samedi 31 décembre 2016

Fermons la porte


L'année 2016 se termine avec une vague de froid. L'occasion rêvée pour rester au chaud et goûter à ce sentiment de bonheur indéfinissable que les danois nomment hygge (prononcer Hoo-ga).

Et en 2017, j'espère pouvoir me promener le plus possible sur les chemins noirs (chers à Sylvain Tesson), sans me prendre un drone sur la tête !

Merci à tous ceux qui en 2016 m'ont ouvert les yeux sur ce qui est essentiel sur terre et m'ont fait grandir. Lectures, rencontres...

Fêtez bien la nouvelle année mais pensez aussi à ne pas gêner les autres qui comme moi, préfèrent l'accueillir dans le silence et non dans les rythmes technos. 

Pensez aussi à tous ceux qui ont perdu un être cher, souffrent et n'ont pas forcément envie de s'amuser.

A l'année prochaine...

 

vendredi 23 décembre 2016

Noël arrive...


L'automne a perdu ses couleurs et s'habille de gel. Les oiseaux coiffent les dernières feuilles. Pas de doute : Noël est à nos portes !

Sœur du solstice, cette fête chrétienne qui marque le début de l'hiver, donne aussi l'autorisation au soleil de nous éclairer chaque jour quelques minutes de plus.

Que la fragile lumière de Noël brille dans nos cœurs, loin des illuminations artificielles de nos villes et des pacotilles inutiles.

Joyeux Noël à tous !

dimanche 27 novembre 2016

Il est temps...

Oui, il est plus que temps d'achever ma housse de harpe, ce projet insensé débuté il y a cinq ans, en 2011 avant que le myélome multiple ne bouleverse ma vie.
Et même si je vais plutôt bien, j'ai forcément pris conscience en étant malade de l'éventualité de mourir et j'ai souvent pensé à ce texte magnifique que je partage avec vous.
Rachel me raconta qu'elle avait du sang russe et du sang des Amérindiens de l'Athabaska.[...]
Dans la culture atha-bascane, lorsqu'on commence à tisser une couverture, on doit être certain de vivre assez longtemps pour pouvoir la terminer. Si on découvre qu'on doit mourir, il est nécessaire de faire une cérémonie avec celle ou celui qui a accepté de terminer l'ouvrage parce qu'on ne doit pas laisser quelque chose d'inachevé avant son départ pour l'au-delà. Autrement, c'est une partie de son âme qu'on laisse derrière soi.
[...]
La vie est simple, me dit Rachel. On vient au monde pour veiller au bien de tous et à la santé de notre terre. Puis on nous fait signe qu'il est temps de partir, et l'on doit faire tout son possible pour ne rien laisser d'inachevé ici-bas. On doit demander pardon, léguer ses responsabilités au sein de la tribu, accepter les remerciements et l'amour que les gens de la tribu nous manifestent. C'est aussi simple que cela.
Caroline Myss. Anatomie de l'Esprit (j'ai lu).


Me voici toujours en vie, sereine et heureuse et terminer cet ouvrage moi-même.

J'avoue que le revers m'a semblé long à faire. Peut-être parce qu'un seul grand marquoir est plus ennuyeux à broder et que la frise demandait beaucoup d'attention (j'ai d'ailleurs un peu triché car j'avais un décalage de points à la fin).

Le revers est moins chargé que face avant.
Si c'était à refaire (ah non, pas ça !!!), j'aurais peut-être mieux accordées les deux faces, au niveau des coloris.

Est-ce que cet ouvrage que je voulais achever m'a aidé à rester en vie ? Peut-être... mais je crois que je vais maintenant me contenter d'ouvrages plus rapides à faire. C'est assez difficile de broder sur une grande et lourde toile.

Mais pour tout dire, je n'ai pas tout à fait fini et j'ai rajouté des petites choses par ci par là. Présentation officielle début Janvier : j'ai encore du travail d'ici là. Et je n'ose pas encore penser à la phase couture... qui sera faite aux beaux jours de 2017.

