samedi 25 mai 2013

Portrait d'une harpiste dans Mansfield Park, de Jane Austen


Issue d’une famille miséreuse, Fanny Price est âgée de 10 ans quand elle adoptée par son oncle maternel, Sir Thomas Bertram. Accueillie dans le domaine de Mansfield Park, elle est élevée avec ses cousins Tom, Edmund, Maria et Julia, tous plus âgés qu'elle. Bientôt, de nouveaux jeunes gens venus de la ville arrivent dans les environs : Henry et Mary Crawford, frère et sœur de la femme du nouveau pasteur, le Dr Grant. Leur arrivée bouleverse la vie austère de Mansfield Park, sous les yeux de Fanny, qui vient d'avoir dix-huit ans.

Dans les chapitres 6 et 7, après avoir évoqué les difficultés du transport d’une harpe, Jane Austen laisse Marry Crawford s’exprimer sur son rapport à la musique puis la décrit jouant de son instrument.

Illustration de Mansfield Park, C.E. Brock, 1908
- Monsieur Bertram, dit-elle, j’ai enfin reçu des nouvelles de ma harpe. On m’assure qu’elle est arrivée à Northampton en bon état ; et elle est probablement là-bas depuis dix jours déjà, en dépit des assurances solennelles et contraires que l’on nous a si souvent données.

Edmund exprima sa surprise et sa satisfaction.
- Pour dire le vrai, reprit-elle, nos questions étaient trop directes ; nous avons envoyé un domestique ; nous y sommes allés nous-mêmes : cela n’est pas le bon procédé quand on se trouve à soixante-dix milles de Londres ; mais ce matin, nous en avons entendu parler comme il se doit. Elle a été aperçue par un fermier, qui en a parlé au meunier, puis le meunier en a parlé au boucher, et le gendre de ce dernier a laissé un message pour nous à la boucherie.
- Je suis très content que vous en ayez des nouvelles, quelque soit le moyen qui ait été employé ; et j’espère qu’elle arrivera sans plus tarder.
- Je devrais la recevoir demain ; mais comment croyez-vous qu’elle va être transportée ? Ni en chariot, ni en charrette ; oh non, nous n’avons pu louer aucune voiture de ce genre au village. J’aurais tout aussi bien pu réclamer des porteurs ou une charrette à bras.
- Vous rencontrerez, j’imagine, des difficultés pour louer un cheval et une charrette en ce moment, alors qu’on se trouve au beau milieu d’une fenaison très tardive.
(…)
- Je finirai un jour par comprendre vos usages ; mais en arrivant en ce lieu, armée d’une des maximes si prisées à Londres selon laquelle tout s’achète, je me suis sentie au début plus décontenancée par la vigoureuse indépendance d’esprit qui caractérise vos coutumes campagnardes. Néanmoins, il faut que je fasse prendre ma harpe demain. Henry qui est la générosité même s’est offert à aller la chercher avec sa calèche. N’est-ce pas pour elle un moyen de transport assez noble ?
Edmund dit que la harpe était son instrument de musique préféré et qu’il espérait être bientôt autorisé à voir Mlle Crawford en jouer. Fanny qui n’avait jamais entendu le son de la harpe, ajouta qu’elle désirait vivement, elle aussi, goûter ce plaisir.
- Je serais très contente de jouer pour vous deux, assura Mlle Crawford, du moins aussi longtemps qu’il vous plaira de l’écouter ; sans doute bien au-delà, même, car de mon côté, j’ai une passion pour la musique ; et là où les goûts sont par nature comparables, c’est l’interprète qui retire toujours le plus de satisfaction. Maintenant monsieur Bertram, si vous écrivez à votre frère, je vous demanderais de lui annoncer que ma harpe est bien arrivée, car je lui ai souvent confié combien j’en étais privée. Et vous ajouterez, je vous prie, que je vais répéter les mélodies les plus élégiaques dans l’attente de son retour, par compassion pour lui, car je sens que son cheval va perdre.
 (...) 

