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dimanche 13 mai 2018

Du côté de Marie-Antoinette

Je n'ai pas connu la mère de mon époux mais j'ai récupéré des napperons en crochet et quelques broderies réalisées du temps de sa jeunesse, avec beaucoup de soin et de minutie. 

Broderies typiquement alsaciennes : 

Le cache torchon au point de tige
 
 

Thème traditionnel : la rencontre des amoureux au puits. 




La nappe à liteaux rouges 
  
Celle-ci célèbre la ville de Mulhouse où elle habitait jeune fille. Une œuvre gigantesque qu'elle n'a pas achevée et qu'il est difficile de prendre en photo dans son entier ! 


On peut y admirer : 
  • les armoiries de la ville, sur les longueurs.

  • les principaux monuments dans les coins : Tour du Diable, Bollwerk (Tour de Cochon), Hôtel de ville,une autre tour (non identifiée car je connais mal Mulhouse).
 
  • des personnages faisant partie du folklore traditionnel comme la Gänzeliesel, sur les largeurs.

Sans oublier une envolée centrale de cigognes sans laquelle l'Alsace ne serait pas l'Alsace !

jeudi 10 mai 2018

Du côté d'Odette

Coussins ou napperons sont sans doute tous l’œuvre de ma mère Odette. Pas toujours facile de s'y retrouver dans la généalogie des broderies de famille quand tout le monde tire l'aiguille, même mon grand-père.





Joli exemple de rapiéçage à l'arrière d'un napperon.
Broderie blanche par ma grand-mère maternelle Victorine Verdun.
Canevas par son époux Louis. J'adore ces colibris aux couleurs magnifiques.

 Et là, le service à thé spécialement brodé par ma mère pour mon baptême ! De quoi voir la vie en rose...


mercredi 18 avril 2018

Objets religieux

Une sélection d'objets de dévotion, avant de les mettre dans les cartons ou de leur trouver d'autres acquéreurs car je ne peux pas tous les conserver. Je pratique la technique de l’échantillonnage ne gardant qu'une infime partie de ce que je possédais. Que ce soit pour les broderies, les livres, les courriers reçus, les textes écrits, la vaisselle. Il faut si peu de choses finalement pour vivre à deux !  

Bénitier du pèlerinage de Notre-Dame de Liesse, dans l'Aisne. Je l'ai offert à un ancien collègue qui a prénommé sa fille Marie-Liesse.



Un saint Michel que j'adore malgré son côté très kitch. Fin années 50 ou années 60.


Un Christ en croix en plâtre sous verre dans un cadre Napoléon III.


Une délicate Marie Madeleine repentante.


Ensemble funéraire : dans ma famille, on plaçait cette croix sur la table de chevet du défunt avec ces petites mèches allumées déposées sur un verre d'huile.



La sainte famille : Jésus apprenant la charpenterie avec Joseph, Marie filant la laine. Une sainte famille laborieuse pour montrer le bon exemple aux fidèles.


Souvenir de première communion du père de ma grand-mère Victorine mais son nom est complètement effacé... 

samedi 31 mars 2018

Les broderies qu'on n'aime plus

Je déménage bientôt d'une maison dans un appartement et j'aurais moins de surface à ma disposition pour y accrocher des cadres, d'autant plus que les murs porteurs sont en super béton armé. Impossible d'y planter un clou. Voici l'occasion de faire du tri dans les broderies. Finalement, il y en a plein que je ne n'aime plus !
Avant la découverte des créations américaines ou des reproductions de vieux marquoirs, je brodais surtout des modèles trouvés dans les revues de l'époque. "Mains et merveilles" par exemple. Et qui ont un peu vieillis, je trouve.

Brodé sur toile Aida, j'avais fait ce grand "Home sweet home" pour célébrer l'achat de notre maison en 2000.

Sur toile Aïda également, des petites souris brodées par ma mère pour sa petite fille.

Ma mère achetait aussi des modèles dont les croix étaient imprimées sur la toile, comme pour cette broderie offerte à notre mariage. 
 