Le chant des anges



 
 Mini-card collections F, Singing Angel, the Prairie Schooler

Ce modèle est une mini-carte de la collection F par the Prairie Schooler. Il s'agit d'un ange de Noël en train de chanter.
J'ai préféré transformer son manuscrit en partition afin de rendre cette broderie plus intemporelle. Mais ce n'était pas facile de broder des notes dans un si petit espace et les traits rapprochés de la portée sur le fond blanc, donnent l'impression que la partition est grise ! Simple effet d'optique.
En ce moment, mes broderies n'avancent guère. Temps de fatigue, de reprise du travail à temps plein et manque de lumière. J'ai même du m'acheter un lampadaire daylight avec loupe pour y voir plus clair mais mes yeux semblent avoir des problèmes pour bien accommoder. Séances de rééducation en perspective.
J'espère ne pas être privée de broderie, d'autant plus que j'essaie de terminer ma housse de harpe (commencée il y a cinq ans) avant la fin de l'année !
Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais le temps maussade de la fin de l'automne me donne des envies de broderie, bien au chaud, et c'est bien dommage que mes yeux ne suivent pas, ne suivent plus... Il faut accepter, être à l'écoute. Se faire plaisir tout en étant raisonnable. 
L'été quand la lumière est meilleure, on a souvent moins envie de faire des petites croix. La nature nous appelle et il fait trop chaud pour tenir un ouvrage. Décidément, c'est dur d'être une brodeuse ! 
 

vendredi 11 novembre 2016

Feuilles d'automne


 
Autumn Leaves est un modèle de la créatrice de Prairie Schooler datant de 2006 (BK 132).
 
Je l'ai brodé non en fils DMC (comme cela était préconisé) mais en utilisant des fils américains (Weeks Dye Works, Sampler Threads) oubliés dans mes tiroirs et  qui avaient des teintes appropriées aux noms évocateurs : Brick, Gold Leaf, Walnut, Tarnished Gold, Dark Chocolate...
J'ai  choisi de broder la citrouille et non une maison dans le petit cadre. En effet, il y a souvent dans les "Books" de cette créatrice, un modèle principal et quatre modèles secondaires. Je trouve que cela est une bonne idée pour varier les plaisirs. Et deux maisons sur la même broderie, cela faisait beaucoup ! Surtout en mode "tapisserie". J'ai toujours un peu de mal à couvrir toute la toile de petites croix, façon canevas, même si cela fait partie du style Prairie Schooler.

Ce modèle (et un certain nombre d'autres de Pamela Byrd Smith) me fait penser à un livre d'image pour enfants. Avec une image dans l'image, un texte coloré. Plein de petits détails à regarder.
 
L'écureuil qui ressemble à ceux que l'on trouve dans les samplers quaker de l'école d'Ackworth.
 
Les chiffres qui animent le sol et évoquent presque un tapis de feuilles.

C'est plein de poésie.

Et justement, le texte est proche de celui d'une vieille comptine américaine écrite par la poète Georges Cooper (1838-1927) mise en musique par Thomas J. Crawford.

Come, little leaves,
Said the wind one day,
Come over the meadows
With me, and play;
Put on your dresses
Of red and gold;
Summer is gone,
And the days grow cold.


Venez, petites feuilles,
Dit un jour le vent,
Venez ici dans les prés
et jouez avec moi ;
Mettez vos robes
De rouge et d'or ;
L'été est parti
Et les jours se font froids.

Dans la broderie, elle a changé la fin et parle non d'une robe mais d'un manteau et dit que l'automne est là, au lieu de l'été qui est parti...

Voilà, j'espère que ces explications ne vous auront pas ennuyés. J'aime faire des recherches et les partager. C'est pour cela que pour moi, publier dans un blog est essentiel. L'ouvrage est moins important que ce qu'il m'évoque ! Le montrer uniquement sur Pinterest ne m'intéresse pas. Je sais par expérience que visionner des tas d'images de broderie n'entretient chez moi que la frustration de ne pouvoir tout faire ! Alors, je zappe, j'éteins l'ordinateur et retourne à mes modestes petites croix.

samedi 5 novembre 2016

Petits riens

Petite conversation entre deux écolières glanée en passant, quelques jours après la Toussaint.

