaires (grâce à ebay) et j'étudie attentivement leurs matériaux, dimensions, inscriptions... Très peu étaient finalement brodés sur du lin. On employait souvent une toile de type canevas comme celle-ci.


Quand j'aurais fini le marquoir de Victorine, je broderai celui des trois autres arrières-grand-mères de ma fille. Une manière de voyager dans le temps, dans l'espace, l'histoire de nos familles et de tisser des liens entre les générations.

Et si d'autres brodeuses veulent me suivre dans cette aventure de recréation, il suffit de me l'indiquer dans les commentaires. Ce n'est pas à proprement parler un SAL de plus mais juste le partage d'une idée. Personnellement, je vais faire un marquoir par saison... Alors qui me suit dans cette aventure ?
Et j'en profiterai pour vous faire part de certaines de mes modestes observations sur les marquoirs.

mercredi 16 janvier 2008

Encadré, c'est mieux...

Et en plus, sans faire appel à mon encadreuse !



Je ne vous montre quand même pas le revers pour vous le prouver !



Une fois sur le mur, personne n'ira voir comment c'est fixé à l'arrière (c'est à dire avec du double face, des clous qui dépassent et des ourlets pas très "tempusfugitiens").

Je suis quand même contente d'avoir réussi à centrer mon motif. Et la toile est tendue sans que les rebords soient trop déformés. Allez, je retourne à mes broderies... Je préfère compter les points que de mesurer les marges.
Des informations sur le modèle ? Vous trouverez tous les renseignements dans la rubrique Petits rouges et vieux marquoirs.

jeudi 10 janvier 2008

Echange de l'hiver


Cristina m'avait envoyé ce pinkeep pour Noël...


Je lui ai fait parvenir celui-ci pour l'Epiphanie.
Les modèles créées par Blue Ribbon Designs proviennent de la revue The Gift of stitching. Les fils utilisées par moi sont des Weeks Dye Works et le lin est teinté avec du thé.

Mon pinkeep était un petit peu plus petit que celui de Cristina (j'en ai bavé pour le 1/1 fil !)

A l'arrière, une cotonnade à carreaux et un ruban de croquet maintenu par des petites épingles dorées pour la finition.

dimanche 6 janvier 2008

Le marquoir d'Hermione Granger

Bien sûr c'est une intellectuelle toujours plongée dans un livre, curieuse d'apprendre et de comprendre et on l'imagine mal avec une aiguille à la main. Mais ne tricote t-elle pas pour les elfes de maison ? Alors, j'ai eu envie de lui faire signer ce marquoir aux tonalités sourdes, proches de l'ambiance des livres de J.K. Rowling.

D'abord sa signature, puis deux formules de protection qu'elle prononce régulièrement dans le tome VII lorsqu'ils installent leur campement dans un nouveau lieu.
Ensuite les noms de Harry, Ron et Ginny et l'année 2007 en latin.
J'adore donner un soupçon de réalité à des personnages de fiction et éterniser ainsi les moments de lecture.
J'ai offert ce marquoir à ma fille qui a grandit en même temps que les héros de cette saga. Plus tard, cette broderie lui rappelera qu'elle fait partie de la génération Harry Potter. Personnellement, je trouve qu'il y a quand même dans le dernier tome des passages un peu hardues pour ses onze ans.

Selon vos conseils, j'ai juste réduit d'un point la tige à droite, et on ne voit plus vraiement l'erreur de décalage que j'avais faite. Le cadre est déja acheté mais pas trop de courage ce dimanche car demain, c'est le retour au travail...

mardi 1 janvier 2008

Le temps d'une ronde

Mon cadeau du Nouvel An à mes fidèles lectrices et à toutes les nouvelles qui sont les bienvenues sur mon petit coin de lune...

Cet épisode fait suite aux aventures de la mercière Béatrice qui grâce à une étrange histoire de marquoirs, avait fait la connaissance de Pierre... Vous pouvez relire les épisodes précédents du Fil d'Ariane ici.



