mercredi 10 février 2016

Les harpes de ma vie, n° 4


Elle a fini par prendre sa retraite ma vieille harpe japonaise, complice de tant d'heures de musique. Elle attend dans un coin de ma chambre, sa housse brodée qui la protègera des poussières du temps.
A l'étage en dessous, résonne un instrument d'une autre époque, entièrement en fibre de carbone et électrifié, léger comme une plume.



Je l'ai appelé Réglisse car cela aurait bien fait rire mon ancien professeur, Régis Chenut. Petit jeu de sonorité sur son prénom ! J'y ai pensé en parcourant le recueil Autre chose de François Pernel où un morceau est intitulé ainsi. Je me suis dit : "Joli nom pour une harpe noire !".

Noire, comme les pianos de Barbara qui mangeait de cette friandise.

Et puis , comme la note de musique et glisse, comme les glissandos sur les cordes !
Je ne pouvais trouver mieux comme nom de baptême.









jeudi 4 février 2016

Du fil à retordre avec un ange


Commande spéciale d'une amie : "Hélène, j'aimerais que tu me brodes un ange...".
Alors j'ai cherché dans mes modèles et décidé de simplifier une broderie proposée par Couleur d'Etoile dans le Marquoir n° 69.
Comme il a été difficile pour moi de broder du blanc sur une toile bleue gris, surtout avec la lumière de janvier. Mais que ne ferait-on pas pour une amie !
Je trouvais que le modèle ressemblait trop à un amour et pas assez à un ange, alors j'ai  fait grandir ses ailes de quelques points supplémentaires. Il a intérêt à bien voler maintenant !
Je voulais qu'il tienne un papillon, comme celui que j'avais brodé pour Joëlle mais cela n'était pas concluant. 
J'ai fini par lui laisser tenir le cœur suspendu à un fil présent sur le modèle mais je l'ai brodé en blanc et non en rouge. 

Où le cœur de mon amie à la vie sentimentale compliquée va t-il enfin se poser ? On dirait que l'ange est indécis et le laisse osciller comme un pendule. Espérons qu'il lui indiquera le bon sens... ou le laissera tomber au bon endroit.

Pas facile de trouver l'ange idéal !

mercredi 3 février 2016

A vos ciseaux !

Il n'y a pas d'âge pour s'amuser avec une charmante harpiste médiévale...

dimanche 31 janvier 2016

Le concert du dimanche

 L'année 2016 sera une année particulière pour moi et je pense être peu présente sur ce blog, si ce n'est pour publier des textes (dont certains un peu anciens), et vous montrer l'avancée de ma housse de harpe... Je vais surtout continuer à vivre au jour le jour et profiter des petits bonheurs de la vie, ici ou ailleurs.
J'ai trouvé comment mettre des fichiers PDF dans blogger et je pense proposer prochainement la version complète de mes nouvelles de brodeuses dans une version plus agréable à lire et surtout imprimable.
J'ai aimé raconter la vie de brodeuses. Actuellement, j'aime raconter celle de harpistes. Des filles qui me ressemblent sans être tout à fait moi. 
Ce qui m’intéresse, ce sont les commencements, les moments où un petit rien métamorphose le cours des choses. 

Comme ici, l'ébauche d'une histoire d'amour.


Bonne lecture !

Pour télécharger le fichier PDF, cliquer sur :
Le concert (c) Hélène croix de lune, 2015

Attention ! Il est nécessaire d'avoir un compte Google pour accéder au fichier stocké dans Google Drive. Si vous ne voulez pas en créer un, je peux vous envoyer le fichier par mail. Mettez moi vos coordonnées dans les commentaires.


 

dimanche 3 janvier 2016

Belles pensées pour la nouvelle année

 

J'aime Paul McCartney. Sans être une mordue des Beatles ou une fan inconditionnelle des Wings. C'est la personnalité  même de cet artiste que m'émeut, son optimisme un peu candide et son élégante mélancolie. 

 Pour moi, il y a de l'ange derrière cet homme.
Il suffit que je tombe sur une de ses photos, que j'écoute une de ses chansons, pour me sentir bien. Quelque chose qui ne s'explique pas.