- Tu as fait quoi pendant tes vacances, au fait ?
- Mais RIEN !!!

Et derrière ce mot crié joyeusement dans la rue, il n'y avait aucun regret de n'être pas partie vers des horizons lointains mais au contraire, le bonheur de n'avoir rien fait. Si ce n'est dormir plus longtemps, profiter de l'automne flamboyant, fleurir les tombes en famille...

Ce rien, je l'ai senti rempli de plein de choses essentielles.  Et je me suis dit que si au 21e siècle, il y avait encore une jeune fille qui savait profiter de petits riens, alors il y avait peut-être encore un peu d'espoir dans ce monde qui va trop vite, tout le temps. Et qui se crée trop de besoins inutiles alors qu'il faut finalement peu de choses pour être heureux.
 

Photographie d'Hugo Grandcolas, le petit fils de ma tante Marie-Rose... Il a le don de capter des ambiances que j'aime, lors de ses voyages et pas loin de chez lui, comme ici dans la forêt de Haguenau.

dimanche 16 octobre 2016

L'automne, sous tous les tons

 
J'ai abandonné mon ouvrage du moment, séduite par des modèles de Prairie Schooler qui chantent la belle saison actuelle. J'avais envie de couleurs chaudes qui évoquent la terre et les feuilles rougeoyantes. 
Voilà qui me permet d'utiliser mon stock de fils américains sur ce modèle Autumn Leaves. J'ai en effet pris la résolution de faire avec ce que j'avais dans mes paniers au lieu de racheter les fils conseillés sur la grille. Un peu d'improvisation, cela fait du bien !

Entre deux points, j'apprends les Danses d'automne de Bernard Andrès. Je ne joue pas aussi bien que cette harpiste sur youtube mais je commence à être à l'aise avec la n°1 et me suis attaquée à la n° 3.
 Et pour moi, automne rime aussi avec Harry Potter, dont le dernier opus sort juste à point avant Halloween. Opération commerciale (je ne suis pas dupe) mais émotion quand même en allant acheter mon gros livre et en le dévorant le soir même. Une replongée dans univers que j'aime... et je ne suis pas la seule !

mardi 11 octobre 2016

Histoire de roses



 

J'ai pris quelques libertés avec la tradition des abécédaires d'écolière et brodée pour les 70 ans de ma tante, un petit rouge où figure sa date de naissance et non comme autrefois, l'année de réalisation de l'ouvrage. Les petites filles effectuaient souvent ce genre de travaux d'aiguille vers l'âge de 8-10 ans.  

 

La première partie avec ses jolis alphabets bien ordonnés est la reproduction exacte d'un ouvrage brodé de 1912, publié dans le livre de Muriel Brunet, Petits rouges d'ici et d'ailleurs.
J'ai commencé cette partie à l'hôpital puis chez moi en convalescence et en vacances dans la belle lumière de Bourgogne.

J'ai ensuite personnalisé la deuxième partie avec le prénom et le nom de naissance de ma tante.
 
Je voulais absolument mettre des fleurs et des roses et j'ai trouvé ces charmants motifs dans un ancien album de modèles à broder Sajou.

 

Le plus dur a été la couture qui est une activité qui ne me passionne guère mais j'étais obligée de monter ma broderie sur un tissu épais car elle va voyager par la poste. Impossible de l'envoyer encadrée ! 
 

Pourquoi des roses ? D'abord en référence à son prénom dont le choix m’interpelle : lorsqu'elle est née, cette petite Rose là, ma grand-mère est restée entre la vie et la mort jusqu'à ce que ma mère se rende à l'église à une procession des reliques de sainte Thérèse de Lisieux. Cette même Thèrèse qui déclarait "Après ma mort, je ferai tomber une pluie de roses". J'ai toujours trouvé troublant que ma tante se prénomme justement Marie-Rose. J'y vois comme un signe du ciel ! 

Et ma mère est toujours incapable d'écouter la chanson des Roses blanches sans se mettre à pleurer tant cette rengaine réveille en elle l'angoisse de la perte d'une mère alors qu'elle n'était encore qu'une enfant de douze ans.