LE TEMPS D'UNE RONDE


Un round robin consiste à former un groupe de brodeuses. Chacune commence un ouvrage sur le thème de son choix puis le transmet à la suivante qui aura fait la même chose de son côté avec la broderie qu'elle aura commencée. A la fin, chaque participante récupère sa toile brodée par toutes les brodeuses du groupe.



VERONIQUE

Les enfants allaient encore être en retard à l’école. C’était tous les jours pareil. J’avais beau vérifier les cartables ou choisir les vêtements la veille, rien ne se passait jamais comme prévu. A la dernière minute, Alice n’arrivait pas à fermer son pantalon rouge devenu trop petit, Emilie ne trouvait plus sa deuxième Converse et Louis restait des heures sous la douche. Pour le petit déjeuner, ce n’était guère mieux. Je me levais pourtant une demi-heure avant eux afin de presser les oranges, faire chauffer le lait, griller les tartines. Cela ne semblait guère les émouvoir que je me donne tout ce mal au lieu de les gaver de céréales trop sucrées, de viennoiseries déjà toutes prêtes, de jus de fruits fluorescents. L’aînée allait encore partir le ventre vide parce que je n’avais pas racheté de Nutella. Heureusement, les deux autres étaient moins difficiles et avaient bon appétit le matin mais qu’est-ce qu’ils mangeaient lentement ! Tant pis, ils partiraient une fois de plus sans s’être brossées les dents.

Dans la voiture, arrêtée à un feu qui semblait ne jamais vouloir passer au vert, je me demandais comment François, mon mari, se débrouillerait à ma place. Il se levait tous les matins aux aurores ayant plus d’une heure de trajet pour aller travailler. Toute la maison sommeillait encore lorsque je l’entendais claquer la porte de l’entrée. Habitué à cette image douce d’une famille paisiblement endormie, pourrait-il s’adapter aux cris et bousculades quotidiennes ? Inutile d’y penser, je n’avais pas l’intention d’abandonner mon poste de mère au foyer. Je m’en sortais finalement pas trop mal : le portail de l’école était encore ouvert et mes enfants avaient même trois minutes d’avance.

De retour à la maison, j’appréciais mon deuxième café du matin tout en parcourant mes blogs préférés. L’ordinateur était enfin disponible, autant en profiter sans perdre une minute. Il serait bien assez tôt ensuite pour la cuisine, le ménage, le repassage…Tiens, Béatrice m’envoyait un message pour me dire que la toile du round robin était prête et que son ami allait passer me la déposer ce matin. Cela devait être lui qui sonnait à la porte. Et la maison qui n’était même pas rangée…

PIERRE

Béatrice m’avait demandé de déposer un paquet chez les Dubois, prétextant que c’était sur mon chemin. Elle aimait bien m’associer à ses projets, peut-être pour me signifier que j’avais encore et toujours une place de choix dans sa vie. Malgré son refus de m’épouser.

Nous ne nous connaissions que depuis quelques mois lorsque je l’avais demandée en mariage. J’avais du être bien ridicule au restaurant en lui offrant un diamant au moment du dessert, sur fond de champagne et de déclaration d’amour. Qu’est-ce que je pouvais être démodé parfois ! Béatrice ne m’avait pas répondu tout de suite. Elle avait besoin de réfléchir, et moi, je pensais que c’était mauvais signe. Je m’étais conduit comme un imbécile à cause de cette histoire insensée de marquoir et voilà que je prenais la vie pour un film. Avais-je donc perdu la tête, moi d’habitude si raisonnable ?

Béatrice était tellement touchante. Sous ses allures de femme-enfant, elle cachait une personnalité fort complexe, tantôt fragile, tantôt volontaire. Elle n’avait absolument pas conscience de sa sensualité naturelle et c’est sans doute, ce qui m’avait tant séduit en elle. Peu à peu, nous nous étions apprivoisé. Je dormais parfois chez elle et savourais à ses côtés des instants de bonheur et de grâce. Nous nous aimions, pourquoi fallait-il que je l’épouse ?

