mardi 4 septembre 2007

Le fil d'Ariane, chapitre III

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CHAPITRE III

Anne-Sophie venait au moins deux fois par semaine. J'avais tout de suite été frappée par notre ressemblance. Elle aussi, je crois ! Petites toutes les deux, nous portions des vêtements assez similaires et nos cheveux fins coiffés à la Colette, nous donnaient un air de famille. J'avais donc rendez-vous avec ma sœur jumelle en venant m'installer ici… Elle était cependant plus fluette, et bien plus discrète. Sa réserve me changeait des fanfaronnades hystériques de certaines brodeuses.

- Quoi ? Le dernier modèle du Passé Composé n'est pas encore disponible ? Il me le faut absolument. Si j'avais su, je l'aurais acheté au dernier salon Creativa. Dire que j'ai perdu le numéro de portable de Marjorie Massey. C'est la créatrice de Passé Composé. Je suppose que vous l'ignorez…

Heureusement Anne-Sophie était là pour me sauver.

- Madame, si vous voulez, j'ai cette grille dans mon sac. J'en avais besoin pour choisir la toile de lin et les fils mais on peut vous la photocopier et….

- Comment ? Mais c'est interdit, voyons !

- Vous ne m'avez pas laissé finir ma phrase. On vous fait une photocopie en attendant que vous achetiez la grille dans quelques jours. C'est juste pour vous permettre de commencer cette broderie tout de suite. Qu'en pensez-vous Béatrice ?

Je pensais qu'Anne-Sophie était un ange tombé du ciel. Elle était allée jusqu'à choisir des fils de soie avec cette dame survoltée sans jamais perdre ni son calme ni son sourire. J'étais impressionnée.

- Je vous remercie. Sans vous, je crois que j'aurais été désagréable et que j'aurais perdu une cliente. J'aimerais avoir votre patience. Je me demande comment vous faites pour être aussi zen…

- … Je suis professeur de yoga !

Voilà comment, je me retrouvais en caleçon noir dans une odeur d'encens indien, allongée sur un tapis de mousse vert pomme. En début de séance, il fallait rester sur le dos dans la position du cadavre et respirer en s'étirant. Cela permettait de défaire tout doucement les nœuds. En tant que mercière, les nœuds, cela me connaissait. Voilà que je recommençais à penser à ma boutique au lieu de lâcher prise, comme nous l'invitait Anne-Sophie d'une voix apaisante… Après un certain nombre de postures aux noms d'animaux (poisson, cobra, chat, crocodile), je me sentais merveilleusement détendue à la fin de l'heure.

Cela n'avait hélas guère duré. Dans le vestiaire mixte, mes tensions étaient déjà de retour ! Devant ma jumelle souple et gracile, je me sentais un peu boudinée dans mon collant trop moulant. J'avais pris un peu de poids depuis mes quarante ans. Habituellement, je n'y prêtais pas trop attention (après tout, Marilyn aussi avait des formes généreuses) mais cela me dérangeait de me rhabiller devant un groupe qui comprenait quelques hommes. Les autres avaient l'air de le faire de manière tout à fait naturelle : étais-je en train de devenir une vieille fille pudique qui voit le mal partout ? La semaine prochaine, tant pis, je viendrais déjà en tenue et repartirais sans me changer. Quant au régime, ce n'était pas la peine d'y penser. Je préférais m'acheter un pantalon plus fluide. Et puis, je n'étais quand même pas obèse ! C'était Anne-Sophie qui était trop maigre, trop calme. Trop parfaite ?

Il existe toujours des petites jalousies entre femmes et surtout entre copines, je le savais bien. Par manque de confiance en moi, j'avais toujours eu tendance à me dénigrer et à envier le sort des autres. Ou à trop les critiquer. Il fallait que je me surveille sans cela ma mercerie allait vite devenir un endroit irrespirable. Anne-Sophie heureusement savait être à l'écoute et ne parlait jamais trop d'elle. Elle savait réveiller mon enthousiasme et me donnait des tas de conseils comme choisir un éclairage adéquat, un agencement harmonieux selon les principes du yin et du yang. Je me sentais stimulée, épanouie dans ce nouvel environnement. Pour la première fois de ma vie, j'avais l'impression d'avoir trouvé la paix intérieure. Les clientes les plus névrosées ne me faisaient plus peur !

