samedi 11 mai 2013

La harpe (Albert Sérieys, Le jardin fermé)

Depuis plus d'un mois, je brode ce long poème sur ma housse de harpe : 

D’une forme d’aile d’ange
Qui s’éploierait en frissons
De murmures et de sons
Ineffables, elle échange,
Hymnes, avec vous des airs
Fluides, soyeux et clairs.


Il faut qu’une main de femme
Rôde à travers ce fouillis
D’ors mêlés de gazouillis,
Pour qu’au mieux vibre la trame
Nuancée, aux souples fils,
Des enchantements subtils,


Et c’est une broderie
Qui s’ébauche peu à peu,
Lumineuse dans le bleu
D’une poussière fleurie,
C’est comme un tapis flottant
Sur l’eau vierge d’un étang.


Et la source qui bruine,
Rafraîchissante rumeur,
Léthé du sous-bois charmeur,
Est encore moins enfantine,
Berce moins d’azur réel
Que la harpe au chant de ciel.
Poème idéal pour mon projet puisqu'il associe harpe et broderie. Je vous montre des images dès que j'aurais terminé la 2e strophe !

Angeli Laudantes, 1898 (tapisserie  Morris & co d'après Burne Jones)



vendredi 29 mars 2013

Couronne de printemps

 J'aime décorer ma maison au printemps. Cette année, j'avais envie d'accrocher une couronne sur ma porte. J'en ai trouvé une en branchage que j'ai décoré de petites fleurs en papier ou en tissus, de plumes, d'oiseaux... 



Il ne reste plus au printemps qu'à venir sonner chez moi !

Joyeuses fêtes de Pâques


mercredi 6 mars 2013

A vos mouchoirs



Merci à toutes celles qui participent à cet hommage en mouchoirs au Marquoir !

Non, ce n'est pas la fin de ce blog (ni la fin du monde). "A vos mouchoirs" est le titre de l'ultime nouvelle de la série "Les mots brodés". Je l'ai écrite spécialement pour le dernier numéro du Marquoir que les abonnées ont du  recevoir. La fin de la revue marque donc également la fin des aventures de la mercière Béatrice.

Et comme dans mon histoire, je vous invite à publier sur votre blog des photos de mouchoirs pour dire symboliquement au revoir au Marquoir. Et comme je suis une grande curieuse, merci de m'indiquer dans un commentaire si vous participez à cet hommage. Je suis certaine que ce sera très beau, un peu comme l'aventure des Fils en poussière !



Les mots brodés # 7

A vos mouchoirs

La féerie de Noël s’était éteinte, guirlande après guirlande ; la mercerie semblait bien silencieuse en ce mardi matin d’hiver. Je serais bien partie me reposer quelques jours à la montagne, afin d’oublier toiles de lins et écheveaux…
Un important courrier que je n’avais pas eu le courage de traiter samedi dernier attendait sur le comptoir, à côté du fragile coupe-papier offert par le club de point de croix local. Seules les lettres d’amies ou de clientes méritaient son usage, les factures pourraient bien attendre quelques jours de plus. Certaines brodeuses m’envoyaient leurs vœux de nouvel an accompagnés de petits cadeaux faits main. Je me réjouissais comme une enfant en déchirant les enveloppes rembourrées de surprises ravissantes : accroches ciseaux, pochettes en patchwork, carnets… Tous ces petits riens inutiles qu’on échange entre passionnées et qui rendent perplexes les non initiées.
Je m’apprêtais à ranger les revues reçues dans le panier à journaux, quand soudain je le vis : le dernier numéro du Marquoir ! Son joli titre, rouge comme les abécédaires d’antan, était imprimé pour la dernière fois sur cette couverture glacée dont j’aimais tant la douceur. Je ne pensais pas être autant émue en déchirant le film plastique qui protégeait ce bulletin. Allais-je tout oublier et le dévorer debout, derrière mon comptoir ? Ou comme à mon habitude, attendre l’heure du thé pour m’installer à ma petite table bistro en compagnie d’un peu de lecture ? Après tout, je pouvais bien faire une pause dès maintenant.
Pendant que l’eau frissonnait dans la bouilloire, je songeais à tout ce que j’avais appris dans le Marquoir, à toutes les découvertes, rencontres que j’avais faites simplement en tournant ses pages. D’autres magazines avaient cessés de paraître et j’avais survécu. Il y avait des choses plus graves dans la vie que l’arrêt d’une revue, la dissolution d’une association. Il n’empêche, j’avais le cœur serré en parcourant l’éditorial.
Il me semblait deviner en filigrane la disparition de toute une époque. Rien ne dure, tout change, se transforme. Le monde est en perpétuelle métamorphose. Oui mais moi, Béatrice, mercière un peu trop idéaliste, quelle place allais-je garder dans ce monde instable ? Combien de temps allais-je pouvoir encore vivre mon rêve de chiffon ? J’étais triste à l’idée de mettre moi aussi, la clé sous la porte. Bientôt, peut-être. Trop tôt, sans doute.
Alors, pour chasser ma peine, éloigner mes angoisses, je me mis à refaire frénétiquement  ma vitrine. Il était temps de ranger les sapins enneigés. Je choisis d’exposer mon impressionnante collection de mouchoirs en dentelles ou à monogrammes brodés ; ce serait  ma manière de dire symboliquement au revoir au Marquoir, comme lorsque jadis on agitait ces morceaux d’étoffe au moment des grands départs.

Et puis rien de tel que la douceur d’un mouchoir pour essuyer ses larmes et repartir, consolée.

mercredi 13 février 2013

Ann Grove, enfin...