C’est un peu ce qu’elle m’avait expliqué quelques jours plus tard. Elle pensait ne plus pouvoir vivre vraiment en couple. Elle avait besoin de solitude, même si elle aimait se blottir contre mon épaule. Elle avait très peur de tout casser en m’épousant. Elle avait certainement raison. Je regrettais de m’être emballé et appréciais plus que jamais les heures précieuses passées ensemble.

J’ignorais exactement ce que contenait le paquet que je devais remettre à Véronique Dubois mais il était relativement lourd. Il devait contenir du fil, de la toile à broder, toutes ces petites choses qui font scintiller les yeux de Béatrice. Elle m’avait parlé d’un échange, d’une toile qui devait circuler entre brodeuses. Je n’avais pas très bien compris le principe de ce qu’elle appelait, si je m’en souviens bien, un round robin.

Véronique Dubois qui s’excusait du désordre qui régnait dans sa maison, voulait m’offrir un café mais je n’avais guère le temps de m’arrêter. J’avais du mal à imaginer cette jeune femme un tambour à la main, tant elle semblait nerveuse mais j’avais sans doute des préjugés sur les brodeuses. Je les imaginais toutes comme Béatrice, calmes, posées, gracieuses...et ordonnées ! Je devais forcément me tromper. Malgré les affaires qui traînaient partout, j’aimais beaucoup l’ambiance qui régnait dans ce pavillon. On y sentait la vie, la présence d’enfants débordants d’énergie. Les maisons devenaient si vite silencieuses. Mon fils avait maintenant vingt-quatre ans, ma fille vingt-deux et ils faisaient leurs études bien loin d’ici. Plus aucun jouet ou chausson ne traînaient dans mon entrée. Un jour, Véronique Dubois regretterait ces temps de fatigue et d’énervement mais elle l’ignorait encore.

CHANTAL

C’était le premier round robin auquel je participais. Cela m’avait toujours fait un peu peur ces ouvrages qui circulent par la poste au risque de se perdre en route. Et puis ces échanges ne se passaient pas toujours très bien. Des participantes ne respectaient pas les délais et j’avais vu des toiles terminées qui n’étaient pas une réussite. Certaines brodeuses ne se donnaient guère de mal sur la toile qui n’était pas la leur ou étaient simplement moins douées. Pas facile de bien composer sa partie et de l’harmoniser avec celle des autres. Je pense que j’aurais été la première à ne pas y arriver.

Et puis Béatrice m’avait embobiné (normal, pour une mercière) et elle m’avait inscrite à sa ronde. Elle avait bien fait. Elle qui m’avait connue lorsque j’étais institutrice, devait sans doute me trouver bien éteinte depuis que j’étais à la retraite. Où était donc passée la Chantal qui ne craignait pas d’initier une classe entière au point de croix, distribuant une grille Sajou à droite, débutant une aiguillée à gauche ? Peut-être n’était-ce qu’une fatigue ordinaire après des années de tension mais je commençais à trouver cela inquiétant. J’avais soudain le temps de faire tout ce qui me plaisait (ce fameux temps qui m’avait tant manqué avant) et je ne faisais rien. Ni lecture, ni broderie, ni gymnastique. Rien. Juste les tâches ménagères et le jardinage afin que René, mon mari qui n’était pas encore retraité, ne remarque pas ma déprime en rentrant le soir à la maison.

Le thème qui avait été choisi par Béatrice était celui de la broderie ou de la mercerie. C’était un tout petit round robin avec quatre participantes, des habituées de sa boutique. Nous avions toutes divisé notre grande toile en quatre parties égales et rédigé nos instructions dans un carnet joliment décoré. Moi, j’avais fait le choix de modèles Prairie Schooler représentant des brodeuses. Béatrice voulait une broderie vieux rose et écrue avec surtout des représentations d’objets de mercerie. Elle avait brodé « Mercerie ancienne » en haut de sa toile et j’étais chargée de la partie de gauche. Comme Véronique avait disposé à droite une jolie collection de dentelles et galons (certains brodés, d’autres pas), je me demandais si je n’allais pas broder des bobines de fils, des ciseaux et coudre des boutons de nacre.