De toute manière, la plupart des brodeuses étaient plutôt équilibrées. Souvent joyeuses comme des enfants ou bourdonnantes comme des abeilles, elles pouvaient faire preuve de retenue ou de concentration lorsqu’il s’agissait de parcourir les paniers à la recherche du modèle ou de calculer le métrage de lin à acheter en fonction du nombre de points du modèle.

- Une toile 28 count, ça fait combien de fils au cm ? Et une 16 fils, n’est-ce pas trop fin pour un si grand modèle ?

J’étais là pour les guider, les encourager à changer leurs habitudes. Des mamies rentraient dans le magasin à la recherche d’un napperon à broder à offrir à leur petite fille. Elles repartaient avec un petit kit tout mignon qui contenait des fils nuancés tendres comme des friandises. Je pouvais lire de la reconnaissance dans le regard des fillettes qui étaient passées à deux doigts de l’horrible napperon imprimé sur toile ! Il ne fallait tout de même pas tomber dans la caricature. Les mamies d’aujourd’hui étaient à des années lumière des grand-mères d’autrefois. Elles vivaient avec leur temps, surfaient sur internet, portaient des jeans… Rien à voir avec les mémés-bigoudis qui cherchaient leur pain en tablier de cuisine ! Toutes les générations finissaient un peu par se ressembler. Cela me frappait chaque jour un peu plus dans ma petite mercerie.

lundi 3 septembre 2007

Le fil d'Ariane, chapitre II

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CHAPITRE II

Déjà un mois que j'avais emménagé dans ma nouvelle maison et il était temps d'ouvrir ma petite mercerie. Les meubles avaient été cirés, les boiseries de la devanture rafraîchies d'une peinture cérusée bleue outremer. Dans la première vitrine, j'avais accroché sur un fil à linge, ma collection de vieux marquoirs. Dans la seconde, un petit buffet bas aux portes grandes ouvertes, donnait une idée de ce que l'on pouvait trouver dans le magasin : coupons de lin, cotonnades fleuris, ciseaux dorés, tambours en bois tendre, palettes dégradées de fils... Ce meuble offrait aussi l'avantage de m'isoler un peu de la rue piétonnière. Je détestais être en vitrine, surtout lorsque je brodais en attendant les clientes !

Elles ne semblaient d'ailleurs guère pressées de venir. Il faut dire qu’on était au début des vacances d’été et que je n'avais pas fait de publicité pour attirer les foules. J'avais envie de laisser les brodeuses venir à ma rencontre, spontanément. Même si cela devait prendre du temps. De toute manière, je n'étais pas encore très opérationnelle. Il me manquait des références DMC suite à une erreur de livraison et j'attendais encore quelques nouveautés américaines. Je m'étais aussi rendu compte que le panier de modèles pour bébé (que je m'amusais à surnommer panier à layette) n'était pas très rempli. J'avais du mal à me passionner pour les nounours roses, les chaussons bleus (peut-être parce que je ne mettrai jamais au monde un enfant). Sachant que beaucoup de femmes découvraient le plaisir de la broderie lors de leur première grossesse, je me devais de trouver de nouvelles grilles dans mes catalogues ou sur internet. Je constatais avec bonheur qu'il y avait quand même de jolies choses chez certaines créatrices.

Un matin, alors que je ne m'y attendais pas, une première visiteuse me fit l'honneur d'explorer ma boutique. Elle adorait le tourniquet à fils mais ce n'était pas spécialement pour rechercher une nuance particulière. Grise, élégante et avec des griffes pointues comme des aiguilles à coudre, ma première cliente n'était autre que la chatte du voisinage ! J'hésitais à la surnommer Filou ou Philo… A la fois ange et démon, elle passait chaque jour par la cour intérieure, juste après le départ de ses maîtres. J'étais heureuse : ma mercerie avait désormais trouvé son âme ronronnante et je me sentais moins seule.

Mes journées commençaient tout de même à s'animer. Après le passage du facteur, qui transportait dans sa sacoche autant de lettres que de potins sur la vie du quartier, arrivaient les premières clientes : touristes en panne de DMC 315, vacancières à la recherche d’occupation, brodeuses occasionnelles ou compulsives. Le bouche à oreille semblait fonctionner. Ma clientèle s'étoffait chaque jour, certains visages me devenaient familiers. Comme celui d'Anne-Sophie.

dimanche 2 septembre 2007

Le fil d'Ariane, chapitre I

Je vous l'avais promis : le voici, mon petit feuilleton littéraire de la rentrée. Sans prétention aucune et avec sûrement quelques fautes ou maladresses par ci par là... C'est un article de VéroM qui m'en a donné l'idée. Depuis toujours, j'aime écrire et adolescente, je rêvais d'être écrivain (comme beaucoup de jeunes filles, il me semble). Grâce à Internet, je réalise un peu mon rêve... en espérant ne pas trop vous ennuyer. Il y aura une publication chaque jour vers 19h durant une semaine. Après cela, retour à mon article hebdomadaire, le jeudi.
Bonne lecture !

