samedi 20 décembre 2008

Echange de Noël


Fil V. Clayton Baneberry, modèle Sapin d'Elisa

Il y a quelques mois, j'ai proposé à Sylvie un échange de cadeaux brodés pour Noël. A l'époque, je la connaissais peu et je ne sais pas si qui m'a décidé à le lui demander. L'intuition que nous allions devenir très proches au point de nous écrire de vrais lettres ? Peut-être. En tout cas Sylvie est devenue une personne importante pour moi. Derrière son humour corrosif se cache une sensibilité immense et extrêmement touchante.
Je savais que Sylvie collectionnait les ciseaux et le sapin d'Elisa de cette année ne pouvait tomber mieux. Sylvie avait lancé une grand débat sur accro pour savoir de quelle couleur nous allions broder ce modèle. Cela m'a donné l'idée de sortir ce fil Vikky Clayton, passant du rouge au vieux rose et au vert (pas facile d'ailleurs à répartir sur cette grille). J'ai utilisé la même toile Cashel que pour le Salexandre mais sans la teindre. Elle est juste un peu trop lâche pour du 1/1 fil mais je l'aime bien quand même.


Sylvie aussi s'est cassé les yeux avec du 1/1 fil pour broder ce délicat père Noël Prairie Schooler. Je confirme : aucune épingle n'est tordue ! L'an passé, j'avais brodé pas mal de modèles Prairie Schooler pour mon Salpin. La simplicité de ce modèle-ci me plait. Je n'aime pas les Prairie Schooler trop chargés.
Merci Sylvie pour ton choix et ta finition parfaite (et tes cadeaux supplémentaires).


Et puis je suis sûre qu'avec toi, l'aventure se s'arrêtera pas là.

jeudi 18 décembre 2008

La lettre S


S comme Super anniversaire de Sylvie, alias Berlioz le chat qui rêve en bleu. Et pourtant mon coussinet est dans les tons de l'automme, allez savoir. En fait, je me suis inspirée de mes ciseaux Sajou en imitation nacre.
Un tout petit présent pour un grand anniversaire (si j'avais su que Sylvie changeait de dizaine, j'aurais brodé quelque chose de moins petit...)
Heureusement qu'il y avait autre chose dans mon paquet. A découvrir prochainement.

jeudi 11 décembre 2008

Oiseau en liberté


Plaisir de l'hiver : regarder depuis ma fenêtre la valse des mésanges et le festin solitaire du rouge-gorge...
Merci à Danybrod pour ce très joli modèle qui s'est envolé depuis son blog pour se poser chez moi. J'adore et je vais peut-être en faire un autre monochrome.

dimanche 7 décembre 2008

Archives


Datant de l'an quarante (ou plus exactement de 1793), un document d'archives sauvé d'une décharge.

Transcription du texte

Conseil du Temple
Du 25 Jer 1793, 2ème de la République
Le Conseil autorise le citoyen Gagné à
fournir à Elisabeth et fille capet, six
grosses serviettes, des petits linges pour
lavettes, une teyère, faire rétamé un
bouloire de cuivre et netoyer les seaux
et pour simon six serviettes ouvrés
et deux unies


Avril Cazenave
Quelques explications :

A propos de la date
(25 janvier 1793)


Décret de la Convention nationale, concernant l'ère des Français. Du 5 octobre 1793, l'an second de la République française, une et indivisible. Le décret qui fixoit le commencement de la seconde année au 1er janvier 1793, est rapporté. Tous les actes datés l’an II de la République, dans le courant du 1er janvier au 23 septembre 1793 exclusivement, doivent être regardés comme appartenans à la première année de la République.


A propos des noms


Elisabeth : Elisabeth de France, sœur de Louis XVI
fille capet : Marie-Thérèse-Charlotte de France, fille de Louis XVI
Gagné : Jean-Barthélémy Gagné, cuisinier à la prison du Temple
Simon : cordonnier, membre de la Commune de Paris et à partir du 3 juillet 1793, gardien de Louis-Charles de France, fils de Louis XVI
Avril : administrateur des travaux publics
Casenave : député des Basses-Pyrénées.