 

dimanche 25 septembre 2016

Aux portes de l'automne

 C'était la semaine passée, une petite escapade à deux pour profiter du soleil généreux de cette fin d'été en Auxois.

Les derniers fruits sauvages...


Les premières pommes des vergers et les raisins sur les façades de pierre.

Les premières flambées pour méditer au coin du feu et profiter du silence de ces paysages apaisants.


Et bien sûr une petite pause broderie après des promenades ressourçantes. 

jeudi 8 septembre 2016

C'est la rentrée

J'ai repris le chemin du travail, heureuse mais aussi méfiante car bien décidée à ne pas me laisser submerger par trop de pressions selon les recommandations de livres lus durant mes traitements. Notamment les ouvrages de Thich Nhat Hanh publiés dans une collection dirigée par Fabrice Midal, et particulièrement celui-ci.

Tôt le matin, je marchais d'un pas tranquille en prenant conscience du déroulé de mes pieds sur le trottoir. Sans le faire exprès, j'avais justement mis des chaussures qui me blessent la peau si je vais trop vite !
Et en passant devant des ouvriers municipaux, pas loin du square que j'aime traverser, l'un d'eux m'a interpellée :

 "Ça n'a pas l'air d'être la forme, Madame !".

Voilà ce qui arrive quand on décide de ne plus courir comme la plupart du temps. Elle est difficile la voie de la sagesse tranquille dans ce monde de bruit et d'agitation.

Mais je suis bien décidée à poursuivre ma révolte passive. Malgré tout.

vendredi 19 août 2016

Protège-mur

" Un élément ornant les intérieurs alsaciens et dont l'usage venait probablement d'Allemagne, était le Wandschoner "protège mur", morceau de tissu blanc brodé au fil rouge et au point de tige, destiné à protéger le papier peint des traces que pouvait laisser la tête d'une personne assise. Placé derrière le lit, du côté du mur, il souhaitait "Gute nacht ("Bonne nuit") aux propriétaires du lieu [...]."
Ils avaient aussi très souvent des thèmes religieux.


Le protège-mur présenté ici (qui appartient à la malle à trésors brodés de mon amie lorraine Nathalie), ne parle pas de doux sommeil mais au contraire, glorifie le labeur. Honte à ceux qui paressent un peu trop longtemps au lit !

J'aime mieux les maximes plus paisibles comme celle trouvée dans l'ouvrage L'Alsace brodée au point de tige (Francine Will-Zeil) :

Bonne nuit aux petits et grands, Dormez bien sans soucis (traduction approximative)

Ou les protèges-murs avec des anges gardiens veillant sur le sommeil.


Il se pourrait bien que je me lance dans un projet de ce type prochainement... Mais pas au point de tige. Je ne jure que par le point de croix !

vendredi 12 août 2016

Hélène dans un cadre

Premier marquoir entièrement composé par moi, je l'avais oublié au fond d'un tiroir.
Et pourtant, qu'est-ce qu'il rend bien encadré ! J'adore cette baguette qui se marie parfaitement avec la frise florale.

 
Et cet abécédaire avec des symboles chrétiens se plait avec le crucifix Napoléon III et le bénitier de de Notre Dame de Liesse.
J'ai bien envie d'inventer d'autres marquoirs d'autrefois... C'est plus compliqué que de suivre un diagramme tout prêt mais quel bonheur ensuite !
Surtout quand ces marquoirs racontent un peu une histoire oubliée. Ici, celle d'une personne qui a habité ma maison.


mercredi 10 août 2016

Retour d'aplasie

 Patio du service d'hématologie : quand enfin, on a le droit de sortir dans les couloirs !


Cette impression de revenir de loin, d’un drôle de monde clos avec les globules presque à zéro et le moral pas mieux.

Même si je savais que tout allait repartir (tôt ou tard), j’éprouvais une sorte de vertige à me sentir si faible, angoissée à l’idée de succomber à la moindre bactérie.

Tout ça parce qu’avant que les cellules souches de l’autogreffe fassent leur travail de restauration de la moelle osseuse (notre fabuleuse fabrique du sang) il me fallait survivre à la forte chimiothérapie subie deux jours avant.

