dimanche 15 mai 2011

La quête du trèfle

J'aime les trèfles, même si je n'en trouve presque jamais à quatre feuilles. En revanche, j'avais une arrière grand-mère qui en récoltait sans le vouloir et qui en parsemait ses livres de prière.
Impressionnante, la taille de certains !
J'imagine une femme reliée à la nature et qui savait recueillir les secrets des plantes.

Pour trouver mon seul et unique trèfle, il m'a fallu l'intervention d'un intercesseur, un homme qui en parlant aux gnomes trouvait des trèfles à quatre voire cinq feuilles. [Esprits sceptiques et cartésiens, passez votre chemin...]. Moi-même, je n'en menais pas large en découvrant ce fameux trèfle, tout délavé aujourd'hui.
Partie quelques jours à la campagne, j'ai eu envie de broder des trèfles (modèle offert par Plum Street Samplers pour la Saint Patrick).
Le trèfle à trois feuilles est un des symboles de l'Irlande (Saint Patrick s'en serait servi pour expliquer la sainte trinité aux Irlandais). Bien avant la christianisation, les druides celtiques considéraient le trèfle à quatre feuilles comme une plante sacrée qui éloignait les mauvais esprits.

Il parait qu'aujourd'hui, avec la pollution, les trèfles à quatre feuilles se développent davantage. De là à y voir un signe envoyée par la nature...


Petite pochette pour ranger ma clé de harpe

dimanche 24 avril 2011

Joyeuses Pâques


C'est avec plaisir que je partage avec vous cet arbre de Pâques. Joyeuses fêtes !

jeudi 21 avril 2011

Ce que racontent les boîtes à ouvrage

Quand je fais les brocantes, je suis en quête d'émotions, à la recherche d'histoires. J'ai eu la chance de découvrir dimanche, un coffret à ouvrage extrêmement bavard et je n'ai pas pu lui résister malgré son mauvais état. Il avait tellement de choses à raconter !
Extérieurement, il était assez joli, malgré des traces de ronds formés au compas.

Dommage qu'un des décors en bronze ait disparu.


La clé a été égarée mais la serrure est encore en bon état.

Et à l'intérieur, il y avait encore tout le contenu intact de la boîte à couture. J'ai jeté les chutes de tissus et les boutons trop récents mais j'ai gardé un certain nombre de choses :
- boutons en porcelaine

- dentelles, boutons pression

- morceaux de drap avec les monogrammes MD en broderie blanche.



Chose étrange, la propriétaire avait punaisé un coussinet à épingles sur le couvercle.

Pas franchement joli et rempli de sciure. Quelques aiguilles prisonnières ont confirmées cette utilisation. J'ai préféré ne pas le conserver : il empestait l'humidité !

Et puis j'ai été émerveillée de découvrir le nom de la dame à qui appartenait la boîte ! Le prénom raturé et derrière le coussin la mention : N° 16. Quelle est la raison de ce numéro ? Je l'ignore. En revanche, j'ai trouvé sur internet l'annonce nécrologique de la personne à qui appartenait cette boîte. Incroyable...
Elle est morte le 14 mai 2010 à l'âge de 79 ans et son nom d'épouse commence bien par un M (d'où le monogramme MD). Elle habitait à Hargnies dans le Nord-Pas de Calais.
Comme toujours, cela me chagrine de voir des affaires si personnelles finir comme cela. Personne n'avait-il envie de conserver cet héritage ?


samedi 26 mars 2011

Lancement de mon grand projet


Et oui, je vis toujours et depuis un mois je passe mes moments broderie en compagnie de Mary Glover. D'étape en étape, je n'ai pas vu le temps passer...
Cela ne se voit pas sur les photos mais cet abécédaire est brodé sur une immense toile de lin que je vais essayé de remplir entièrement avec d'autres marquoirs. Et oui, je me suis lancé dans mon grand projet de housse de harpe brodée ! J'espère arriver à trouver la juste harmonie entre les différents marquoirs qui la composeront.
Depuis que je passe moins de temps sur internet, j'ai retrouvé le plaisir de déchiffrer des partitions retrouvées. Alors si vous me trouvez silencieuse (comme
Sylvie) dites vous que mes silences sont peuplés de mélodies irlandaises ou médiévales.
Et à très bientôt...


samedi 26 février 2011

Bientôt le printemps...



