samedi 1 août 2015

Il faut vieillir

Va-t'en parée, va-t'en douce, et ne t'arrête pas le long de la route irrésistible, tu l'essaierais en vain - puisqu'il faut vieillir !

Colette (Les vrilles de la vigne)


En descendant la rue pentue d'un village de Bourgogne, j'ai fait la rencontre incongrue d'un harmonium qui prenait le frais très tôt sur le perron d'une demeure abandonnée. Il était là sans doute depuis des années et ses couleurs commençaient joliment à s'estomper me rappelant que le temps qui passe peut être une douce fée qui magnifie le monde de sa baguette magique.

Je me suis alors souvenue que mon père fêtait ses quatre vingts ans dans quelques jours et tout en remontant le village, je pensais que ce vieil harmonium était un bien curieux pense-bête de toutes les touches blanches et noires qui avaient jalonnées sa vie de musique...

 Celles du piano du petit séminaire de Walbourg qui lui avaient donné l'audace d'échapper à la voie que ses parents avaient tracée pour lui. 
Celles des orgues grandioses qu'il jouait parfois pendant la messe, si près du ciel. J'avais l'autorisation de l'accompagner sur la tribune à condition d'être sage. Réfugiée dans quelque recoin sombre, j'essayais de résister au son qui s'échappait des tuyaux et me coupait le souffle. J'aimais regarder ses pieds danser en rythme sur les grosses pédales en bois, étranges et subtiles percutions... 

Et puis tant et tant d'autres claviers, encore ! Celui un peu usé de notre Gaveau qui ne sonne plus très juste, mais qu'importe. Celui du synthétiseur électrique qui faisait des syncopes à notre mariage provençal, perturbé par un orage.
Sans oublier les claviers imaginaires sur lesquels d'un pianotement discret, mon père inventait des mélodies pour faire chanter les enfants d'Alsace.



Rien n'est plus beau qu'une main qui se souvient des musiques d'autrefois et en chantonne de nouvelles, du bout des doigts, dans un doux murmure silencieux...



Heureux anniversaire, mon cher papa !

dimanche 21 juin 2015

Petits bonheurs sans importance

Je suis peu présente ces derniers temps et pourtant j'aime toujours autant les partages et les rencontres virtuels.
  Des problèmes de réseau chez moi, une grande fille étudiante qu'il fallait soutenir, je n'ai guère eu le temps de me poser ici. J'écris surtout des billets pour me faire plaisir : je sais que le jour où je me forcerai à les écrire, ce blog n'aura plus aucun intérêt. Ni pour moi, ni pour personne !
Aujourd'hui, je savoure mes petits bonheurs quotidiens dans un monde qui va mal. Un peu égoïstement, je le reconnais, mais que faire d'autre ?

Une admiratrice de ce blog m'a donné envie d'écrire à nouveau des nouvelles. Fini la saga des brodeuses, j'ai cherché l'inspiration davantage dans mon vécu personnel, sans trop me dévoiler cependant. Je sentais depuis un certain temps, l'appel de la plume...

Là aussi, il s'agit d'abord de me faire plaisir, de me reconnecter avec l'adolescente que j'étais et qui rêvait d'être écrivain. Comme pour tout désormais, je prendrais mon temps, sans chercher la perfection.

Le soir, je fais quelques points sur ma housse de harpe qui avance lentement mais c'est un plaisir de broder sans aucune pression.

Et dès que je peux, je bascule ma harpe sur mon épaule pour quelques notes qui explosent dans l'univers. C'est ça, ma fête de la musique ! En hommage à mon papa dont c'est aussi la fête ce dimanche. Lui qui a transmis à ses enfants et à des générations d'élèves, l'amour de la Musique.

dimanche 31 mai 2015

Un parfum d'enfance

Les cadeaux de la fête des Mères devraient toujours ressembler à un collier de nouille... ou à un bouquet cueilli dans le jardin, un bricolage qui rappelle les travaux manuels de l'école primaire.

Cette année, ma maman aura droit à ma première rose à huit lobes en crochet. Un petit clin d’œil à ma grand-mère que nous n'oublions pas.

  
 Bonne fête à toutes les mamans, et à la mienne en particulier...

vendredi 29 mai 2015

Accessoire granny


Alors ça y est, je me suis lancée dans la confection de mon premier plaid en granny square ?
Et bien non, je ne suis pas assez patiente pour le moment et un peu dégoûtée par les assemblages pas toujours très raccords... Je persiste à dire qu'il n'y a que le point de croix qui me détend vraiment !