CHAPITRE I

Quelle idée j’avais eu de racheter une vieille mercerie délabrée ! Pourtant, je ne regrettais pas ce choix. Toute ma vie, j'avais agi sur des coups de tête et cela m'avait souvent réussi. Je venais de terminer un contrat dans une agence de voyage parisienne qui m'avait écœuré de mon métier. A trop louer les merveilles des horizons lointains, j'avais perdu le goût des voyages. Maladie professionnelle, en quelque sorte.

Grâce à l'héritage que mes parents m'avaient légué, je possédais assez d'argent pour acheter la maison de mes rêves. Située dans la partie haute d'une ancienne cité médiévale, elle sommeillait derrière ses persiennes closes. Elle avait sans doute connu des heures plus riantes, scandées par la clochette de la boutique qui occupait le rez-de-chaussée. Les anciens meubles de mercerie renfermaient encore quelques dentelles et sur les présentoirs, des écheveaux aux couleurs défraîchies se mêlaient aux toiles d'araignées. La partie habitation qui était à l'étage avait été rénovée. Je pourrais m'y installer dès mon arrivée, ce qui n'était pas négligeable. Je m'imaginais déjà paressant sur le balcon qui donnait sur une cour intérieure accessible par un escalier tournant en fonte. Toutes les pièces dégageaient un parfum suranné qui me ravissait. Mes meubles, un peu à l'étroit dans le ridicule appartement que j'habitais depuis mon divorce, allaient pouvoir enfin respirer. Et moi sans doute également.

Je ne craignais pas la solitude dans une ville où personne ne me connaissait vraiment. J'y avais vécu jusqu'à l'âge de 5 ans et à part une ou deux camarades de maternelle à qui j'avais sûrement tiré les couettes, très peu devaient se souvenir de la petite Béatrice. J'avais maintenant 45 ans. J'avais été mariée et heureuse mais Charles voulait des enfants et je ne pouvais en avoir. Cela avait tout gâché entre nous. Notre séparation était devenue une évidence. Charles avait rencontré Agnès et connu la joie d'être papa. J'avais quant à moi beaucoup de mal à envisager une autre vie de couple. Aucune histoire sentimentale digne de ce nom ne me retenait à Paris.

J'avais appris à broder avec ma grand-mère et ma mère. Souvent l'été, à l'ombre du tilleul odorant, je tirais l'aiguille… et un peu la langue tant il était compliqué de compter les points. La toile de lin grossière râpait les doigts. Les aiguillées ne pensaient qu'à s'échapper du chas de l'aiguille et pourtant, j'étais fascinée par le motif qui naissait peu à peu sur l'ouvrage, tantôt hirondelle, tantôt fleurs en bouquet… Les modèles à broder ont changé depuis (Dieu merci), l'émerveillement est resté le même. De là à acheter une mercerie…

Charles n'arrêtait pas de me dire qu'il s'agissait d'une folie. Certes, j'avais le sens du commerce mais beaucoup de nouvelles brodeuses commençaient déjà à se lasser des petites croix et à se tourner vers d'autres loisirs créatifs qui seraient tout aussi rapidement délaissés. Tout allait vite maintenant. Trop vite. Il fallait sans arrêt inventer du nouveau, de l'inédit…

- Je sais bien que tu enseignes la sociologie à l'université mais ne me dis pas que tu étudies le comportement des brodeuses ?

- Non, bien sûr… Mais pour une fois, essaie d'être prudente…

- Ecoute, si vraiment cela ne marche pas, je revends la boutique. Pendant des années, je n'ai pensé qu'à faire du rendement pour les boîtes dans lesquelles je bossais. Je n'ai plus envie de vivre sous pression. Et qui vivra verra.