Timidement déjà, les oiseaux chantent le retour des beaux jours...

Version monochrome d'un modèle de Danybrod que j'avais brodé en couleur en 2008. Toujours aussi plaisant à réaliser, malgré l'épreuve des coutures.
Cet oiseau s'en va faire son nid du côté de l'Alsace.

dimanche 13 février 2011

Clés d'accord

Je me suis toujours demandé pourquoi les clés servant à accorder les harpes, étaient avant tout fonctionnelles et pas très jolies. Evidemment, il vaut mieux quelque chose de pratique puisqu'il s'agit tout de même d'accorder entre 30 à 48 cordes !
Ma précédente clé était en bois vernis.

Ma nouvelle est en métal entouré de caoutchouc noir, ce qui protège l'instrument en cas de chute de la clé pendant l'accordage.

Il en existe aussi des bleues, des roses, des jaunes...

Voici la clé du fabriquant CAMAC. Sa forme est bien étudiée mais le bois brut fait un peu mal aux mains.

Il faut voyager pour trouver un peu plus de fantaisie ! Voici une clé d'accord mexicaine en forme de colibri, conservée au musée du Quai Branly, à Paris.

Et voici la clé qui figure dans l'article Lutherie de l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert. Je la trouve très raffinée.

Mais mon coup de coeur revient à la clé de l'atelier Harpediem, créée par le luthier Jean-Luc Vaillant dont j'ai découvert le travail sur internet. Elle est superbe tout comme les harpes de cet artiste de talent.


Tiens, et si je commençais une collection ?

dimanche 6 février 2011

Harpe et mots doux dans les Liaisons dangereuses


Autour de 1780, la harpe connut un de ses âges d'or. Marie-Françoise Thiernesse souligne dans sa thèse (La harpe à Paris au 18e siècle), combien elle est alors l'instrument à la mode. Nombreuses sont les aristocrates et les bourgeoises qui s'y adonnent ; Paris comptait trente quatre professeurs de harpe vers 1779, cinquante huit en 1784. Le célèbre concerto pour flûte et harpe de Mozart, composé en 1778, la qualité de harpistes telles que Marie-Antoinette et Madame Récamier ne sont sans doute pas étrangers au prestige acquis par un instrument béni par le progrès technique du Siècle des Lumières.

En 1782, alors que Cousineau "inventait" la harpe à pédales, parut l'oeuvre de Pierre-Amboise Choderlos de Laclos, Les liaisons dangereuses. Sous la forme d'un roman épistolaire, l'auteur brosse sans complaisance le portrait d'une époque.

La harpe n'est pas qu'un simple élément du décor ; elle joue un rôle essentiel dans la relation qu'entretient la jeune Cécile Volanges, ancienne ursuline découvrant le monde, avec son professeur de harpe, le chevalier Danceny. Elle devient le secret intermédiaire d'un échange de lettres entre le maître de musique et son élève. Dans la lettre XVI, Mademoiselle Volanges décrit le stratagème mis au point par le chevalier :
" Après que nous eûmes fini de chanter, il alla renfermer ma harpe dans son étui ; et en m'en rapportant la clef, il me pria d'en jouer encore le soir, aussitôt que je serai seule. Je ne me défiais de rien du tout ; je ne voulais même pas : mais il m'en pria tant, que je lui dit que oui. Il avait bien ses raisons. Effectivement quand je fus retirée chez moi et que ma femme de chambre fut sortie, j'allais pour prendre ma harpe. Je trouvai dans les cordes, une lettre, pliée seulement, et point cachetée et qui était de lui."

Cécile utilisera la même ruse pour répondre à son amoureux (lettre XVIII). La harpe continue ensuite à faire office de boîte aux lettres. Ainsi détournée de sa destination première, elle devient l'objet non plus d'un jeu musical mais d'un jeu d'écriture. La hâte de se mettre à l'instrument cache alors la véritable impatience, la découverte d'une autre harmonie, celle qui se dégage de la douce sonorité des mots d'amour :
"Je demanderai à jouer de la harpe aussitôt que vous serez arrivé, afin que vous ayez ma lettre tout de suite."(lettre XXX).