J’avais déjà terminé ma partie sur la toile mauve de Véronique et j’avais apprécié la douceur des fils de soie. Je n’avais jamais brodé que des DMC, mais là, j’étais conquise. Même si, les fils s’accrochaient à mes doigts râpeux de jardinière. En revanche, j’aimais moins la finesse de la toile. Véronique s’était excusée d’avoir choisi de la 16 fils. Elle était toute pardonnée car c’était vraiment magnifique. Mais qu’il est difficile d’admettre que sa vue a baissé et de se rendre compte qu’on est la plus âgée d’un groupe !

SARAH

Mes copines ne se moquaient plus de moi et m’accompagnaient parfois à la mercerie. Elles savaient que la broderie m’avait aidé à vaincre mon anorexie et étaient heureuses de ne plus me voir traîner avec ce drôle de garçon, un pseudo punk dont la révolte était surtout de boire de la bière dès 9h du matin. J’avais cependant gardé un look bizarre et le noir était toujours ma nuance préférée. C’était d’ailleurs la couleur de toile que j’avais choisi pour le round robin. Cela me faisait tout drôle de participer à un projet en commun avec des femmes plus âgées que moi. D’autant plus que j’avais toujours eu du mal à communiquer avec les adultes, en particulier avec ma mère.

Béatrice avait trouvé que cela me ferait du bien de m’intégrer dans un groupe qui ne me ressemblait guère, a priori. Rien de mieux, disait-elle, pour prendre de l’assurance. Et j’avais besoin de discipline. Je faisais parfois n’importe quoi… Je terminais rarement mes ouvrages, perdais mes aiguilles, déchirais mes grilles. Il régnait à l’arrière de mes toiles, un consternant fouillis de nœuds et de fils emmêlés. Là, je m’étais juré de m’améliorer.

Tout d’abord, j’avais commencé par broder la partie centrale de ma propre toile. Histoire de voir si j’étais capable de prendre de bonnes habitudes avant de massacrer l’ouvrage des autres. Le modèle de la Sylphide Toquée que Béatrice avait trouvé pour moi était génial. Cette brodeuse en action devait donner le ton à l’ensemble de ma toile. Je voulais qu’elle ait un côté Manga, mais je ne sais pas si les autres brodeuses allaient rentrer facilement dans mon univers !

Chantal, la plus âgée de nous quatre, avait adoré broder sur ma toile une brodeuse un brin gothique qui ressemblait à la Miss Marry Mack de La D Da. Je ne sais pas où elle avait déniché la grille mais cela l’avait détendu après la broderie en fils de soie sur le lin 16 fils de Véronique. Un vrai cauchemar pour moi également…

J’avais eu la mauvaise idée d’emmener cet ouvrage pour le broder dans mon café préféré. Un peu par provocation et beaucoup par bêtise. La catastrophe qui devait arriver, arriva, surtout avec ma maladresse habituelle. Enervée par la présence de certains garçons de ma classe qui se moquaient de moi (je l’avais bien cherché du reste), je renversais le fond de ma tasse de thé sur un coin de la toile. Pas beaucoup mais suffisamment pour que cela se voit, surtout sur un ouvrage si délicat. Heureusement que Chantal n’habitait pas trop loin. J’arrivais chez elle en larmes avec l’impression d’avoir provoqué le désastre le plus épouvantable sur la planète ! Elle ne me gronda pas (comme l’aurait fait ma mère) et ne chercha pas à me consoler (comme l’aurait fait ma grand’mère). Elle prit l’affaire très au sérieux, tamponna le lin par ci par là avec un mélange de thé et de café, laissa sécher la toile, recommença jusqu’à l’obtention d’un effet fondu, délicieusement suranné. Une véritable fée ou magicienne. Véronique allait adorer ce côté brocante, c’était certain.