- Je te souhaite bonne chance alors… Agnès me dit de t'inviter ce soir à dîner. On pourra reparler de tout ça calmement. Il ne reste plus tellement de jours avant ton déménagement.

samedi 1 septembre 2007

Echange de cartes postales

Martine a été la première à m'écrire du pays de Georges Sand...
Et j'ai tardivement envoyé à Marie-Line, cette carte marine avec un alphabet qui évoque déjà un peu la rentrée.

modèle de Perrette Samouïloff (Mango Pratique, Bord de mer).
Cet échange tout simple et sympathique était organisé par Anne-Marie.

samedi 25 août 2007

Un avant-goût de Noël

Voilà ma production des mois passés. Je me suis même décidée à faire les finitions.

Et pour le mois d'août, une bannière miniature dans un esprit un peu différent.

Bent creek, Noel
(Just CrossStitch special Christmas 2003)
Fils Atalie

J'ai fabriqué la tringle avec un morceau de brochette en bois et j'ai mis deux perles en forme d'étoile pour la maintenir. Pour l'instant la bannière est suspendue avec du rafia mais je vais essayer de trouver un ruban plus country.
Comme je ne sais pas comment programmer l'envoi d'un article et que je pars quelques jours, je le publie avec un peu d'avance sur le planning proposé par Anne et vous donne rendez-vous le 1er septembre.

jeudi 23 août 2007

Motivée

Petite, ma fille passait des heures à bricoler mais avec le temps, elle a trouvé d’autres occupations… J’ai l’impression que plus les enfants grandissent, moins ils pratiquent d’activités manuelles à l’école. Ils perdent du coup l’habitude de se servir de leurs mains pour créer.
C’est en tout cas ce que je pensais jusqu’à ce qu’un livre et des rubans offerts par une amie, réveillent les doigts de fée de Madeleine. Cela lui a donné envie de décorer un pêle
-mêle à sa façon et de fabriquer plein de petits animaux en tissu.

Vous avez peut-être reconnu sur son tableau, deux charmantes demoiselles créées par Cécile Bonbon. Ma fille lui avait un jour offert des marionnettes à doigts. Vous pouvez les voir ici.

Ils sont mignons, vous ne trouvez pas, le lapin et le poney ?

La vache est très rigolote avec ses taches un peu trop grandes mais j'ai un faible pour l'ourson blanc (normal, elle me l'a offert pour ma fête).

J’espère qu’elle continuera encore à bidouiller pour son plus grand plaisir… et je promets de ne rien dire la prochaine fois qu’en plein bricolage, elle renversera la boîte de perles rocaille dans les rainures du parquet !

mercredi 15 août 2007

Fleurs en couronne

Je profite de mon 15 août pour publier mon article du jeudi avec un jour d'avance.

Je n'avais encore jamais réalisé de pinkeep rond... Un modèle de Perrette Samouïloff paru dans le numéro spécial Bord de mer chez Mango Pratique, m'a donné envie de piocher dans mes fils Atalie et de dresser cette petite couronne de fleurs.

J'ai déposé par ci par là, des petites perles de rosée et invité quelques papillons à danser autour de mon prénom.
Un pinkeep qui finira suspendu à ma modeste petite étagère (de plus en plus chargée). Il faudra que je la reprenne en photo un de ces jours !

mercredi 8 août 2007

Happy end

Le sampler d'Elizabeth Haxton se termine en reprenant l'alphabet du début mais de manière simplifiée.
Rappelez-vous, ces grandes lettres, soit au point d'oeillet, soit bordées d'un point arrière...

Les revoici juste au point de croix et j'avoue que c'est bien reposant après tout ce travail !

Je suis un peu triste de quitter cette charmante petite brodeuse de 1866... mais j'espère la retrouver sur d'autres blogs.


Et je vous en reparlerai une dernière fois quand j'aurais trouvé un cadre à la mesure de son marquoir.

jeudi 2 août 2007

Il pleut des pinkeeps

De toutes les tailles et de tous les horizons...
D'abord en provenance de la Marne, un cadeau inattendu de Catherine. Regardez comme il est minuscule ce free de chez Casa Mia ! Catherine a adopté la technique du matelas à épingles et c'est particulièrement astucieux.
Ensuite en provenance de l'Espagne, un immense pinkeep brodé par Cristina.

C'est le matin de C mon monde.
Lin 12 fils couleur Rose thé teinte par la créatrice. Fils DMC et Atalie.

Nous avions décidé de faire un échange de pinkeep mais sans contrainte de temps.
Et voilà celui que je lui avais envoyé un peu avant.