Avant de planter de nouvelles graines, il est normal d’enlever d’abord les mauvaises herbes qui pourraient compromettre la récolte future. Et à l’hôpital, le «désherbant » utilisé ressemble plus à du Roundup qu’à du purin d’ortie bio. Il détruit tout. Même les abeilles.

Mon corps, mon cerveau semblent encore tiraillés entre les dégâts de la chimiothérapie et les réparations de l’autogreffe. Une sorte de lutte entre la vie et la mort où je me sens encore un peu chamboulée. Surtout qu’à l’hôpital, dans l’urgence de faire sortir les patients le plus vite possible d’aplasie, ils utilisent les grands moyens : transfusions de globules rouges, de plaquettes, injection de granocytes, pressions pour continuer à manger coûte que coûte. La lutte pour la vie ne peut pas se faire dans la dentelle. Je savais que cet acharnement était pour mon bien mais cela m’a un peu traumatisée.


Alors, je reprends tout doucement mon souffle. J’essaie d’oublier et parfois aussi de me rappeler, pour remercier dans le silence de mon cœur, ceux qui essaient de me sauver. Les chercheurs, les médecins, les infirmiers, les psychologues…

Et puis la vie m’envoie des signes. Des découvertes. Des émotions.

La voix de Bashung qui me happe littéralement. Alors qu’il se sait condamné, il semble habité par une incroyable sérénité. Cette énergie lumineuse, d’où vient-elle ?

Le témoignage du combat de Lydie sur France Culture (Les pieds sur terre) luttant durant 12 ans contre trois tumeurs au cerveau. En essayant de rester vivante, belle et joyeuse.

La découverte du livre de Mathias Malzieu, chanteur du groupe Dionysos, Journal d’un vampire en pyjama, relatant son aplasie médullaire. Son univers poétique, enfantin comme bouclier contre la maladie. Son expérience proche de la mienne mais en bien pire !

La rencontre d’autres malades avec d’autres cancers que le mien.

Toutes ces souffrances, tous ces courages qui m’aident à rester humble et à accepter de ne pas en avoir tout à fait fini avec la maladie...


Et d’essayer de vivre le mieux possible, sans me poser trop de questions.


Retour à plus de légèreté dès le prochain article...;-)



dimanche 3 juillet 2016

Autogreffe

Un texte écrit grâce à mes apprentissages avec docteur Marie Beaumont (CHU Amiens)

Dès à présent, je souhaite que le jour de mon autogreffe se passe comme je l’imagine…

Je me réveille caressée par la douce lumière d’un matin ensoleillé. Dehors, le ciel et bleu et je regarde passer des nuages comme des pensées vagabondes. J’entends l’agitation de l’hôpital depuis ma chambre solitaire dans laquelle je me sens comme dans un cocon protecteur. Dans mon intériorité.
Aujourd’hui, c’est le jour de mon autogreffe, le jour où tout redevient possible. J’ai hâte de boire ma tasse de Darjeeling, de parler avec les membres du personnel hospitalier qui, à tour de rôle, entrent en scène dans une sorte de ballet bien orchestré. Je suis pressée d’aller me laver, de me préparer alors au contraire, je ralentis la cadence pour vivre chacune de mes minutes sous la douche en pleine conscience. Energie de l’eau qui purifie, vivifie, dynamise, réconforte, caresse. J’abandonne mes habits de nuit pour un petit tee-shirt tout simple et une jupe légère et fleurie. Je suis contente de l’image que me renvoie le miroir embué : je suis reposée, pas trop rouge ou trop pâle et j’ai encore mes cheveux ! Un peu de fard sur les yeux, une brume de parfum citronné et me voici prête à attendre dans le silence de mes méditations, oraisons et prières.
 