Je suis heureuse de venir à bout de ce long marquoir. Quel bonheur de broder cette belle demoiselle accompagnée de ses oies curieuses après les longs alphabets, l'immense frise.

 Il me reste à terminer le remplissage des fleurs du pourtour au point lancé et je pourrais passer à une autre composition pour remplir ma housse de harpe. J'ai déjà une petite idée...



mardi 22 janvier 2013

La renarde, Mary Webb


Hasard ou pas, j'ai acheté ce roman anglais qui semblait avoir été écrit pour moi : harpe et féerie y sont à l'honneur. Quelle émotion de découvrir une auteure que je ne connaissais pas encore, un univers personnel et original. Cela change des romans nombrilistes à la mode !
Ecrit en 1917, La Renarde est le deuxième roman de Mary Webb, un conte romantique et puissant dont l'intrigue se situe au coeur d'une nature mystérieuse. Hazel Woodus, jeune fille sauvage de dix-huit ans, vit avec son père dans la campagne anglaise. Il est harpiste, apiculteur et fabricant de couronnes mortuaires. Sa mère, bohémienne du Pays de Galles, est morte quand elle avait 14 ans, lui laissant un vieux manuscrit qui traite des charmes et sortilèges.
Amoureuse de la nature, elle aime vagabonder dans les bois en compagnie de sa renarde apprivoisée. Mais les bois, comme les terres environnantes, appartiennent à Jack Reddin, chasseur passionné. Les chemins de Hazel et Jack se croiseront donc, sans doute pour le pire. A moins que le révérend Marston, qui épouse Hazel, ne réussisse à éloigner la jeune femme de cette contrée...
J'ai adoré les personnages de cette histoire. Hazel, sorte de Fifi Brindacier perdue dans le monde des humains. Son père Abel, homme des bois solitaire.

Jamais Abel n’était plus heureux qu’aux moments où, assis comme un barde devant des ruches écumantes d’activité, il tirait de sa harpe, des sons qu’accompagnait le grondement voilé du labeur en train dans les rayons. Ses moyens d’existence étaient autant de joie pour cet homme. Il possédait le secret du bonheur en ce qu’il pouvait gagner de quoi se suffire en faisait ce qu’il aimait, il jouait de la harpe aux concours agricoles, aux bals de village, aux fêtes religieuses, aux mariages. Il vendait son miel et quelquefois ses abeilles. Il prenait plaisir à tresser des couronnes mortuaires, à jardiner, à menuiser, et toujours il avait à son horizon sa musique – un air nouveau à essayer sur sa harpe dorée, un arpège à combiner, une difficulté de virtuose à vaincre.

Tiraillée entre deux amours, entre la pureté ou la volupté, Hazel  se sert d'un sortilège de sa mère pour savoir quelle décision choisir : rester avec le révérend qui l'aime comme une icône ou retrouver les étreintes charnelles de Jack....

Muse en dalmatique jouant de la harpe, Ernest Hebert
Sa mère disait qu’avant une entreprise importante, il fallait interroger les harpistes. Le livre expliquait comment. On se rendait sur une colline solitaire et là, les yeux fermés, on écoutait. Si l’entreprise était bonne, un son de harpe vous parvenait de très loin, car, au sommet d’une colline violette, invisible aux humains, de petites créatures d’argent jouaient sur des harpes d’or. Elles jouaient du lever au coucher de la lune. Et quand le soleil montait, elles pleuraient de pitié pour ceux qui ne les avaient pas entendues. Si on les entendait, aussi faiblement que ce fût, c’était bon présage : on mènerait l’entreprise jusqu’au bout et sans larmes. Mais il fallait attendre patiemment et ne parler de rien à personne.  [...]
 Elle reprenait le chemin du presbytère quand une note de musique égarée, semblait-il, dans l’espace, résonna à son oreille. Puis, quelques notes encore, ténues, argentines, aspergèrent, en quelque sorte, le silence. L’air se perdait au loin, mais ces sons étaient sans aucun doute, des sons de harpe.
 -          Les fées ! murmura Hazel. Faudra que j’y aille !  [...] 
 Elle ne sut jamais que le harpiste n’était autre que son père qui revenait chez lui, après une des nombreuses assemblées où il se rendait en été, et qui s’accordait de fréquents repos, en raison de la bonne bière qu’il avait bue. Pauvre Hazel ! Sa brillante pléiade de fées était un ivrogne, et un caprice passager de cet homme venait de décider de son sort.

mardi 1 janvier 2013

Sagesse tzigane pour une nouvelle année


"Que ceux qui se lèvent à l'aube se rafraîchissent d'abord le visage, puis regardent au-dehors.
S'ils respectent le monde qu'ils voient, alors ils seront toujours satisfaits de leur vie.
Chaque chose en son temps, de la plus grande à la plus petite.
Si vous savez les apprécier toutes, alors vous serez heureux toute votre vie".

Extrait de : Sur ces chemins où nos pas se sont effacés : souvenirs d'une tzigane d'Alsace, Louise "Pisla" Helmstetter, éditions de la Nuée bleue.


Bonne année 2013 à vous tous...

lundi 24 décembre 2012

Joyeuses fêtes !


Et n'oubliez pas de suivre votre bonne étoile...

Il y a toujours une lumière, même dans la nuit la plus profonde. Parfois, il suffit de savoir qu'elle existe quelque part pour ne pas perdre son chemin.

Un très bon Noël à vous tous !
Et une pensée pour ceux qui passent ce réveillon à l'hôpital...