Choderlos de Laclos a peut-être attribué une valeur symbolique à la harpe dans les Liaisons dangereuses. Il est toutefois malaisé d'en interpréter le sens tant la symbolique de l'instrument est complexe et souvent contradictoire. La harpe des anges distille une musique paradisiaque toute empreinte de pureté ; celle des sirènes n'est qu'envoûtement et diabolique séduction.
La harpe de Cécile de Volanges sert à la fois d'écrin à d'innocents billets doux et d'intercesseur aux préludes des jeux de l'amour :
"
En posant ma harpe vis à vis de moi, il se plaça de façon que Maman ne pouvait voir, et il prit ma main qu'il serra...mais d'une façon !" (lettre XVIII).
Médiatrice d'une passion naissante, n'en constitue-t-elle pas la métaphore, expression de la candeur et du charme, de l'ingénuité et de la séduction, interprète de la douceur et des dangers de l'amour ?

Certaines oeuvres picturales de l'époque illustrent merveilleusement ces heures galantes où se tissent des liaisons amoureuses... et peut-être dangereuses.

Jacques Sablet, scène de la vie romaine (la joueuse de harpe)
-vers 1787 -
Lausanne, musée cantonal d es Beaux-arts

dimanche 23 janvier 2011

Utopie ?

Un jour, alors que j'étais un peu encombrée par mon grand quaker, je l'ai posé sur ma harpe.
Cela rendait si bien que je me suis dit :
Et si, après cet ouvrage, je me lançais dans un projet encore plus grandiose, digne des oeuvres monumentales de Gigi ? Pourquoi ne pas essayer de broder une housse pour ma harpe ?
La mienne ressemble à ça...


Un vieux tissu molletonné, troué et plus très blanc. Inutile de vous dire que je n'enferme jamais mon instrument dans ce sac (sauf en cas de transport).
La housse dont je rêve m'occupera sans doute des années. J'ai déjà le lin pour une face mais j'hésite encore sur les motifs à y broder.

Peut-être quelques samplers anglais et de ci de là, des motifs quaker pour compléter les vides. J'imagine des abécédaires colorés et en contraste, des motifs quaker dans les noirs...
Alors je crois que je vais me lancer et que le premier abécédaire sera celui de Mary Glover proposé en SAL par la gentille et consciencieuse Emmanuelle.

Et mon quaker alors ? Je n'arrête pas de faire des fautes en le brodant et je crois que j'ai besoin de commencer autre chose.

Est-ce bien raisonnable ???

dimanche 2 janvier 2011

Les harpes de ma vie, n°2



Suite du feuilleton sur mes harpes et retour sur celle que je vous montrais dans un article précédent.
Etant donné qu'elle est plus légère que mon autre harpe, c'est elle, parfois, que je préfère transporter quand je joue en public. Comme ici, à mon mariage à Saint-Roman-de-Malegarde dans le Vaucluse (je vous avais promis de me montrer un jour en entier mais avouez qu'en robe de mariée, je fais très fort !!!)
Donc cette harpe prête à se fendre, joue encore très bien mais j'ai tendance à la délaisser, préférant m'exercer toujours sur le même instrument.

Une amie qui faisait jadis du piano dans le même cours que moi, avait commencé la harpe mais ne possédait pas d'instrument. Elle venait donc s'exercer sur cet instrument-ci, après l'école. Je l'ai retrouvé récemment et elle a exprimé le souhait de s'acheter une harpe pour enfin réaliser son rêve. Elle disait que ce n'était pas pour tout de suite...
J'ai donc dépoussiéré ma vieille harpe et je me suis dit qu'elle pourrait très bien s'en servir pour quelques années encore...
Myriam, tu peux venir quand tu veux ! La harpe t'attend. Il ne reste plus qu'à l'accorder un peu.

samedi 1 janvier 2011

Bonne année !

La vie est une ribambelle d'années nouvelles. Fragile dentelle. Douce musique.

Profitez de chaque instant de bonheur et résistez dans les moments de doute ou de souffrance.