Et chaque année, à Noël et pour son anniversaire, je faisais un petit motif que j'offrais à ma fille.
Même si ce style ne me plait plus, difficile de me séparer de ces souvenirs, alors c'est un peu un casse-tête pour trouver comment les conserver sans que cela ne prenne trop de place ! Certains seront mis en boîte, d'autres au fond d'un placard peut-être...
Et vous, vous faites quoi avec vos broderies démodées ? Un jour, comme les vieux marquoirs, elles seront peut-être recherchées par des  collectionneuses...
 

mardi 11 octobre 2016

Histoire de roses



 

J'ai pris quelques libertés avec la tradition des abécédaires d'écolière et brodée pour les 70 ans de ma tante, un petit rouge où figure sa date de naissance et non comme autrefois, l'année de réalisation de l'ouvrage. Les petites filles effectuaient souvent ce genre de travaux d'aiguille vers l'âge de 8-10 ans.  

 

La première partie avec ses jolis alphabets bien ordonnés est la reproduction exacte d'un ouvrage brodé de 1912, publié dans le livre de Muriel Brunet, Petits rouges d'ici et d'ailleurs.
J'ai commencé cette partie à l'hôpital puis chez moi en convalescence et en vacances dans la belle lumière de Bourgogne.

J'ai ensuite personnalisé la deuxième partie avec le prénom et le nom de naissance de ma tante.
 
Je voulais absolument mettre des fleurs et des roses et j'ai trouvé ces charmants motifs dans un ancien album de modèles à broder Sajou.

 

Le plus dur a été la couture qui est une activité qui ne me passionne guère mais j'étais obligée de monter ma broderie sur un tissu épais car elle va voyager par la poste. Impossible de l'envoyer encadrée ! 
 

Pourquoi des roses ? D'abord en référence à son prénom dont le choix m’interpelle : lorsqu'elle est née, cette petite Rose là, ma grand-mère est restée entre la vie et la mort jusqu'à ce que ma mère se rende à l'église à une procession des reliques de sainte Thérèse de Lisieux. Cette même Thèrèse qui déclarait "Après ma mort, je ferai tomber une pluie de roses". J'ai toujours trouvé troublant que ma tante se prénomme justement Marie-Rose. J'y vois comme un signe du ciel ! 

Et ma mère est toujours incapable d'écouter la chanson des Roses blanches sans se mettre à pleurer tant cette rengaine réveille en elle l'angoisse de la perte d'une mère alors qu'elle n'était encore qu'une enfant de douze ans.






 

vendredi 19 août 2016

Protège-mur

" Un élément ornant les intérieurs alsaciens et dont l'usage venait probablement d'Allemagne, était le Wandschoner "protège mur", morceau de tissu blanc brodé au fil rouge et au point de tige, destiné à protéger le papier peint des traces que pouvait laisser la tête d'une personne assise. Placé derrière le lit, du côté du mur, il souhaitait "Gute nacht ("Bonne nuit") aux propriétaires du lieu [...]."
Ils avaient aussi très souvent des thèmes religieux.


Le protège-mur présenté ici (qui appartient à la malle à trésors brodés de mon amie lorraine Nathalie), ne parle pas de doux sommeil mais au contraire, glorifie le labeur. Honte à ceux qui paressent un peu trop longtemps au lit !

J'aime mieux les maximes plus paisibles comme celle trouvée dans l'ouvrage L'Alsace brodée au point de tige (Francine Will-Zeil) :

Bonne nuit aux petits et grands, Dormez bien sans soucis (traduction approximative)

Ou les protèges-murs avec des anges gardiens veillant sur le sommeil.


Il se pourrait bien que je me lance dans un projet de ce type prochainement... Mais pas au point de tige. Je ne jure que par le point de croix !

dimanche 19 juin 2016

Pater familias


 Mon cher papa,


« Enfant,je me souviens… ». Le livre de l’Unicef que je t'ai offert et qui porte ce titre m’a donné l’idée d’évoquer des bribes d’autrefois.