A propos du linge


serviettes ouvrés : Le linge uni, à la différence du linge ouvré ou du linge damassé, dont on se sert pour la table (dictionnaire de l’Académie française).

Belle trouvaille de Muriel qui a eu la gentillesse de partager avec nous le fruit de ses recherches.


samedi 29 novembre 2008

Cadre en fils


Deux fils rouge et écru pour tisser autour d'un portrait d'amoureux comme un écrin précieux.

C'est mon grand-père qui réalisa ce cadre (je crois durant son service militaire) pour l'offrir à sa fiancée Victorine. Un travail du fil qui rappelle la marqueterie de paille.

Mon grand-père était un homme étonnant que j'ai très peu connu. Il est mort quand j'avais cinq ans. Il faisait aussi du canevas et toute sorte d'objets en bois finement découpé ou ajouré (une vraie dentelle que je vous montrerai un jour). Je parle un peu de lui dans cette nouvelle, et puis aussi ici.
Je trouve fascinant qu'un grand-père que je connaissais à peine, soit encore si présent dans ma vie à travers ces choses qu'il a réalisées de ses mains.
Rien n'est plus beau que de laisser un héritage.
J'aime être la gardienne de la mémoire familiale et cela me fait toujours de la peine de trouver sur les brocantes des souvenirs abandonnés. Comme dernièrement, le carnet d'un soldat de la Grande Guerre. C'est tellement triste de se dire qu'il n'y avait personne de proche pour le conserver... Aucun descendant intéressé ou aucun descendant tout court.

mercredi 19 novembre 2008

Nécessaire à couture


Souvent, dans les brocantes, quand on a la chance de trouver un nécessaire à couture, il est souvent incomplet ou dépareillé. Celui de ma mère ne fait pas exception.

Ses accessoires sont conservés dans un coffret assez ordinaire en carton recouvert de papier imitation écaille.

De style Louis XV, le porte-aiguille est simplement en métal argenté, comme le poinçon et le crochet.
Le dé, lui, est en argent mais il semble de style différent. Quant aux ciseaux... Envolés !

Ma mère ne se servait que de s
on dé et de ses ciseaux. Elle les gardait avec son ouvrage et n'utilisait pas vraiment son nécessaire à couture. Le dé fut égaré mais une gentille voisine lui fit cadeau d'un dé en argent pour le remplacer. Les ciseaux furent sans doute perdus un jour qu'elle brodait dans la cour de son immeuble. Des enfants jouaient non loin et ramassèrent sans doute ce précieux trésor, probablement tombé dans l'herbe. En tout cas, elle ne retrouva jamais ses jolis petits ciseaux.

Désormais, si vous chinez un nécessaire à moitié vide, imaginez qu'il appartenait sans doute à une vraie brodeuse. Elle se moquait de transmettre aux générations futures un coffret parfaitement rangé et astiqué. Elle utilisait vraiment ses outils, au risque de les perdre ou de les user, sans penser à autre chose qu'au plaisir de broder. Une passionnée comme vous et moi.


lundi 10 novembre 2008

Séance ciné-club : Gens de Dublin


Dernière oeuvre de John Huston d'après une nouvelle de Joyce, le film décrit une soirée de janvier 1904 chez les vieilles demoiselles Morkan et leur nièce Mary Jane. Comme chaque année, et selon un rituel immuable, elles reçoivent leur petit cercle d'amis : on récite des poèmes gaëliques, on chante, on danse, on joue du piano, on déguste les plats traditionnels, on évoque les chers disparus...
La vieille tante Julia est invitée à chanter un air de Bellini et pendant que les notes s'envolent, la caméra s'échappe, monte tout doucement l'escalier et pénètre dans sa chambre. Elle montre d'abord une magnifique maison de poupées, dévoile quelques bibelots (angelots en porcelaine, collection de chaussures porte-dès), s'attarde sur des portraits de famille, et détaille longuement deux samplers, le premier avec des alphabets doubles, le second avec une citation empruntée au poète britannique du 18e siècle, Alexander Pope :
Teach me to feel another's woe,
To hide the fault I see;
That mercy I to others show,
That mercy show to me.