J'espère que Sylvie sera contente de ma contribution à son grand concours de cartes de voeux... Vous pouvez vous aussi y participer jusqu'au 20 janvier.

mardi 28 décembre 2010

Les harpes de ma vie, n°1



C'est l'histoire d'un harpe fabriquée par le luthier Smith et achetée à Londres par un harpiste hors norme, Régis Chenut. Un jour, il revend l'instrument à une école de musique et crée une des premières (si ce n'est la première) classe de harpe celtique en Alsace.

Beaucoup d'enfants viennent chaque semaine montrer leurs progrès sur cette harpe et perfectionner leur technique avec un professeur. Ma soeur est la première de la famille à s'y essayer puis abandonne, plus douée pour le dessin que pour la musique.
Je prends le relais, pratiquant la harpe celtique en même temps que le piano puis uniquement la harpe celtique avec Aude Gary et Mariette Laurie.
Régis Chenut m'ayant accepté comme élève, je quitte l'école de musique avant d'y revenir moi-même comme professeur. Après quelques dernières années de service, la harpe Smith prends sa retraite chez moi : elle n'était plus en assez bonne forme pour supporter les doigts pas toujours délicats de dizaine d'enfants.
Voyez dans quel état, elle se trouve aujourd'hui.

Elle a fait des tas de chutes qui ont laissé des cicatrices sur sa caisse de résonance et ailleurs.

Sur la table d'harmonie, on trouve la trace probable d'une chute de pupitre patinée par les années. Presque fossilisée.

Son décor géométrique de marqueterie se décolle un peu mais reste magnifique.

Ses palettes usées (montées, elles augmentent la note d'un demi-ton) dénaturent le son.

L'instrument tant de fois accordé, est griffé par des dérapages de clés d'accord.

La console se fissure dangereusement à la jointure avec la colonne. C'est sa blessure la plus grave et qui m'inquiète le plus.

Son état étant tout de même stationnaire depuis des années, j'ai décidé de lui offrir une nouvelle vie de musique ! Je vous raconterai la prochaine fois.

dimanche 26 décembre 2010

Cadeau

Un joli tissu kelsch pour la doublure.

Un modèle offert par 123 citrouille brodé sur lin Gander avec du DMC 498 dont je suis inconditionnelle...

Et voici un cadeau fait maison que j'ai confié au père Noël de la poste !
En arrière fond, un patron de canivet en papier. Je sais que vous êtes nombreuses à en rechercher. Moi, j'en ai quatre à faire mais le courage me manque pour m'y mettre...

vendredi 24 décembre 2010

Joyeux Noël

Parce que le mauvais temps m'empêche de fêter Noël en Alsace, dans ma famille, j'ai eu envie de publier aujourd'hui un petit texte inspiré par l'histoire de ma mère (et de mon père). Une façon de leur dire qu'ils sont présents en permanence dans mon coeur et pas seulement le soir de Noël...

Les choses ne se sont peut-être pas tout à fait passées comme cela, ma mère ne ressemblait peut-être pas exactement à cette jeune femme mais qui sait...


A mes parents

Comme tous les jours, à peu près à la même heure, elle sort du lycée d’un pas assuré. Sa démarche est élégante et ses talons martèlent le bitume humide. La nuit tombe vite en cette période de l’année. Elle relève le col de son imperméable pour avoir moins froid mais l’odeur acre du cigare qui imprègne ses vêtements la prend à la gorge.

- Sacré proviseur, il aura ma peau à force d’enfumer ainsi mon bureau, se dit-elle en accélérant la cadence de ses pas.

Tout en marchant, elle revoit les volutes de fumée qui aujourd’hui encore, ont envahi petit à petit le secrétariat qu’elle occupe avec Nicole, la seconde assistante. L’air frais lui fait du bien. Il imprègne toutes les fibres de ses vêtements, chasse cette mauvaise odeur de tabac. Elle se sent revivre.