Je ne sais pas pourquoi mais ce sont des souvenirs de voyage en voiture qui me sont revenus en premier. Quand la famille tout d’un coup se trouvait prisonnière dans l’habitacle encombré de la 304 puis (oh grand luxe !) de la R 18. C’était un huis clos souvent joyeux où j’étais la plus silencieuse et souvent pour me taquiner, tu faisais semblant de croire qu’on m’avait oubliée à la maison.

Te souviens-tu de l’arrivée en Provence quand tu nous faisais systématiquement écouter l’ouverture de l’Arlésienne de Bizet ? A force, cette musique me sortait un peu par les oreilles mais je dois bien avouer que mêlée au chant des cigales et à la lumière du midi, elle chantait le bonheur d’être bientôt arrivés à Saint-Roman-de-Malegarde.

Au retour, un autre rituel en chanson, comme souvent lorsque nous revenions de Lalaye. Te souviens-tu de la route sinueuse qui soudain surplombait la plaine d’Alsace, au détour d’un virage ? Quand il faisait beau, on avait l’impression de voir la mer et des petits bateaux blancs.

Alors tu entonnais :

« Quand j’entends le vent de la mer
Je pense aux caravelles »

J’avais beau savoir que c’était surréaliste, l’illusion d’optique était parfois saisissante. Adulte, il m’est arrivé de passer là-bas sans toi et de jeter un rapide coup d’œil sur cette mer imaginaire à la recherche de quelque caravelle ! Des fois que tu aies eu raison, guidé par tes rêves et tes musiques.

Merci pour ces beaux moments partagés, mon gentil papa. Ils restent éternels.

Une bonne fête à toi et à tous les papas !


dimanche 10 avril 2016

Vingt ans !



 
Une bougie = 2 ans !
 A ma douce fille,

Quelque part dans une clinique strasbourgeoise, une nuit de pleine lune, la sensation du poids de ton corps d’enfant posé sur mon ventre. Notre première rencontre charnelle tandis que ton père venait nous rejoindre en écoutant Léo Ferré : « C’est extra ! ».
Souvenir de ton petit ronronnement de chat quand tu cherchais mon sein pour boire ton premier nectar. Cette force extraordinaire d’une vie qui commence.
Tous trois enfin réunis, nous écoutions la douce musique des oiseaux réveiller le jour, ivres de bonheur et de fatigue.

Rose éclose avant l’aurore, il t’arrive maintenant de rentrer te coucher à l’heure de ta naissance. La roue tourne, la vie n’est qu’une suite de métamorphoses. Te voilà désormais une jeune adulte décidée (même si tu restes encore parfois mon bébé, ma bibiche, ma petite…).

Curieusement cette région natale que tu as quittée trop tôt, occupe aujourd’hui toute la surface de ta faluche de jeune étudiante de médecine sous la forme de jolis rubans rouges et blancs. Ils sont comme le symbole de tes racines à partir desquels ton arbre continue de s’épanouir à chaque instant.

Faluche = béret d'étudiant
 Ce sont les nouveaux bourgeons qui comptent désormais, ici et maintenant.
Et les belles fleurs de tes vingt ans…

 Ta maman qui t’aime.

jeudi 24 décembre 2015

Et incarnatus est


D'après un modèle de Fanci That paru en 1999 dans un numéro de Just CrossStich Christmas Ornements, j'ai brodé un enfant Jésus et je l'ai monté en petit coussinet à accrocher au sapin ou à placer dans une crèche.
Posé à même le bois de la mangeoire, il sommeille sur un lit de paille, délicatement emmailloté dans un linge blanc. 

Le temps d'un modèle, l'impression de retomber en enfance et de jouer à la poupée ! Réminiscence aussi des bébés Jésus en sucre ou des fèves qui ne ressemblaient pas à des personnages Disney.
Bref, le Jésus de la crèche, c'est un peu ma culture de Noël...

De joyeuses fêtes à tous... en oubliant pas de garder un regard émerveillé et gourmand sur la vie.