Apprends-moi à éprouver la douleur d'autrui
Et à cacher sa faute
Pour me montrer charitable envers ceux
Qui le sont pour moi

Puis la caméra achève son parcours sur un chapelet posé sur un livre de prière. Le temps d'une chanson interprétée par une voix émue (à la limite de la brisure), le résumé d'une vie, depuis les jeux et les marquoirs de l'enfance jusqu'à la pieuse vieillesse.

Je vous invite vivement à voir, revoir ce petit film qui est une perfection... et à découvrir ou redécouvrir également A Walk with Love and Death (Promenade avec l'Amour et la Mort), merveille médiévale. Ne serait-ce que pour les magnifiques costumes de Leonor Fini.

Je me demande d'où provenaient ces deux samplers... Peut-être d'un musée. Le premier porte le nom de Jane Ellen Barker et est daté de 1865. Le second (avec le poème), j'ai l'impression de l'avoir déjà vu ! En tout cas, j'aimerais bien trouver un modèle similaire pour le broder. Mes recherches personnelles n'ont rien donné mais peut-être qu'avec votre aide...



samedi 8 novembre 2008

Pause tricot


Laine angora 70 % Anny Blatt
Modèle Nicole Calvinhac

A l'approche des jours de frimas, souvent, je ressors mes aiguilles à tricoter...

Juste le temps de tricoter une écharpe.
Cette année, je me suis donnée du mal mais je suis drôlement contente du résultat. Je ne quitte pratiquement plus mon tour du cou.
Le plus dur était de faire les passants en jersey avec la moitié des mailles mais j'y suis arrivée ! Il faut dire que pour moi, les explications tricot sont toujours très obscures...

lundi 3 novembre 2008

Pinkeep à la mode Tempus fugit


Très joli pinkeep ovale signé Tempus fugit... Je n'ai pas encore le courage de me lancer dans la réalisation du hornbook disponible depuis aujourd'hui. Je le mets de côté.
Quelques petits changements sur mon blog : J'ai remplacé les liens vers les blogs des copines (car je me sers plus volontiers de mes favoris) par des liens "documentaires". Rassurez-vous, je continuerai à vous rendre visite !

dimanche 26 octobre 2008

Coeur 1996, M.-F. Dubromel

Une création de Marie-France Dubromel, publiée dans un numéro du Marquoir en 1996...

Brodée en DMC 498, la couleur fétiche de l'artiste et agrémentée d'un vieux bouton de nacre pour le côté brocante.

Doublée avec de la toile à matelas, soulignée d'un croquet couleur lin...
et envoyée à ???

C'est écrit en tout petit sur le coussin !

mardi 21 octobre 2008

Maison à aiguilles


De la marque allemande Prym (toujours existante), la curieuse "Nadel-Heim" ou maison à aiguilles.


A l'arrière de l'étui, un petit poème rimé vante les mérites de ces aiguilles.

In jedem Hause wird gestrickt
Genäht, gestopft und auch geflickt.
Damit die Arbeit Freude macht,
Gib sorgsam auf das Werkzeug acht !
Ob Nadeln, Knöpfe, Fingerhut :
Mit diesem Zeichen sind sie gut.

Dans chaque maison où l'on tricote ou reprise, pour que le travail se fasse dans la joie, ce sont les aiguilles qu'il vous faut.
Je ne connais plus assez l'allemand pour vous en faire une traduction littérale mais c'est plus ou moins le sens du texte...