  

Alors en lisant un recueil d'interview paru en 2015, Paul McCartney : Des mots qui vont très bien ensemble,  j'ai pris quelques notes que je trouve plutôt stimulantes pour commencer cette année 2016 où je vous souhaite, selon une expression de Paul McCartney, de "poursuivre votre vie polychrome aux couleurs de l'arc en ciel".

  •  La terre est très importante pour moi - les choses de la terre, les racines - beaucoup plus que le béton, l'ère spatiale et tout ça. Pour moi, personnellement, tout ce "progrès" est en réalité une régression.
  • Chaque fois que j'ai vécu une tragédie, je me suis dit : "Pas question de me laisser abattre. D'accord je traverse une sale période. On n'y peut rien. Mais j'ai toujours l'instinct de survie chevillé au corps. Je m'en tirerai. Et debout. Et je ne perdrai pas mon optimisme."
  • Lors de notre tournée de 1976 en Amérique, Linda répétait toujours qu'il était moins difficile de se produire sur scène que de vivre sa vie. Parce qu'une fois qu'on a pigé le truc, un concert, c'est littéralement réglé comme du papier à musique, une expérience magnifique. On sait comment ça se passe, et c'est tous les soirs pareil. C'est comme si l'on prenait un bain, suivi d'un bon massage. Parce qu'il n'y a pas de quoi s'en faire. Contrairement à la  vie, où c'est sans arrêt : "Oh mon Dieu, l'un des gamins a la grippe !". Les imprévus se succédaient sans arrêt. Alors qu'une fois que le spectacle est rodé, il n'y a plus de hasard, c'est superbe. Mais ça prend quelques semaines.
  • Il faut faire avec. On vit tous à l'ombre de quelque chose. Et je ne suis pas seul à risquer de me faire agresser ou tirer dessus. Il n'y a qu'à croiser les doigts et toucher du bois, beaucoup de bois.
  • "Too much rain" (=> à écouter ici) parle de tous ceux qui ont eu des problèmes dans leur vie, et j'en connais beaucoup. Y compris moi-même. La vie place des problèmes sur notre chemin. Ca revient à montrer de la compassion pour tous ceux qui ont été dans la mouise un paquet de fois et leur dire : "Je sais ce que vous traversez". C'est facile de s'identifier à ça. Je dois avouer qu'elle m'a été inspirée par "Smile" de Charlie Chaplin : "Smile, though your heart is aching". C'est ce que j'avais dans un coin de la tête, une de mes chansons préférées. Un sacré bonhomme, Chaplin. Non seulement il faisait rire, mais en plus il a écrit "Smile". C'est comme s'il avait écrit "Yesterday". 'Une chanson classique. Et voilà : s'il pleut trop, qu'est-ce qu'on y peut ? On peut toujours rire ou pousser des soupirs, n'empêche qu'il faut faire avec, et se raconter que ça ne recommencera pas. J'aime faire ça. Je m'intéresse aux chansons sur le thème "On s'en remettra".[...]. Tout à coup, j'ai pris conscience de toutes les chansons que j'avais entendues, des chansons encourageantes, qui m'ont tellement inspiré... et les gens m'ont dit autant des miennes : "J'avais des problèmes à l'école, et c'était la pire période de ma vie, mais vous m'avez sauvé'". J'étais en chimio, et puis j'ai écouté votre musique, ça m'a sauvé". Alors moi, je me dis : "Excusez-moi du peu ! Quel pouvoir !". Et c'est devenu une partie importante de ce que je fais.
  • J'aime certaines choses dans la religion chrétienne, d'autres dans la religion bouddhiste et dans la religion hindouiste. Disons que je suis une pie voleuse, je pique des petits bouts qui me font l'impression de marcher pour moi. Je crois que j'en ai suffisamment vu, je suis allé dans assez d'endroits, et j'ai vu assez de prétendues coïncidences pour savoir qu'il y a autre chose à l’œuvre. Beaucoup de ces choses m'arrivent. Le seul fait de me réveiller un matin et de rêver la mélodie de 'Yesterday" qui a fait de moi un compositeur à succès : ce n'était pas un mouvement conscient de ma part. Je ne peux pas faire autrement que de penser qu'il se passe dans nos têtes quelque chose qu'on ignore.
 