 L’attraction qu’exerçait Mlle Crawford ne diminua pas. La harpe arriva et ajouta encore à sa beauté, à son esprit et à sa bonne humeur, car elle se mit à en jouer avec la plus grande obligeance, un sens de l’expression et un goût qui lui allaient fort bien, et elle trouvait  toujours quelque remarque intelligente à faire à la fin de chaque morceau. Edmund se rendait au presbytère tous les jours pour se laisser aller à la joie d’entendre son instrument favori ; chaque matin lui assurait une invitation pour le lendemain, car la demoiselle ne pouvait être fâchée d’avoir un auditeur, et tout alla bientôt bon train.
Une jeune fille, aimable et vive, pinçant une harpe aussi élégante qu’elle, toutes deux placées auprès d’une porte fenêtre qui donnait sur une modeste pelouse, entourée de buissons couverts d’un touffu feuillage d’été, voilà qui était bien propre à gagner le cœur d’un homme. La saison, le cadre, l’atmosphère même favorisaient les tendres sentiments. Mme Grant et son tambour à broderie n’étaient pas non plus sans leur utilité ; tout n’était qu’harmonie (…).

samedi 11 mai 2013

La harpe (Albert Sérieys, Le jardin fermé)

Depuis plus d'un mois, je brode ce long poème sur ma housse de harpe : 

D’une forme d’aile d’ange
Qui s’éploierait en frissons
De murmures et de sons
Ineffables, elle échange,
Hymnes, avec vous des airs
Fluides, soyeux et clairs.


Il faut qu’une main de femme
Rôde à travers ce fouillis
D’ors mêlés de gazouillis,
Pour qu’au mieux vibre la trame
Nuancée, aux souples fils,
Des enchantements subtils,


Et c’est une broderie
Qui s’ébauche peu à peu,
Lumineuse dans le bleu
D’une poussière fleurie,
C’est comme un tapis flottant
Sur l’eau vierge d’un étang.


Et la source qui bruine,
Rafraîchissante rumeur,
Léthé du sous-bois charmeur,
Est encore moins enfantine,
Berce moins d’azur réel
Que la harpe au chant de ciel.
Poème idéal pour mon projet puisqu'il associe harpe et broderie. Je vous montre des images dès que j'aurais terminé la 2e strophe !

Angeli Laudantes, 1898 (tapisserie  Morris & co d'après Burne Jones)



vendredi 29 mars 2013

Couronne de printemps

 J'aime décorer ma maison au printemps. Cette année, j'avais envie d'accrocher une couronne sur ma porte. J'en ai trouvé une en branchage que j'ai décoré de petites fleurs en papier ou en tissus, de plumes, d'oiseaux... 



Il ne reste plus au printemps qu'à venir sonner chez moi !

Joyeuses fêtes de Pâques


mercredi 6 mars 2013

A vos mouchoirs



Merci à toutes celles qui participent à cet hommage en mouchoirs au Marquoir !

Non, ce n'est pas la fin de ce blog (ni la fin du monde). "A vos mouchoirs" est le titre de d'un texte écrit spécialement pour le dernier numéro du Marquoir que les abonnées ont du  recevoir. C'est une sorte de point d'orgue aux aventures de la mercière Béatrice et ses amies que je me suis amusée à raconter dans "Les mots brodés".

Et comme dans mon histoire, je vous invite à publier sur votre blog des photos de mouchoirs pour dire symboliquement au revoir au Marquoir. Et comme je suis une grande curieuse, merci de m'indiquer dans un commentaire si vous participez à cet hommage. Je suis certaine que ce sera très beau, un peu comme l'aventure des Fils en poussière !



A vos mouchoirs

La féerie de Noël s’était éteinte, guirlande après guirlande ; la mercerie semblait bien silencieuse en ce mardi matin d’hiver. Je serais bien partie me reposer quelques jours à la montagne, afin d’oublier toiles de lins et écheveaux…
Un important courrier que je n’avais pas eu le courage de traiter samedi dernier attendait sur le comptoir, à côté du fragile coupe-papier offert par le club de point de croix local. Seules les lettres d’amies ou de clientes méritaient son usage, les factures pourraient bien attendre quelques jours de plus. Certaines brodeuses m’envoyaient leurs vœux de nouvel an accompagnés de petits cadeaux faits main. Je me réjouissais comme une enfant en déchirant les enveloppes rembourrées de surprises ravissantes : accroches ciseaux, pochettes en patchwork, carnets… Tous ces petits riens inutiles qu’on échange entre passionnées et qui rendent perplexes les non initiées.
Je m’apprêtais à ranger les revues reçues dans le panier à journaux, quand soudain je le vis : le dernier numéro du Marquoir ! Son joli titre, rouge comme les abécédaires d’antan, était imprimé pour la dernière fois sur cette couverture glacée dont j’aimais tant la douceur. Je ne pensais pas être autant émue en déchirant le film plastique qui protégeait ce bulletin. Allais-je tout oublier et le dévorer debout, derrière mon comptoir ? Ou comme à mon habitude, attendre l’heure du thé pour m’installer à ma petite table bistro en compagnie d’un peu de lecture ? Après tout, je pouvais bien faire une pause dès maintenant.
Pendant que l’eau frissonnait dans la bouilloire, je songeais à tout ce que j’avais appris dans le Marquoir, à toutes les découvertes, rencontres que j’avais faites simplement en tournant ses pages. D’autres magazines avaient cessés de paraître et j’avais survécu. Il y avait des choses plus graves dans la vie que l’arrêt d’une revue, la dissolution d’une association. Il n’empêche, j’avais le cœur serré en parcourant l’éditorial.
Il me semblait deviner en filigrane la disparition de toute une époque. Rien ne dure, tout change, se transforme. Le monde est en perpétuelle métamorphose. Oui mais moi, Béatrice, mercière un peu trop idéaliste, quelle place allais-je garder dans ce monde instable ? Combien de temps allais-je pouvoir encore vivre mon rêve de chiffon ? J’étais triste à l’idée de mettre moi aussi, la clé sous la porte. Bientôt, peut-être. Trop tôt, sans doute.
Alors, pour chasser ma peine, éloigner mes angoisses, je me mis à refaire frénétiquement  ma vitrine. Il était temps de ranger les sapins enneigés. Je choisis d’exposer mon impressionnante collection de mouchoirs en dentelles ou à monogrammes brodés ; ce serait  ma manière de dire symboliquement au revoir au Marquoir, comme lorsque jadis on agitait ces morceaux d’étoffe au moment des grands départs.