Trouvée parmi les affaires de couture de ma grand'mère, cette pochette m'amuse beaucoup. Elle me fait penser à un chalet suisse ! Heidi n'est peut-être pas loin...

samedi 18 octobre 2008

Charmant détail


Je vous laisse deviner de quel marquoir il s'agit. Facile, non ?
Ce motif m'intrigue. Symbole de la trinité (l'oiseau en cage symboliserait le Christ prisonnier de sa condition humaine) ? Je pensais que c'était peut-être une référence au sacrifice des tourterelles lors de la présentation au temple, mais il n'y en avait que deux.
Bref, je cherche et je vais interroger mes collègues dont certains sont des experts de l'iconographie chrétienne. J'adore ce genre d'énigmes, pas vous ?
Bon week-end...

vendredi 10 octobre 2008

Hommage à Marie-France Dubromel

Au hasard de mes lectures, je suis tombée dernièrement sur la reproduction d'une oeuvre de Marie-France Dubromel et cela m'a fait un choc : voilà ce que j'aurais aimé faire naître de mon esprit et de mes mains, si j'avais été une artiste.


Hommage à Yvonne Verdier II
(catalogue de l'exposition
Passeurs de linge : trousseaux et familles,
musée des ATP, 1999-2000)


Cela peut ressembler à un abécédaire oublié au fond d'un tiroir et retrouvé par hasard. A une broderie ébauchée au crayon de couturière, un exercice de jours effiloché par le temps. Il y a des accrocs, des rapiècements, des superpositions, des tissus froissés. Le tout est agencé grossièrement, sans raffinement excessif mais avec une infinie poésie. Sorte d'art brut au féminin, plein de douceur et de tendresse. L'émotion qui nait de ces assemblages est immense et indéfinissable.
Sur du linge usé qui respire la vie d'autrefois, Marie-France Dubromel exprime sa passion de l'écriture : alphabets contrariés, jeux sur l'endroit et l'envers des mots, citations scandées comme une prière ou une ritournelle. Le fil rouge 498 tisse un lien entre le passé et le présent, entre la broderie, la littérature, l'art et la poésie. C'est magnifique et plein d'inventivité.
Dommage qu'elle n'ait pas de blog ou de site internet... ni de véritable publication consacrée à son travail.
Désolée pour la mauvaise qualité du scan mais je vous invite à voir ses oeuvres en vrai, dans des expositions, ou à découvrir cette artiste dans les articles qui lui sont consacrés (voir la liste non exhaustive sur
accroforum).

mercredi 1 octobre 2008

J'ai dix ans

EDIT du 5 octobre : la réponse à ma question se trouve dans le commentaire 9. Bon dimanche !

"Laissez-moi rêver que j'ai dix ans..."
Voici la ritournelle "souchonesque" qui trottait dans ma tête en brodant cet ouvrage de The sampler company.
Comme je n'aime pas beaucoup indiquer mon nom ou celui de mes proches sur une broderie (allez savoir pourquoi), j'ai en effet gardé la mention proposée par Brenda Keyes : Hetty child Aged 10yrs. Je ne sais pas si elle a vraiment existé où si elle est une invention de l'artiste mais elle fait maintenant partie de ma famille.
En ce moment, je brode en prenant mon temps. Comme jadis lorsque je faisais une à deux grandes broderies par an. J'aime retrouver le même ouvrage, le soir. Sorte de rituel rassurant après une journée passée dans le stress.
Hetty est partie en vacances avec moi cet été et j'ai profité en sa compagnie des derniers rayons de soleil de ce dimanche. Il est temps désormais de la laisser reposer dans son joli monde peuplé d'oiseaux et d'écureuils, sur un coussin de mon salon. En effet, j'ai bien envie de commencer une collection de coussins ornés d'abécédaires... car je n'ai plus assez de place sur mes murs. Et puis je me suis lassée de mes anciens coussins Fancy That que l'on peut voir ici.
A suivre donc, dès que j'aurais choisi le tissu.
Au fait, quel est donc l'objet bizarre posé sur ma broderie ?
Et si le coeur vous en dit, allez découvrir chez Daphné, un autre sampler de Brenda Keyes. Une merveille...

lundi 29 septembre 2008

Taguée et de retour...