BEATRICE

La ronde était terminée depuis quelques mois et les liens qu’elle avait permis de tisser ne s’étaient pas défaits. Pierre et moi allions garder les petits Dubois ce soir pendant que leurs parents seraient au cinéma avec des amis. Finalement, j’aimais bien mon rôle de nounou et jouer à la maman en présence de Pierre, me troublait énormément. Si je l’avais connu plus tôt, si je n’étais pas devenue stérile à la suite d’un accident, notre vie aurait été toute autre. A quoi bon penser à ces choses-là ? J’avais rencontré un nouvel amour à quarante cinq ans et c’était un cadeau magnifique, inespéré.

Sarah et Chantal passaient très souvent le mercredi après-midi ensemble. La jeune fille de 17 ans tondait le gazon ou taillait les hais du jardin de l’ancienne institutrice qui se faisait un plaisir de l’aider à réviser ses leçons ou à comprendre l’énoncé d’une dissertation. Avec un peu de chance, Sarah arriverait à avoir son bac, elle qui avait été à deux doigts de tout laisser tomber. C’était une jeune fille intelligente et très douée mais terriblement paresseuse. Chantal l’avait bien compris et avait su la remotiver tout en se trouvant une nouvelle vocation. Elle pensait même créer au sein de la "Maison des associations", une cellule pour recevoir les adolescents en détresse. Juste un endroit d’écoute qui manquait à tellement de jeunes.

A nous voir si différentes et pourtant unies, j’étais heureuse d’avoir trouvé dans un monde de tensions et de mesquineries, ces petites bulles d’harmonie. Elles étaient peut-être illusoires, mais qu’importe, elles m’aidaient à vivre. Respecter le choix d’une autre brodeuse, s’exprimer sur une toile sans contredire les parties déjà brodées par les autres participantes, cela demande d’être à l’écoute et ouverte aux expériences les plus folles. Passer de l’univers étrange de Sarah à celui très précieux de Véronique, des tons roses et écrus de ma toile aux couleurs chaudes et éteintes des modèles préférés de Chantal, voilà une gymnastique que j’adore ! L’esprit est en éveil, les doigts découvrent une matière puis une autre, jonglent avec les fils tantôt brillants, tantôt mats, les toiles plus ou moins fines, plus en moins claires... Le bonheur de créer à quatre mains une broderie unique.

En musique, la ronde est une note qui dure tout le temps de la mesure. Elle prend le temps d’exister, de vibrer, de résonner, au lieu de s’agiter dans tous les sens comme des petites croches nerveuses. Le temps d’une ronde entre brodeuses, oublier cette course effrénée qui ne mène nulle part… et puis recommencer.

dimanche 30 décembre 2007

Au revoir 2007


Voilà plus ou moins ma production de l'année écoulée, avec une mosaïque spéciale de décorations de Noël... Finalement, cela ne fait pas tant que ça et prouve bien que j'ai une autre vie en dehors de la broderie :-)

Une année s'achève, une autre commence.
En 2008, je vous souhaite d'avoir plein de projets dans la tête et l'énergie de les réaliser, de savoir profiter des petites joies simples de la vie. C'est en tout cas ce que j'essaierai de faire. Et je sais bien qu'il y aura encore des tracas, des nuages, des lassitudes... et des moments broderie pour me ressourcer.
Je vous donne rendez-vous le 1er janvier, histoire de commencer l'année justement avec une histoire ! C'est une nouvelle très simple, sans prétention, qui devrait se lire sans problème... mais n'abusez tout de même pas du champagne la veille :-))

vendredi 21 décembre 2007

Mon beau sapin


Difficile à rendre en image mon sapin dont j'aime le côté bazare. Les boules traditionnelles rouges scintillent au milieu des filaments dorés, des friandises, des décorations en bois, et des fameuses broderies du SAL de Tempus fugit...

Un joyeux Noël à toutes et à tous !