lundi 10 novembre 2008

Séance ciné-club : Gens de Dublin


Dernière oeuvre de John Huston d'après une nouvelle de Joyce, le film décrit une soirée de janvier 1904 chez les vieilles demoiselles Morkan et leur nièce Mary Jane. Comme chaque année, et selon un rituel immuable, elles reçoivent leur petit cercle d'amis : on récite des poèmes gaëliques, on chante, on danse, on joue du piano, on déguste les plats traditionnels, on évoque les chers disparus...
La vieille tante Julia est invitée à chanter un air de Bellini et pendant que les notes s'envolent, la caméra s'échappe, monte tout doucement l'escalier et pénètre dans sa chambre. Elle montre d'abord une magnifique maison de poupées, dévoile quelques bibelots (angelots en porcelaine, collection de chaussures porte-dès), s'attarde sur des portraits de famille, et détaille longuement deux samplers, le premier avec des alphabets doubles, le second avec une citation empruntée au poète britannique du 18e siècle, Alexander Pope :
Teach me to feel another's woe,
To hide the fault I see;
That mercy I to others show,
That mercy show to me.

Apprends-moi à éprouver la douleur d'autrui
Et à cacher sa faute
Pour me montrer charitable envers ceux
Qui le sont pour moi

Puis la caméra achève son parcours sur un chapelet posé sur un livre de prière. Le temps d'une chanson interprétée par une voix émue (à la limite de la brisure), le résumé d'une vie, depuis les jeux et les marquoirs de l'enfance jusqu'à la pieuse vieillesse.

Je vous invite vivement à voir, revoir ce petit film qui est une perfection... et à découvrir ou redécouvrir également A Walk with Love and Death (Promenade avec l'Amour et la Mort), merveille médiévale. Ne serait-ce que pour les magnifiques costumes de Leonor Fini.

Je me demande d'où provenaient ces deux samplers... Peut-être d'un musée. Le premier porte le nom de Jane Ellen Barker et est daté de 1865. Le second (avec le poème), j'ai l'impression de l'avoir déjà vu ! En tout cas, j'aimerais bien trouver un modèle similaire pour le broder. Mes recherches personnelles n'ont rien donné mais peut-être qu'avec votre aide...



3 commentaires:

sylvie a dit…

Tu racontes toujours tellement bien les choses, qu'on a envie de les découvrir, et voilà que tu nous transportes dans un endroit rempli de magnifiques marquoirs anciens, tels que je les aime, avec ces couleurs de l'automne.
Ca me rappelle un jour la réflexion d'une personne chez un commissaire priseur qui m'a dit qu'elle avait jeté un petit papier écrit de la main du dernier propriétaire (un vieux monsieur), glissé dans un nécessaire en acier, évidemment elle n'y croyait pas. J'ai quand même demandé ce qui était écrit.
Elle m'a dit " nécessaire de la princesse Charlotte" et a levé les yeux au ciel !!!!
En rentrant à l'hôtel, avec mon mari nous avons regardé de plus près l'intérieur, et sur l'aiguille devine ce qui était gravé????
Bizzzzzzzzz

brodstitch a dit…

Toujours très agréables à lire tes posts.
Au film,je préfère toujours les écrits de James Joyce :o)

Anonyme a dit…

Bonjour Hélène, Dans le film Mamma mia vous pourrez découvrir de très jolis marquoirs rouges sur les murs de l'hôtel que tient Meryl Streep.Si on y fait attention on s'aperçoit que le linge de lit est également brodé : un régal pour les yeux.
De plus, ce film est un vrai concentré de joie et bonne humeur! Amitié
La maman de léa