Juste un petit tag entre amies, histoire de revenir un peu parmi vous. Rassurez-vous, je brode toujours mais pas aussi vite que je voudrais. Normalement, je devrais poster un article mercredi et vous montrer un beau sampler terminé.

Sylvie m'a invité à participer au tag suivant :

choisir un livre et l'ouvrir à la page 123

recopier la 5ème ligne et les 5 lignes suivantes

indiquer le titre du livre, le nom de l'auteur, de l'éditeur et l'année de l'édition.

Voilà ce que cela donne avec ma lecture du moment :

...que tu mentionnes le nom de quelqu'un que je vais

m'empresser de l'arrêter. (Comme elle ne bron-

chait toujours pas, il se pencha au-dessus de la

table et tapota du doigt le flanc de sa tasse). Tu as

ma parole d'honneur, Randie. Ceci restera entre...

Elizabeth George. Pour solde de tout compte, Presse de la Cité, 1994.

Et oui, j'adore les romans policiers. Particulièrement ceux d'Elizabeth George.
Pas de prochaine victime désignée mais si le coeur vous en dit...

jeudi 18 septembre 2008

Réponses à mes lectrices

Méménounours : Y aura-t-il une suite à la nouvelle Ad libitum ?

J'y pense sérieusement mais je n'ai pas encore eu le déclic. J'aimerais bien mettre en scène tous les personnages apparus dans mes nouvelles. Béatrice la mercière, mais aussi les brodeuses du Temps d'une ronde, et bien évidemment Aude. Il me reste à trouver l'histoire, le fil conducteur. Et je ne suis pas certaine de trouver car c'est toujours un peu par hasard que me vient l'inspiration. J'ai besoin d'une longue période durant laquelle la nouvelle s'écrit dans ma tête. Souvent en marchant. Et puis un jour, j'ai envie de l'écrire sur mon clavier.

Eilleen
: A quand la prochaine nouvelle ?

Difficile à dire... En tout cas, par pour tout de suite. Je dois recharger mes batteries. Mais j'ai un texte déjà écrit que j'aimerais publier dans le Marquoir et un autre en préparation. Pour l'instant, je n'ai pas de réponses de leur part. Comme, je suis du genre impatiente, peut-être vais-je les publier comme Ad libitum. J'ai bien aimé ma collaboration avec Sof'.

Valent : Il y a t-il une dimension autobiographique ?

En partie seulement. C'est un curieux mélange de souvenirs ou réflexions personnels (l'enseignement de la harpe, la comparaison entre la broderie et la musique), de personnes réelles (mon frère ingénieur du son, mon professeur Régis, certaines brodeuses), de réminiscences familiales (mon père dirigeait une maison des loisirs et de la culture et organisait des concerts, quand il n'en donnait pas lui-même en amateur) et une histoire vraie d'accident réinventée par moi. Cela m'a amusé de laisser les vrais noms et pseudos de certaines (Tempus fugit, Sylvie des Rêveries du Chat bleu, Marie des Soies de Marie), d'en transformer d'autres (Mina Polenski pour Elena Polonska, les éditions Ledoux à la place des éditions Leduc) et de donner à mon personnage principal, le prénom de ma première prof de harpe dont j'adorais la façon de s'habiller avec de gros collants en laine ajourés souvent assortis à ses jupes. Quant aux sabots, c'est Régis qui en portait été comme hiver. J'ai eu la chance de côtoyer du temps de mon adolescence des gens atypiques que j'admirais. Et qui m'ont construite telle que je suis. Aude ? Elle me ressemble sans doute un peu (voire beaucoup) mais alors en mieux... je l'ai créé un peu plus douée que moi, tant qu'à faire !