Aujourd’hui, elle a décidé de faire un petit détour par la ville où il n’y a déjà plus grand monde. Elle doit se hâter car les boutiques ferment dans peu de temps. Elle n’aurait pas du essayer de finir à tout prix le classement des dossiers de demande de bourse. Il faut toujours qu’elle se fixe des objectifs impossibles à tenir pendant que Nicole fait semblant de taper des courriers en feuilletant des magasines de mode. Voilà qu’elle n’a plus que quelques minutes pour trouver un galon de satin assorti au tissu de sa future robe. Celle qui l’occupe chaque soir jusqu’à plus d’heures depuis de nombreuses semaines.

Madame Armande reconnait cette jeune femme effacée à son chignon qui lui donne une allure si distinguée. Elle vient souvent au rayon mercerie du " Bon Marché " pour y trouver quelque tissu ou ruban. Parfois, elle repart simplement avec un écheveau de fil à broder dont elle a aimé la couleur mais la plupart du temps, elle achète du tissu au mètre qu’elle transforme en magnifiques vêtements. Madame Armande aime servir cette cliente qui sait toujours ce qu’elle veut sans pour autant être capricieuse.

- Bonjour, Mademoiselle. Je vous laisse regarder comme d’habitude ?

- Non, aujourd’hui je cherche quelque chose de précis. Pourriez-vous mes montrer les galons ? J’en cherche un dans les bleus émeraude. C’est pour égayer la robe que je confectionne actuellement avec ce tissu-ci, dit-elle en lui désignant une magnifique mousseline vaporeuse.

- Ah oui, je me souviens. Vous aviez acheté ce tissu pour confectionner une robe de soirée.

- Oui, tout à fait mais elle ne me plait pas, je la trouve trop austère.

- Ne vous inquiétez pas, je vais vous trouver ce qu’il vous faut. Je viens de rentrer quelques rubans de notre fournisseur parisien. Regardez celui-ci par exemple, ou celui-là.

Elle n’avait pas été longue à trouver le ruban dont elle avait rêvé, douce alchimie de dentelle et de satin, entre le vert et le bleu. Elle était impatiente de rentrer et de reprendre son ouvrage.

Elle avait mangé vite, en compagnie de ses parents et la cuisine était maintenant son domaine. Sa petite sœur était allée se coucher, non sans rechigner. Pourquoi fallait-il laisser Odette tranquille quand elle installait sa machine à coudre ? Même ses parents se retiraient dans leur chambre. Dans l’immeuble endormi, le bruit régulier de la Singer chuchotait une petite musique de nuit. Concentrée, énervée parfois, la jeune femme ne voyait pas le temps passer. La fatigue ne l’arrêtait pas, au contraire, elle avait souvent des idées après minuit quand, dans une sorte d’état second, son intuition lui parlait. Alors, satisfaite, elle rangeait son atelier improvisé et s’endormait heureuse. Elle savait exactement à quoi allait ressembler sa robe et comment elle allait poursuivre son ouvrage le lendemain soir. Heureusement car il ne restait plus que trois jours avant le bal municipal !

Ce fameux bal, où elle allait rencontrer Marcel, mon père.


Joyeux Noël à tous !


dimanche 19 décembre 2010

Echange de Noël, suite


Laurence ignorait que j'ai la manie des carnets mais elle me connaissait suffisamment pour savoir qu'un répertoire médiéval allait me charmer.
Mais qu'y noter puisque j'ai déjà un petit carnet d'adresses ?
En ce moment, je passe mon temps à ranger des partitions. Je me suis dit : pourquoi ne pas répertorier mes morceaux de musique médiévale et irlandaise par titre ? Et voilà, j'ai déjà commencé et suis très motivée pour continuer.
Tout cela se marie très bien !

Laurence a également brodé une miniature très jolie (modèle Françoise Prax) montée sur un range-fils réalisé par son oncle. Délicat et rustique en même temps. Seulement, la star ne se laisse pas photographier ce soir alors j'ai volé la photo sur le blog de Laurence (je sais qu'elle me pardonnera !)

vendredi 17 décembre 2010

Echange de Noël


J'ai tout de suite été partante cette année pour un échange de cadeaux avec Laurence, dont l'un devait être brodé.
Voici mon choix... Un free de Drawn Thread, brodé en fils de soie aux couleurs passées et monté en pinkeep.
Ce que j'aime dans ce modèle, c'est le contraste entre les sapins enneigés dans le paysage hivernal et le sapin décoré devant la maison. Le contraste entre naturel et artificiel.
J'ai pour ma part été très gâtée par Laurence mais je vous montrerai ça dans un prochain article, j'espère avant Noël !