Et puis rien de tel que la douceur d’un mouchoir pour essuyer ses larmes et repartir, consolée.

mercredi 13 février 2013

Ann Grove, enfin...

Je suis heureuse de venir à bout de ce long marquoir. Quel bonheur de broder cette belle demoiselle accompagnée de ses oies curieuses après les longs alphabets, l'immense frise.

 Il me reste à terminer le remplissage des fleurs du pourtour au point lancé et je pourrais passer à une autre composition pour remplir ma housse de harpe. J'ai déjà une petite idée...



mardi 22 janvier 2013

La renarde, Mary Webb


Hasard ou pas, j'ai acheté ce roman anglais qui semblait avoir été écrit pour moi : harpe et féerie y sont à l'honneur. Quelle émotion de découvrir une auteure que je ne connaissais pas encore, un univers personnel et original. Cela change des romans nombrilistes à la mode !
Ecrit en 1917, La Renarde est le deuxième roman de Mary Webb, un conte romantique et puissant dont l'intrigue se situe au coeur d'une nature mystérieuse. Hazel Woodus, jeune fille sauvage de dix-huit ans, vit avec son père dans la campagne anglaise. Il est harpiste, apiculteur et fabricant de couronnes mortuaires. Sa mère, bohémienne du Pays de Galles, est morte quand elle avait 14 ans, lui laissant un vieux manuscrit qui traite des charmes et sortilèges.
Amoureuse de la nature, elle aime vagabonder dans les bois en compagnie de sa renarde apprivoisée. Mais les bois, comme les terres environnantes, appartiennent à Jack Reddin, chasseur passionné. Les chemins de Hazel et Jack se croiseront donc, sans doute pour le pire. A moins que le révérend Marston, qui épouse Hazel, ne réussisse à éloigner la jeune femme de cette contrée...
J'ai adoré les personnages de cette histoire. Hazel, sorte de Fifi Brindacier perdue dans le monde des humains. Son père Abel, homme des bois solitaire.

Jamais Abel n’était plus heureux qu’aux moments où, assis comme un barde devant des ruches écumantes d’activité, il tirait de sa harpe, des sons qu’accompagnait le grondement voilé du labeur en train dans les rayons. Ses moyens d’existence étaient autant de joie pour cet homme. Il possédait le secret du bonheur en ce qu’il pouvait gagner de quoi se suffire en faisait ce qu’il aimait, il jouait de la harpe aux concours agricoles, aux bals de village, aux fêtes religieuses, aux mariages. Il vendait son miel et quelquefois ses abeilles. Il prenait plaisir à tresser des couronnes mortuaires, à jardiner, à menuiser, et toujours il avait à son horizon sa musique – un air nouveau à essayer sur sa harpe dorée, un arpège à combiner, une difficulté de virtuose à vaincre.

Tiraillée entre deux amours, entre la pureté ou la volupté, Hazel  se sert d'un sortilège de sa mère pour savoir quelle décision choisir : rester avec le révérend qui l'aime comme une icône ou retrouver les étreintes charnelles de Jack....