 

vendredi 25 décembre 2015

Une maison de poupées, Rumer Godden


 
J'ai toujours aimé la littérature "Jeunesse" et suis encore capable aujourd'hui de relire Heidi ! Un ami connaissant mon goût pour les maisons de poupées m'a prêté ce roman de Rumer Godden (1947), traduit de l'anglais par Sherban Sidery et illustré par Kersti Chaplet.

Non seulement, c'est l'histoire d'une vieille maison de poupées et de ses habitants (principalement Tottie, une poupée en bois) que deux petites filles, Charlotte et Emilie, redécouvrent en 1946. Mais il est aussi question d'un "sampler", traduit par "échantillon". J'ai trouvé la description de ce vieux marquoir très intéressante pour nous brodeuses et je la retranscris ici.
 
Tottie et la maison de poupée n'étaient pas les seules choses dans la demeure qui aient appartenu à l'arrière grand-mère et l'arrière-arrière-grand-tante de Charlotte et d'Emily. Il y avait en outre, un échantillon brodé.
Qu'est-ce qu'un échantillon ? demanda Pomme.
C'est une broderie à l'aiguille que l'on accroche au mur, lui expliqua Tottie, c'est un travail au point de croix sur un canevas très fin, et parfois, la plupart du temps, ces points sont très fins eux aussi. Te souviens-tu du "tailleur de Gloucester" ? demanda Tottie : on dit que "les points sont si petits, qu'ils ne sauraient avoir été brodés que par une souris". Voilà mais les points de l'échantillon, qui sont pareils, n'ont pas été brodés par une souris, dit Tottie, ce sont deux petites filles qui les ont brodés : il y a là des heures et des heures de travail. Il y a des lettres, des alphabets, toute une calligraphie. Je me souviens parfaitement, dit Tottie. Je suis bien contente que maintenant les petites filles ne fassent plus ce genre de travail, ajouta Tottie.
L'échantillon de l'arrière grand-mère était accroché dans la chambre des enfants. Il était rectangulaire et bordé d'une mince baguette de bois. La broderie représentait des gerbes de fleurs sur fond crème, et en dessous, brodés aussi, des vers qui, en petits points bleu ciel, disaient :

Bienheureuse suis-je d'avoir brodé ces gerbes,
Odeur du temps passé quand je jouais dans l'herbe
Par douce pluie ou jour que le soleil allume,
Aimant la fleur, le fruit, et le poil, et la plume,
Contente d'avoir subi la volonté de Dieu,
Pour aborder sans peine aux rives des adieux.

Charlotte n'aimait pas regarder l'échantillon, elle prétendait que cela lui donnait mal à la tête et puis elle ne comprenait pas du tout le poème, mais Emily l'aimait.

 Curieux poème qui mériterait sans doute d'être lu dans la langue originale, je pense ! 

En faisant des recherches sur cet ouvrage, je suis tombée par hasard sur l'histoire d'une autre poupée en bois, Hitty, inventée par Rachel Field en 1929, très bien documentée sur le blog Nain de jardin.

Une illustration de Dorothy P. Lathrop montre également une Hitty devant un sampler brodé... Drôle de coïncidence non ? 
Rumer Godden s'est peut-être inspiré de ce roman que j'ai bien envie de lire, même s'il est en anglais.

jeudi 24 décembre 2015

Et incarnatus est


D'après un modèle de Fanci That paru en 1999 dans un numéro de Just CrossStich Christmas Ornements, j'ai brodé un enfant Jésus et je l'ai monté en petit coussinet à accrocher au sapin ou à placer dans une crèche.
Posé à même le bois de la mangeoire, il sommeille sur un lit de paille, délicatement emmailloté dans un linge blanc. 

Le temps d'un modèle, l'impression de retomber en enfance et de jouer à la poupée ! Réminiscence aussi des bébés Jésus en sucre ou des fèves qui ne ressemblaient pas à des personnages Disney.
Bref, le Jésus de la crèche, c'est un peu ma culture de Noël...

De joyeuses fêtes à tous... en oubliant pas de garder un regard émerveillé et gourmand sur la vie.