Woodland Sampling, Prairie Schooler, Book n°17
rose DMC 3722, jaune 3046, mauve 3041, vert 3022, brun 3860
Lin Belfast Clay. Ruban de soie V. Clayton

J'aime bien les coloris choisis (qui n'étaient pas ceux préconisés sur le modèle). Je ferai bien un sampler dans ces tons là...
Pas la peine de le cacher, nous étions toutes les trois contentes de nos réalisations !

Merci encore à toutes les deux...

lundi 30 juillet 2007

Angélique...

...et terriblement byzantin mon choix pour le Sal Mon beau sapin de ce mois-ci. Brodé durant une semaine de vacances en Bourgogne dans un ravissant village médiéval, j'avais presque l'impression de peindre une enluminure.

Angels. Book N° 42. Prairie Schooler

J'ai choisi une toile Belfast bleutée et non noire comme il était conseillé sur le modèle de Prairie Schooler et les dorures ne rendent pas très bien. Ce n'est pas bien grave. J'aime bien ce fond doux comme des nuées et la chasuble couleur de lune (comme une des robes de Peau d'âne). E si je brodais quand même le fond de son habit en noir, qu'en pensez vous ? Je n'arrive pas à me décider.

jeudi 19 juillet 2007

Hip hip hip harry !

Et oui, je suis frappée par la HarryPottermania...
Cela arrive à tout âge et m'a pris assez récemment d'ailleurs. Contrairement à ma fille, je n'ai jamais vraiment lu les différents volumes mais je pense m'attaquer au tome 6 en attendant que le 7 soit traduit en français. Les aventures de ces enfants grandis trop vite dans un univers étrange et hostile me passionne de plus en plus et je suis anxieuse d'apprendre la fin...
Et puis j'ai adoré le film "Harry Potter et l'Ordre du Phénix", beaucoup plus psychologique que les précédents. J'ai vraiment été touchée par la transformation du petit sorcier en un beau jeune homme romantique et torturé. Et tout autant bouleversé par la métamorphose de Daniel Radcliffe. Je trouve qu'il a une présence exceptionnelle, toujours délicieusement maladroite et de plus en plus émotionnelle.

Et si comme moi, vous êtes allés voir le film, vous avez certainement repéré la tapisserie magnifique qui se trouve dans la maison de Sirius Black et qui présente le visage de ses ancêtres dans les branchages entrelacés d'un arbre généalogique. Cette tapisserie néo-médiévale assez proche des créations de William Morris, aurait été imaginée par J.K. Rowling elle-même. J'ai même lu que c'était elle qui l'avait réalisée mais je pense que c'est une erreur d'interprétation. En fait, elle a fourni les noms de différents descendants et sans doute donné des conseils pour la confection de la tapisserie.
Allez dans la galerie de photos ici, si vous voulez voir Harry et son parrain devant la tenture en question (je n'ai pas osé en faire une capture d'écran car c'est interdit par la loi).
De quoi nous donner envie de nous mettre à la tapisserie, non ?

La tapisserie paraissait très ancienne. Elle était décolorée et on aurait dit que des Doxys l'avaient grignotée par endroits. Mais le fil d'or avec lequel elle avait été brodée continuait de briller suffisamment pour qu'on puisse voir un arbre généalogique aux multiples ramifications qui remontait (autant que Harry pouvait en juger) au Moyen Age. Tout en haut de la tapisserie était écrit en grosses lettres :
La Noble et Très Ancienne Maison des Black
"Toujours pur"

Prochain rendez-vous le lundi 30 juillet pour le SAL Mon beau sapin...

jeudi 12 juillet 2007

Devoirs de vacances



Nellie's Garden Revisited
Homespun Samplar. Fils Sampler Threads


Aujourd'hui, je n'ai qu'une mauvaise photo à vous montrer et pourtant je n'ai pas arrêté de bricoler étant en congé cette semaine.
  1. J'ai commencé ma carte postale d'été pour l'échange organisé par Anne-Marie.
  2. J'ai préparé le matériel pour le prochain ouvrage du Sal Mon beau sapin.
  3. J'ai brodé un petit truc à finir en pinkeep qui ira voyager jusqu'en Espagne.
  4. J'ai teinté une toile pour pouvoir commencer ce nouveau sampler que je vous présenterai plus en détail une fois prochaine.
  5. Et j'ai passé beaucoup de temps à écrire.
Comme beaucoup de mes ouvrages doivent encore rester cachés, je vous livre tout de même un petit secret : je prépare un petit feuilleton littéraire pour la rentrée. Si vous rêvez d'aventures dans un mercerie, rendez-vous en septembre...

jeudi 5 juillet 2007

Presque comme dans un miroir...