dimanche 5 décembre 2010

Prélude à la harpe


Pas facile de parler de la harpe celtique sans tomber dans la caricature d'un univers fantasy où des filles rousses lancent des sortilèges en faisant vibrer les cordes de leur instrument. Même si cela m'a séduit à une époque, je trouve que depuis quelques temps, il y a un peu trop de clones de Loreena Mc Kennit et cela m'agace. Surtout quand elles jouent sans technique, sur des harpes très joliment décorées d'entrelacs celtes mais à l'acoustique douteuse. Quand j'ai commencé à jouer de la harpe celtique, c'était un instrument peu pratiqué (à part en Bretagne) et je déplore que sa vulgarisation sente aujourd'hui un peu trop le marketing. Signe d'époque...

J'éprouve le besoin d'exprimer ici tout ce que m'apporte la pratique de cet instrument qui pour moi, ne peut en aucun cas être limité au répertoire celtique aussi beau soit-il.
Avant l'invention de la harpe à pédales, cet instrument se nommait harpe, tout simplement.
Je vous en dirai plus dans un prochain article.

samedi 27 novembre 2010

Blog à part

Confidence pour confidence, je ne sais pas si je vais continuer encore bien longtemps à venir ici parler broderie. Lassitude ? Baisse d'intérêt pour les petites croix semées sur la toile ?
Il est vrai que je me passionne beaucoup moins désormais pour les nouveaux modèles de tel ou tel créateur, pour les merveilles que certaines brodeuses continuent à réaliser.
Mais surtout, j'éprouve le besoin d'écrire des choses plus personnelles qui n'ont pas leur place dans un blog ouvert à tous. Certains échanges épistolaires sont devenus très importants pour moi et me prennent beaucoup de temps. Contrairement aux articles publiés sur un blog, je sais que mes lettres sont lues et les courriers que je reçois en réponse sont des joyaux précieux en ces temps superficiels. Le peu de commentaires publiés sur mon blog me conforte dans ma décision d'être moins présente ici.
Rassurez-vous : je viendrai encore parcimonieusement distiller quelques écrits mais ils ne seront plus exclusivement consacrés à la broderie. J'ai envie d'ouvrir ce blog à mes autres centres d'intérêt (la harpe principalement), au gré de mes fantaisies.
Je ne ferai donc plus l'annonce systématique de mes nouveaux articles sur accroforum. Je pense que les fidèles sauront trouver le chemin.

A bientôt...

Hélène croix de lune

samedi 20 novembre 2010

Destins croisés

Entre la revue Le Marquoir et mon blog, c'est le chassé-croisé permanent. Soit c'est moi qui publie avec quelques mois de décalage les textes écrits pour cette revue. Soit, c'est le Marquoir que publie mes anciennes nouvelles. Ainsi depuis le numéro 71, Le fil d'Ariane est proposé en épisodes. Voilà qui devrait ravir celles qui préfèrent lire sur du papier.

Le texte ci-dessous a été publié au printemps 2010.
Inspirée par les histoires de la comtesse de Ségur et les récits de Colette sur son enfance sauvage, je voulais raconter l'amitié de deux petites filles à travers la broderie.
J'aime beaucoup les petits rouges qui illustraient l'article.


Adèle et Blanche

ou l'apprentissage du point de croix


Chaque année, dès que venait l’été, notre grande demeure campagnarde s’animait. C’était le temps des visites mondaines qui dérangeaient mes activités de petite fille turbulente. Ma tante parisienne s’installait chez nous pour quelques mois, en compagnie de mes cousines. Le piano résonnait lors d’interminables soirées musicales où le sommeil me gagnait si souvent. Les après-midi consacrés aux travaux d’aiguille me rendaient nerveuse. Je haïssais ces heures interminables dans le boudoir étouffant de ma mère. C’était pire qu’au pensionnat.

- Adèle, votre ouvrage n’avance guère !