Astralsys
: L'histoire est-elle véridique ?

Une fille que je connais à peine était un jour assise à côté de moi lors d'un repas professionnel. Comme elle parlait très lentement, elle m'a expliqué qu'à 18 ans, elle avait été renversée par une voiture. Elle venait d'assister à Florence à un ballet où dansait sa soeur. Elle a mis plusieurs années à tout réapprendre : parler, bouger, manger. J'ai été très touchée par son histoire et je l'ai transposée en quelque chose de moins tragique. Aude finit par s'en sortir mais cette fille a eu sa vie brisée avant même d'avoir pu la construire. Elle voulait enseigner le dessin.

Astralsys : Quel pas reste-t-il à faire pour un publication autre qu'internet ?

Publier un livre ? Certaines d'entre vous y croient mais je ne pense pas être capable d'écrire une grande histoire. Même mes nouvelles semblent s'essouffler parfois (celles qui ont le courage de me critiquer, aiment souvent mes commencements mais sont déçues par mes développements). Personnellement, je ne vois pas ce que cela m'apporterait. A part les soucis d'écrire aux éditeurs, de les rencontrer. J'aurais l'impression d'être au travail alors que je cherche à me divertir. J'aime partager une histoire "en direct", avoir les impressions des lecteurs presque immédiatement. J'aime ces échanges constructifs, parfois passionnés et explosifs, le plus souvent généreux et touchants. J'aime écrire sur internet et je trouve que mon écriture sied à ce mode de diffusion. Désolée, il faudra encore faire crépiter vos imprimantes ! Maintenant, si un éditeur passe par là, tel un beau prince charmant...

Muriel : Est-ce que tu écriras un de ces jours en t'inspirant de ton univers professionnel ?

Non, je ne pense pas. j'ai besoin de m'évader par l'écriture et d'oublier ma vraie vie pour m' inventer une autre moi à travers des personnages qui me ressemblent toujours un peu. Mais pourquoi pas une histoire d'archéologues ou de restaurateurs ? J'y ai déjà pensé !

Christiane : J'aimerais savoir si ces kits de broderie mis en diagrammes par notre chère Sylvie existent vraiment. Et j'aurais presqu'envie de te demander, naïvement, s'il existe aussi un CD avec ces sublimes musiques...

Et bien non, c'est une pure invention ! Marie des Soies de Marie pensait également que ces kits existaient. Pour la musique, le Livre Vermeil de Montserrat se trouve facilement dans de nombreuses éditions mais je vous recommande le CD de mon regretté professeur Régis Chenut, L'art de la harpe celtique. De la musique médiévale, mais aussi irlandaise ou contemporaine. Ce sont des morceaux qui font aussi partie de mon répertoire. Sinon, les CD de La camerata de Paris avec la harpiste Elena Polonska. J'ai eu la chance de faire un stage de harpe avec elle en 1989.
J'ai dans mes tiroirs quelques compositions personnelles mais comme je vous embête déjà avec mes histoires, je vais vous laisser tranquille avec ma musique !

Anna : Qu'est-ce qui vous a donné envie d'écrire et depuis quand écrivez vous ?

Peut-être ma prof de français en 1ère qui lisait mes devoirs à toute la classe... Elle adorait mon style. Cela ne m'a pas empêché d'avoir un 9/20 au bac français (apparemment, le correcteur, lui, n'aimait pas mon style...ou alors, ce qui est plus probable, j'étais tombée dans le piège du "style pour le style"). Je pense que cela m'a servi de leçon. Enfin j'espère. Avant d'écrire, j'inventais des histoires avec mes barbies. Souvent la suite des aventures de Claudine car j'adorais (j'adore toujours) Colette. Je pense que j'ai commencé à vraiment écrire le jour où cela devenait gênant de réveler à mes copines que je jouais encore à la poupée ! D'ailleurs l'envie d'écrire est revenue depuis que je n'invente plus d'histoires de Playmobil ou de petites Chéries avec ma fille grandie trop vite.