L'acte II du sampler d'Elizabeth s'achève côté jardin...


La symétrie n'est heureusement pas tout à fait complète et la partie gauche offre quelques différences par rapport à celle de droite. J'aime bien ce miroir infidèle qui donne vie aux animaux, aux plantes... Vivement l'acte III et la fin de la pièce ! Il y aura peut-être quelques intermèdes en attendant. Vous verrez ça jeudi prochain...

jeudi 28 juin 2007

La recette du petit rouge à l'ancienne

Ingrédients :
5 m de soie d'Alger, référence 2936
Toile Belfast Summer khaki
Quelques feuilles de Sajou

Trouvez tout d'abord un vieux cadre et commencez par broder la bordure de manière à obtenir un ouvrage qui soit exactement à la dimension de celui-ci.
Choississez deux alphabets différents et une série de chiffres. Rajoutez le nom de l'écolière, la date et/ou le texte de votre choix (nom de l'école, âge de l'enfant, ville...).
Complétez par quelques frises ici et là et rajoutez un ou deux motifs, ou plus selon votre humeur.
Ne réfléchissez pas trop et laissez vous guider par votre instinct. Tant mieux si certaines lettres sont plus espacées que d'autres, si certains éléments ne sont pas tout à fait centrés !

Selon cette recette, j'ai brodé ce marquoir pour célébrer la dernière année de ma fille à l'école primaire (et oui, ce sont maintenant les mamans qui pensent à éterniser le temps scolaire !). La petite lyre, symbole de la musique et de la poésie, me plait beaucoup. Je l'ai trouvée dans un album Sajou et cela faisait longtemps que j'avais envie de la broder.
J'ai plein d'autres petits rouges en projet qui viendront tenir compagnie à celui-ci... A suivre.

dimanche 24 juin 2007

Le renne de l'été


Voici le rendez-vous du dernier lundi de chaque mois : le SAL Mon beau sapin... J'ai été assez paresseuse en juin et trouvé tout juste l'énergie de broder un petit renne Prairie Schooler. Mais je l'ai déjà terminé en coussinet ! Et comme j'avais envie d'avancer un peu mes autres finitions, j'ai transformé en mini-pinkeep le modèle brodé en février. Je ferai mieux la prochaine fois. C'est intéressant aussi de faire des petits modèles qui finiront par former une grande fresque le soir le Noël...
A jeudi !

jeudi 21 juin 2007

Mercerie de campagne

Favières, en baie de Somme

Il y a un siècle, il n'était pas rare de trouver dans les villages, non seulement une épicerie et un café mais aussi une mercerie. Ces enseignes qui ont traversé les années, témoignent aujourd'hui encore de l'importance des travaux de couture, raccommodage et broderie dans les sociétés rurales.
Dans le Voyageur immobile, Jean Giono évoque l'ambiance particulière de la boutique de sa tante où il s'embarque tous les jeudis soir pour "les pays de derrière l'air".

(...)Voilà l'épicerie-mercerie de Melle Alloison. Ah! Melle Alloison! Un long piquet avec une charnière au milieu. Ça se ployait en deux, ça se frottait les mains, ça disait : «Ah ! Janot, on est venu chez la tante, alors ?» Ça avait la taille serrée dans la boucle d'une cordelière de moine, et un large ciseau de couturière lui battait le mollet. Elle était tout en soupirs et en exclamations. Un soir on avait dit, sans se méfier de moi, qu'elle avait été jolie en son jeune âge. Elle était l'entrepositaire du «Bulletin paroissial». Elle savait par coeur ce que je venais chercher; elle rentrait dans sa cuisine et elle me laissait seul dans l'épicerie.
Il n'y avait qu'une lampe à pétrole pendue dans un cadran de cuivre. On semblait être dans la poitrine d'un oiseau : le plafond montait en voûte aiguë dans l'ombre. La poitrine d'un oiseau ? Non, la cale d'un navire. Des sacs de riz, des paquets de sucre, le pot de la moutarde, des marmites à trois pieds, la jarre aux olives, les fromages blancs sur des éclisses, le tonneau aux harengs. Des morues sèches pendues à une solive jetaient de grandes ombres sur les vitrines à cartonnages où dormait la paisible mercerie, et, en me haussant sur la pointe des pieds, je regardais la belle étiquette du «fil au Chinois».