J’allume dès à présent ma bougie magique à leds, cadeau de ma fille pour la fête des mères, et dispose mes compagnons d’autogreffe :
- Michane, le doudou lapin offert par mon mari pour me consoler lors du rash cutané sévère qui a remis en question mon premier protocole, au mois de mars. Il est réconfortant et je l’embrasse en pensant à l’homme qui m’accompagne du mieux qu’il peut dans ma maladie. Je sais les angoisses qu’il me cache et je lui envoie plein de lumière et de confiance pour cette journée particulière. A ma fille aussi. Et je remercie de les avoir à mes côtés.
- le bien nommé Otto (comme autogreffe), le gnome espiègle qui symbolise pour moi les forces souterraines de la nature où j’oublie si souvent de puiser mes racines. Une phrase de saint Bernard me traverse l’esprit, comme un mantra : « Tu trouveras bien plus dans les forêts que dans les livres ». Et c’est vrai, qu’en ce jour, je n’ai pas envie de chercher des réponses dans des textes. Tout est déjà là.
Sur le tableau blanc, je regarde les dessins de ma fille, surtout l’oiseau qu’elle m’a offert pour décorer ma chambre d’hôpital. Il me parle de vent, de plumes, de voyage dans les airs. Énergie du ciel, complémentaire de celle la terre célébrée par le gnome Otto.
Me voici là, humaine entre le ciel et la terre, à attendre la renaissance grâce à l’injection de mes propres cellules souches qui sommeillent depuis quatre ans dans je ne sais quelle chambre froide de laboratoire. Je les imagine comme des Belles au Bois dormant qui peu à peu vont se réchauffer et se réveiller dans mes veines et harmoniser mon corps tout entier. Je les aime, je les attends en me baignant de musique. Cordes vibrantes de la harpe jouée par mon professeur et ami Régis. J’écoute son album en boucle et je sais que le hasard (le nom de Dieu pour passer incognito) choisira la bonne musique au moment de l’autogreffe.
Les infirmières arrivent vers 11h et nous nous sourions. Je crois que pour elles aussi, c’est un moment émouvant. Je suis heureuse de me sentir accompagnée.

Je souhaite que ce jour se passe de cette manière pour trois raisons :

  • Pour que mon aplasie soit harmonieuse et sans peurs
  • Pour pouvoir sortir d’aplasie dans de bonnes conditions, avec confiance
  • Pour œuvrer à ma renaissance, aujourd’hui et demain…

Pour autant que cela serve mon chemin d’évolution !

A très vite, dès que mes globules l'auront décidé. Autogreffe programmée le 7 juillet. Il n'y a plus qu'à !


samedi 2 juillet 2016

Piwie s'envole


J'ai à peine eu le temps de comprendre que soudain, Piwie était un bel oiseau monté sur le toit des voisins, prêt à s'envoler vers de nouvelles aventures. 

Le matin, il était encore un oisillon hésitant faisant des allers et retours d'un bout à l'autre de ma cour, en rase-motte.

Le voici à la découverte du vaste monde mais je sais que ses parents veillent encore un peu sur lui. Il ne sait pas encore tout à fait se débrouiller tout seul.

 

Je suis contente qu'il ait pu se développer tranquillement à l'abri des chats, dans mon appentis, mais je comprends qu'il ait eu envie d'aller ailleurs.

 

 Moi-même si j'avais des ailes...

 



vendredi 1 juillet 2016

Les mots brodés, version PDF


Collection personnelle Nathalie Legendre


Un peu de lecture pour l'été ?

Je vous avais promis un accès plus facile à mes six nouvelles mettant en scène des brodeuses et rassemblés dans un recueil intitulé "Les mots brodés", écrites de 2007 à 2010 :
  • Le fil d'Ariane
  • Le temps d'une ronde
  • Ad libitum
  • L'héritage
  • La marque du temps
  • Les amis retrouvés
Toutes les explications sur mes textes ou nouvelles peuvent être retrouvées dans la rubrique "Salon littéraire". Je pense réunir d'ici cet automne, un certain nombre d'autres textes de cette rubrique pour une lecture plus aisée. 

=> Pour lire le fichier cliquer sur le lien suivant :

Attention ! Il est nécessaire d'avoir un compte Google pour accéder au fichier stocké dans Google Drive. Si vous ne voulez pas en créer un, je peux vous envoyer le fichier par mail. Mettez moi vos coordonnées dans les commentaires.