Si vous avez d'autres questions, n'hésitez-pas !

mercredi 10 septembre 2008

C'est fini ?


Vous avez été très nombreuses à lire Ad libitum chez Sof' et je vous en remercie du fond du coeur. Je suis sûre que vous avez plein de questions à me poser sur cette nouvelle ou sur mes projets d'écriture, alors cela vous dirait de vous transformer en journaliste ? Je vous propose de m'interviewer en postant vos questions dans les commentaires. Vous pouvez me demander ce que vous voulez... vous verrez bien si je réponds ! Rendez-vous dans une semaine pour la synthèse de mes réponses.

La décoration de Noël a été trouvée à Strasbourg, dans la boutique, un Noël en Alsace. Je ne pouvais rêver mieux !

mercredi 3 septembre 2008

Ad libitum

EDIT du 5 septembre : voilà, c'est ICI !

Un jour, alors que mon professeur de harpe notait sur du papier à musique une suite de notes à jouer
en cascade, il s'est amusé à noter : ad libitum Helenae. A la libre improvisation d'Hélène.

J'aime beaucoup cette expression Ad libitum. Je l'ai d'ailleurs brodée sur ma trousse Salexandre.

Mais surtout (et certaines d'entre vous le savaient déjà), j'ai choisi de donner ce titre à une nouvelle qui vous sera bientôt dévoilée.
Au lieu de le faire comme d'habitude sur mon blog, dans la rubrique "salon littéraire", j'ai demandé à Sof' de m'aider à publier mon texte et elle a eu la gentillesse d'accepter. Il nous reste juste le temps de finaliser des bricoles et vous pourrez découvrir mon nouveau personnage, Aude.
Je n'en dit pas plus, si ce n'est que je remercie d'ores et déjà celles qui m'ont aidé à mener ce projet, Loli-Lola, Sylvie (la rêveuse du chat bleu), Tempus fugit, et particulièrement Muriel pour sa relecture éclairée. Sans oublier Sof'. Mon histoire est entre ses mains, désormais !
Soyez patientes et surveillez vos écrans... Une rentrée littéraire spéciale pour les brodeuses, c'est plutôt sympathique, non ?

vendredi 29 août 2008

Sur les traces d’Annette Flory

Cet été, montant la rue qui mène à la basilique Sainte-Madeleine de Vézelay, je me suis arrêtée dans la boutique d’un brocanteur. Beaucoup de draps blancs, une boîte à couture sans intérêt contenant un petit abécédaire tout délavé et dans la pièce du fond, une dizaine de chemises brodées d’un monogramme rouge. Les chemises étaient abordables, alors je me suis laissée tenter. Mais laquelle choisir ? Une première série portait le monogramme AR assez mal brodé, une seconde, un très joli monogramme MG. J’ai donc choisi ma chemise parmi la seconde série.

Comme j’aime connaître l’histoire des objets (ou à défaut les inventer), j’ai interrogé la dame de la boutique. Elle m’a dit que l’ensemble provenait d’une même armoire. Je ne sais pas pourquoi, j’ai alors également acheté le tout petit marquoir, pourtant bien miteux. Une impulsion qui ne m’a coûté que 5 euros, heureusement. Mon mari était un peu perplexe mais n’a pas cherché à comprendre !
De retour chez moi, je me suis amusée à essayer la chemise. Fabriquée à la machine, elle m’impressionne par sa largeur et son poids.

Je me demande si on portait d’autres vêtements par dessus et si on pouvait vraiment bouger avec une telle armure sur le dos. Le lin est serré (peut-être est-ce du chanvre plutôt que du lin) et difficile à broder car on arrive guère à voir la trame. Le monogramme AG est malgré tout parfaitement brodé, à l’endroit comme à l’envers.