- C’est qu’il fait si chaud, ma mère…

- Je crois surtout que vous avez coupé une aiguillée de paresseuse…

Sans doute avait-elle raison. Mes cousines me toisaient du regard. Evidemment qu’elles brodaient mieux que quiconque. Moi, dès que je pouvais, j’allais courir dans les bois. Elles, leur seule occupation étaient de tirer l’aiguille dans un appartement surchargé de tentures. Elles brodaient en attendant celui qui les changerait de lieu de captivité. Je rêvais de liberté et une rage folle me prenait parfois.

- Adèle, à quoi pensez-vous, demandait ma mère, vous allez casser votre fil ou tordre votre aiguille.

- Ou faire un trou dans la toile, rajoutait une des mes secourables cousines.

Pourtant, je les aimais bien, les filles de ma tante. Avec leur teint de porcelaine, leurs jolies dentelles et leur façon de sourire comme si elles s’excusaient d’exister.

Marguerite était la plus âgée. Elle avait terminé cette année son grand marquoir que toute la famille se devait d’admirer comme il se doit.

- Comme les lettres sont bien formées ! Et l’arrière si soignée.

Sa sœur Juliette, d’un an sa cadette, était déjà bien douée elle aussi. Elle avait une volonté incroyable. Comme si elle voulait dépasser sa sœur et lui voler le prince charmant qui serait, à coup sûr, conquis par tant de finesse.

J’avais soif d’aventures dans les bois, de rencontres mystérieuses et sauvages. Hélas, il n’y avait aucun elfe ou lutin par ici. Pas même un garçon. Ma seule amie était Blanche, la fille de la lingère. Je la retrouvais souvent dans l’antichambre encombré de linge à empeser ou à rapiécer. Elle avait presque toujours une aiguille de fil blanc à la main car elle aimait aider sa mère. Le raccommodage était sa principale distraction. La broderie des pauvres gens… Elle prenait tant de plaisir à soigner ses reprises que j’avais honte d’avoir massacré une fois de plus, la toile sur mon tambour. Si seulement, j’avais pu lui laisser mon ouvrage en cachette. Comme elle aurait été ravie de former de belles croix avec des fils de soie ! Parfois, je lui apportais des fins d’aiguillées qu’elle collectionnait comme un trésor.

Un jour que j’étais fiévreuse et devais garder le lit, j’avais souhaité la compagnie de Blanche pour me faire passer le temps. Ma mère avait accepté. Elle estimait beaucoup mon amie qui avait des manières plus posées que les miennes. J’avais demandé à ce que Berthe, notre bonne, m’apporte mon ouvrage.

- Cela me fera du bien, ma mère, de faire quelques points en bavardant.

Ma mère avait certainement pensé que je devais être bien malade pour réclamer ma broderie. En réalité, j’avais dans l’idée de confier mon canevas à Blanche. De lui offrir le bonheur de voir la toile se couvrir de fleurs, peu à peu. Ce bonheur que je n’arrivais pas à éprouver.

Ma mère découvrit ma supercherie, et à ma grande surprise, s’en amusa.

Le lendemain, elle offrit à Blanche un tambour, de la toile à broder et un petit nécessaire rempli de fils de toutes les couleurs.

- Désormais, ma fille, Blanche aura son ouvrage et toi, le tien. Et j’espère que cela te motivera de broder avec ton amie. Regarde comme elle a mis tout son cœur pour arranger les points que tu avais si mal formés.

Et c’est vrai qu’avec Blanche, broder prit une autre saveur. Nous emmenions notre ouvrage un peu partout et faisions quelques points pour nous reposer de nos courses-poursuites dans le verger. Il m’arrivait de grimper dans le vieux cerisier et de broder assise sur une branche, en équilibre. Blanche tirait l’aiguille, le dos bien calé contre le tronc de l’arbre. La broderie était devenue un moment d’espièglerie entre deux petites filles. Nos rires se mêlaient aux chants des oiseaux. Nous semions, de ci de là, des bribes de fils qui s’envolaient au gré du vent.

Nous allions très vite devenir des femmes et la vie nous séparerait. Nous savourions, insouciantes, les dernières heures de notre enfance.

(c) Hélène croix de lune, Le marquoir, n° 69