Alors, je m'avançais doucement doucement ; le plancher en latte souple ondulait sous mon pied. La mer, déjà, portait le navire. Je relevais le couvercle de la boîte au poivre. L'odeur. Ah! cette plage aux palmiers avec le Chinois et ses moustaches. J'éternuais. «Ne t'enrhume pas, Janot. - Non, mademoiselle.» Je tirais le tiroir au café. L'odeur. Sous le plancher l'eau molle ondulait: on la sentait profonde, émue de vents magnifiques. On n'entend plus les cris du port. Dehors, le vent tirait sur les pavés un long câble de feuilles sèches. J'allais à la cachette de la cassonade. Je choisissais une petite bille de sucre roux. Pendant que ça fondait sur ma langue, je m'accroupissais dans la logette entre le sac des pois chiches et la corbeille des oignons ; l'ombre m'engloutissait : j'étais parti.

jeudi 14 juin 2007

Pinkeeps en stereo


Sit & Sew. Mary Garry's Sewing Cabin
Fils Vikky Clayton, sur Murano ivoire. Tissu Moda "Maison de Noël".


Nous sommes nombreuses à adorer les modèles de Mary Garry et j'ai eu la
chance de dénicher cette petite couturière il y a quelques temps. Comme le Sew and Sew de la même créatrice me sert de bannière, cela m'a donné l'idée d'offrir à Catherine ce modèle-ci qui lui rappelera mon blog. Celles qui voudraient se remémorer les raisons de cet envoi, peuvent retourner ici.
Sur ma lancée, j'ai fait exactement deux fois le même pinkeep, un pour Catherine et ... un pour moi (égoïste que je suis) ! Nous voilà désormais chacune avec notre soeur jumelle. J'ai découvert que nous avions beaucoup de points communs, alors cela tombe bien.
A la semaine prochaine !

dimanche 10 juin 2007

Edition spéciale : les sept révélations

Tagguée par Tempus fugit et Véro, ma semaine des quatre jeudis commence finalement un dimanche par une série de sept confidences.

1. Je déteste conduire. J'ai passé mon permis à 18 ans pour faire plaisir à mes parents puis je n'ai pas conduit avant l'âge de 24 ans. J'ai déménagé dans un quartier où il y a tout à proximité et où je peux tout faire à pieds. Je n'ai plus roulé depuis 5 ans ! Je crois que c'est une vraie phobie chez moi. Même la vue d'une voiture me panique et voyager sur la route m'angoisse.
2. De toute manière tout m'angoisse... Je suis une grande anxieuse et la broderie, la harpe et le yoga m'aident à trouver un certain apaisement (bien relatif).
3. J'adorerais vivre en autarcie, avoir mon potager, faire mon fromage, etc. mais je ne pense pas être assez terrienne pour y parvenir. C'est un peu un rêve de citadine écolo !
4. Allez Véro, je veux bien partager un petit verre de vin rouge avec toi car j'aime en boire en mangeant, le soir. J'apprécie beaucoup la cuisine et suis plutôt gourmande. Je trouve qu'en ce moment, on se sent un peu coupable de l'avouer !
5. Je n'achète jamais de revues féminines. Elles ne me parlent pas. Pire, elles me donnent l'impression bizarre de ne pas appartenir à mon époque. Je trouve les blogs beaucoup plus variés, riches, moins stéréotypés. Enfin, ceux qui m'intéressent...
6. J'ai vécu un moment sans la télé et maintenant que je l'ai, je n'arrive plus à m'habituer à son rythme. Je regarde beaucoup de films en DVD, souvent par petits bouts, comme un bouquin. Je suis devenue une fan de Clint Eastwood après avoir vu "Sur la route de Madison". Ah ce sourire qui illumine ce visage aux traits un peu durs... J'avoue craquer aussi pour Cary Grant et préférer les films qui datent un peu.
7. J'ai fait des études d'histoire de l'art et j'adore les objets de piété de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle. Chez nous, cela commence à ressembler à une sacristie mais je m'en fous !!!

Virginie, Emma, Ariane, Mime, Dominique, Bill, Ana : c'est à vous, si vous voulez bien !