 Même si je trouve le résultat assez joli et ma petite pochette réalisée avec 12 carrés, pas si mal que ça (malgré quelques maladresses de débutantes qui lui donnent son côté "fait main").
Elle est doublée d'un délicat tissu japonais et close par une fermeture Eclair rose. 
 
Elle sert de trousse d'urgence dans mon sac à main. Douce, chaleureuse et rassurante comme l'idée de savoir que j'ai toujours avec moi de quoi soigner une migraine débutante ou une ampoule provoquée par mes ballerines neuves...

lundi 25 mai 2015

L'amour en fleurs

  Mon seringat ou jasmin des poètes.
 
 Les arbres, eux, communiquent en secret. Leur langage n’est pas fait de sons mais de parfums. Assemblant les odeurs comme nous assemblons les mots, ils envoient leurs messages sur de vastes distances. Séduire, attirer, repousser, envoûter, leur influence est considérable. Comme tous les êtres vivants, les arbres doivent rencontrer un partenaire pour se reproduire, ou tout au moins lui transmettre son pollen. C’est pour cela que naissent les fleurs. Elles charment l’animal par leur forme, leur couleur, leur parfum. Elles l’invitent, en cachant un peu de nectar dans leur intimité, à se rouler dans le pollen.

Puis l’animal passe à une autre fleur et, de fleur en fleur, il porte toujours plus loin le précieux bagage qui lui a confié l’immobile. La manipulation est parfaite, l’arbre en fleur accomplit à distance et en toute discrétion ce qui coûte tant de tourments et d’énergie aux animaux : l’acte d’amour.


Il était une forêt, textes de Francis Hallé (Actes sud, 2013)

jeudi 14 mai 2015

Bouquet champêtre

 


 [Dieu] a mis devant mes yeux le livre de la nature et j'ai compris que toutes les fleurs qu'Il a créées sont belles, que l'éclat de la rose et la blancheur du Lys n'enlèvent pas le parfum de la petite violette ou la simplicité ravissante de la pâquerette... J'ai compris que si toutes les petites fleurs voulaient être des roses, la nature perdrait sa parure printanière, les champs ne seraient plus émaillés de fleurettes...
Ainsi en est-il dans le monde des âmes qui est le jardin de Jésus. 


  
Ah ! comment pourrai-je redire toutes les tendresses que "Papa" prodiguait à sa petite reine ? Il est des choses que le coeur sent, mais que la parole et même la pensée ne peuvent arriver à rendre... Ils étaient pour moi de beaux jours, ceux où mon "roi chéri" m'emmenait à la pêche avec lui, j'aimais tant la campagne, les fleurs et les oiseaux ! Quelquefois j'essayais de pêcher avec ma petite ligne, mais je préférais aller m'assoir seule sur l'herbe fleurie, alors mes pensées étaient bien profondes et sans savoir ce que c'était (que) de méditer, mon âme se plongeait dans une réelle oraison... J'écoutais les bruits lointains... Le murmure du vent et même la musique indécise des soldats dont le son arrivait jusqu'à moi mélancolisaient doucement mon coeur... La terre me semblait un lieu d'exil et je rêvais le Ciel...

Histoire d'une âme. Sainte Thérèse de Lisieux

Photographies prises dans un petit village de la Meuse, Nicey-sur-Aire

vendredi 1 mai 2015

Un air de sainte

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus ou sainte Thérèse de Lisieux fait partie de mon héritage spirituel. Elle a accompagnée ma grand'mère comme une douce amie et ma mère la prie également. 
Elle a marqué la piété populaire dès la fin du 19e siècle bien avant sa canonisation en 1925. En témoignent les statues de la sainte qui trônent dans presque chaque église de France. Et le nombre important d'objets de piété à son effigie que l'on peut encore trouver sur les brocantes... et auxquels je ne peux résister.
Voici mes dernières trouvailles de ce dimanche !
Un cadre en porcelaine de Limoges, une boîte à chapelet, des médailles...
Une mignonne petite médaille, très années 20-30.
Également d'autres médailles : une très effacée de la sainte (elle a sans doute été très portée et cela m'a beaucoup ému), sainte Jeanne d'Arc, avec l'archange saint Michel (pour être  bien défendu !),
 l'ange de Raphaël
La figurine en plastique n'est peut-être pas sainte Thérèse mais sainte Rita. Difficile à voir si elle tient une couronne de roses ou une couronne d'épines.
La plupart de ces objets ont trouvé une place sur ma petite étagère-oratoire.