Certains trousseaux étaient-ils brodés par des professionnels ? L’autre monogramme AR avait l’air tellement plus artisanal (d’ailleurs, j’aurais aussi dû acheter une chemise de cette série-là).

Le marquoir est brodé sur le même tissu très serré et la petite Annette Flory, a eu bien du mal à former ses lettres. Annette ! Je suis presque sûr que les chemises monogrammées AR étaient les siennes (d’ailleurs, elle n’avait guère fait de progrès en broderie !!!). Pourquoi y a-t-il un R et non un F en deuxième position ? Etait-ce son nom de femme mariée ? J’avoue ne pas trop connaître les us et coutumes des trousseaux de jadis. Quant à savoir qui était MG par rapport à AR... Les blouses semblaient dans le même état de conservation.

Modeste et émouvant marquoir que celui d’Annette. J’ai eu du mal à déchiffrer le nom de Flory mais je ne pense pas m’être trompée. Le temps, étrangement, a effacé le nom et préservé l’alphabet. De taille modeste (16 X 11 cm), il ressemble un peu à un marquoir anglais, structuré par des lignes (mais l’absence du W, atteste cependant une provenance française). Pas de croix de Dieu mais une croix termine l'alphabet et une autre sépare le prénom du nom. Les lettres sont hésitantes, les croix mal formées et pas toujours dans le même sens, l’arrière comporte des noeuds. Plié dans une boîte à ouvrage de fortune remplie de fils perlés, il a cependant été conservé comme quelque chose de précieux. Jusqu’à atterrir chez un brocanteur, où, heureusement, je passais par là. Mais cela aurait aussi pu être l’une d’entre vous…

Par curiosité, j'ai tapé le nom d'Annette Flory dans Google et j'ai trouvé une américaine née en 1869 à Decatur dans l'Iowa qui portait le même nom. Etonnant, non ?

Si quelqu'un connait un ouvrage un peu sérieux sur les trousseaux de jadis, je suis preneuse.


lundi 18 août 2008

Fière comme Artaban

Les vacances se terminent tout doucement et je suis contente de vous retrouver.

J'étais d'ailleurs tellement impatiente de vous montrer ma trousse du Salexandre terminée que je fais mon grand retour sur ce blog plus tôt que prévu !


Le 1 fil/1 fil n'est toujours pas ce que je préfère broder mais j'ai tenu bon. J'ai commencé par monter la trousse avant de m'attaquer à la pochette à ciseaux, à la lanière et au feuillet pique aiguilles. Cela m'a redonné du courage.



J'ai eu aussi quelques sueurs froides avec la couture, surtout au niveau de la pochette intérieure qui ne semblait pas aux mêmes dimensions que la partie brodée de l'autre côté. Difficile d'obtenir quelque chose de bien droit. Et puis, j'avais coupé les angles en biais trop à ras et comme ma toile avait tendance à s'effilocher. Une horreur !



Le montage n'est heureusement plus qu'un lointain souvenir qui ne m'empêche pas d'aimer ma trousse, malgré ses imperfections.



J'adore le tissu que j'ai trouvé pour la doublure. On ne pouvait rêver mieux, je trouve.



J'ai choisi de broder l'expression "ad libitum" sur la pochette intérieure, parce que je voulais un mot en latin (en hommage à Tempus fugit), et j'aime bien cette expression qui se trouve souvent sur les partitions de musique médiévale. Broder, improviser librement et à volonté...Tout le contraire d'une sage modération !


Quant au bouton, c'était la première fois que j'essayais d'en recouvrir un avec un motif brodé. Une petite touche finale que j'aime bien.



Rien à rajouter ? Si, merci Anne et Sof pour ces heures (parfois difficiles !) sur le chemin de la perfection. Quel bonheur de se surpasser grâce à un projet ambitieux.

Bon courage à celles qui se seraient découragées. Cela vaut la peine d'aller jusqu'au bout...
Et puis, ce n'est pas encore fini.