(Alors voici le règlement :

- dévoiler 7 choses vous concernant

- taguer 7 autres personnes et les nommer dans votre article

- vos victimes doivent faire de même et écrire le règlement

- enfin, laisser un message sur le blog de vos victimes... ;-)

jeudi 7 juin 2007

Merci

A 19h 45, vous étiez 27 à m'avoir laissé un message. J'imagine aisément 27 camarades de classe penchées chacune sur leur marquoir dans une école communale de filles, au début du siècle passé : Croixnours, Bill, Marie, Trinette, Nadine d'Arras, Céline, Natacha, Argone, Lulusix, Catherine, Dorothée, Anne-Marie, Dominique, Cécile, Lili, Catherine-cyberphenicia, A la croisée, Nath1306, Clob, Céline, Tempus fugit, Ana, Mimi Bouton, Francine, Cristina, Virginia. Plus une copine distrète (ou discrète ?) qui n'a pas signé sa copie. Et quelques absentes qui viennent parfois ici (Muriel, VéroM, Cathsotte...)
Photo trouvée sur école d'autrefois

Et celle que le sort a désignée, se prénomme Catherine (l'inconnue qui passe entre deux petites croix, commentaire 11). Je lui laisse le temps de découvrir sa surprise puis nous la partagerons ensemble.

J'ai bien écouté vos conseils, savouré vos compliments. C'est vrai que faire un nouvel article tous les jeudis c'est encore une forme de contrainte. Mais je pense que je fonctionne comme cela : j'ai besoin de me fixer des objectifs pour avancer dans la vie, sinon j'ai vite fait de passer mon temps à rêvasser. Et puis, une fois par semaine, cela devrait être tout à fait gérable. J'ai déjà plein de sujets en réserve de toute manière !
Pour moi, avoir un blog, c'est forcément s'ouvrir aux autres, et attendre quelque chose en retour. Ecrire ou montrer mes choix sans savoir si mes goûts sont partagés par quelqu'un, ne serait pas très motivant. Je sais bien qu'il est impossible de réagir sur tous les blogs à chaque nouvel article mais signaler sa présence de temps en temps, comme vous l'avez fait, c'est vraiment très constructif. J'ai maintenant de nouvelles adresses dans mon carnet, des univers inconnus à découvrir. Et vous peut-être aussi...
Merci pour ce beau moment de partage et pour ceux à venir.

dimanche 3 juin 2007

Je blogue, elle blogue, nous bloguons...

Cela fait bientôt un an que j’écris régulièrement quelques mots ici. Moi qui adore nouer des relations épistolaires, je ne pouvais rêver mieux.

Modèle gratuit de Mary Garry's Sewing Cabin, Sew and Sew

Certaines lectrices sont devenues des fidèles, je peux même dire des amies. D’autres osent de temps en temps un message et puis repartent et je me plais à aller leur rendre visite en retour. Et puis, il y a les inconnues qui découvrent peut-être mon univers par hasard et s’empressent de repartir, indifférentes. Et celles qui n’ont ni l’envie ni le temps de laisser un message, tout simplement.
Depuis peu, je réfléchis à une nouvelle manière de partager avec vous ma passion pour la broderie. Poussée par la curiosité, j’ai le sentiment de passer trop de temps sur les blogs et qu’obsédée par le désir d’être lue, je me mets un peu trop la pression. C’est motivant d’être stimulée par le regard bienveillant des autres mais pas très glorieux de stresser parce qu’on a pas fait d’articles depuis cinq jours. Peur de quoi ? De perdre des lectrices ? Pas la peine de le cacher, j’aime bien vérifier le nombre de visiteuses qui viennent ici. Il m’arrive d’être un peu déçue de n’intéresser pas grand’monde ou au contraire d’être fière de certains commentaires.
Alors, j’ai décidé de mettre un peu plus de distance entre les blogs et moi. Désormais, je ne ferai plus leur tournée chaque jour (un peu maladivement, je le reconnais) et mon blog va devenir hebdomadaire. Je posterai un article tous les jeudis (j’ai choisi le jeudi à cause de la semaine des 4 jeudis !) Comme ça, vous venez quand ça vous plait, à votre rythme et vous avez une semaine pour me mettre vos impressions.
Et ce qui me ferait très plaisir, c’est d’avoir pour une fois, plus de commentaires que d'habitude ! Si vous venez régulièrement ici sans jamais oser intervenir faites-moi un petit signe… J’aimerais juste vous connaître un peu mieux. Il y aura un tirage au sort avec surprise à la clé pour récompenser une des courageuses.
[Mon message est au féminin mais s’il y a des hommes parmi mes visiteurs qu’ils n’en soient pas offusqués].

Résultat du tirage au sort : jeudi 7 juin à 20h...