Muse en dalmatique jouant de la harpe, Ernest Hebert
Sa mère disait qu’avant une entreprise importante, il fallait interroger les harpistes. Le livre expliquait comment. On se rendait sur une colline solitaire et là, les yeux fermés, on écoutait. Si l’entreprise était bonne, un son de harpe vous parvenait de très loin, car, au sommet d’une colline violette, invisible aux humains, de petites créatures d’argent jouaient sur des harpes d’or. Elles jouaient du lever au coucher de la lune. Et quand le soleil montait, elles pleuraient de pitié pour ceux qui ne les avaient pas entendues. Si on les entendait, aussi faiblement que ce fût, c’était bon présage : on mènerait l’entreprise jusqu’au bout et sans larmes. Mais il fallait attendre patiemment et ne parler de rien à personne.  [...]
 Elle reprenait le chemin du presbytère quand une note de musique égarée, semblait-il, dans l’espace, résonna à son oreille. Puis, quelques notes encore, ténues, argentines, aspergèrent, en quelque sorte, le silence. L’air se perdait au loin, mais ces sons étaient sans aucun doute, des sons de harpe.
 -          Les fées ! murmura Hazel. Faudra que j’y aille !  [...] 
 Elle ne sut jamais que le harpiste n’était autre que son père qui revenait chez lui, après une des nombreuses assemblées où il se rendait en été, et qui s’accordait de fréquents repos, en raison de la bonne bière qu’il avait bue. Pauvre Hazel ! Sa brillante pléiade de fées était un ivrogne, et un caprice passager de cet homme venait de décider de son sort.

mardi 1 janvier 2013

Sagesse tzigane pour une nouvelle année


"Que ceux qui se lèvent à l'aube se rafraîchissent d'abord le visage, puis regardent au-dehors.
S'ils respectent le monde qu'ils voient, alors ils seront toujours satisfaits de leur vie.
Chaque chose en son temps, de la plus grande à la plus petite.
Si vous savez les apprécier toutes, alors vous serez heureux toute votre vie".

Extrait de : Sur ces chemins où nos pas se sont effacés : souvenirs d'une tzigane d'Alsace, Louise "Pisla" Helmstetter, éditions de la Nuée bleue.


Bonne année 2013 à vous tous...

lundi 24 décembre 2012

Joyeuses fêtes !


Et n'oubliez pas de suivre votre bonne étoile...

Il y a toujours une lumière, même dans la nuit la plus profonde. Parfois, il suffit de savoir qu'elle existe quelque part pour ne pas perdre son chemin.

Un très bon Noël à vous tous !
Et une pensée pour ceux qui passent ce réveillon à l'hôpital...

vendredi 14 décembre 2012

Les harpes de ma vie, n°3


Elle est celtique mais surtout japonaise...
Elle partage ma vie depuis de longues années déjà. 
Elle a résonné dans différents coins d'Alsace et m'a suivi en Picardie, ma harpe à l'anneau d'or.

Elle joue les coquettes avec sa frise végétale en marqueterie.
Quand elle est désaccordée, c'est que je ne vais pas très bien. Elle est en quelque sorte mon baromètre.

Parfois, je rêve d'en avoir une autre. Plus petite, plus rustique, pour le répertoire médiéval mais je n'arrive pas à lui être infidèle. Elle s'est faite à mon jeu, je me suis adaptée à sa sonorité. Une parfaite alchimie règne entre ses cordes et mes doigts. 

Je lui dois tant d'heureux souvenirs, d'émotions intenses ! Elle m'aide à me retrouver : dès que je la fais basculer sur mon épaule, mon coeur chavire. Ma vie repart...

lundi 10 décembre 2012

Quand on aime...

Quand on aime, on ne compte pas...

La première fois que j'ai brodé la grille Alexandre 98, j'étais encore jeune fille. A l'époque, j'achetais des abécédaires imprimés sur toile et je suivais les croix dessinées à l'encre noire. Cela n'était pas très régulier comme travail mais je n'étais guère perfectionniste et faisais même des noeuds à l'arrière...

Quand j'ai participé au Sal Alexandre, cela a fait tilt : j'ai reconnu la grille brodée dans mon adolescence.

Et comme c'est la broderie préférée de mon aide ménagère, j'ai décidé de la lui offrir pour Noël !

Jamais deux sans trois...



samedi 8 décembre 2012

Dommage



Un joli modèle de Blackbird Designs que je n'arrive pas à finir... Commencé à l'hôpital, il me rappelle des heures difficiles chaque fois que je reprends l'aiguille en sa compagnie. L'angoisse monte, il n'y a rien à faire. 
Et pourtant lors de mon hospitalisation, chaque petite croix formée sur cette toile était comme une victoire. De retour chez moi, c'était comme si les pôles s'étaient inversés. 
A quoi bon le terminer puisque de toute manière, je n'arriverai pas à le regarder sereinement ? Ni à l'offrir car on offre pas quelque chose que l'on associe à la douleur. La dernière solution serait peut-être de le terminer dans les salles d'attente de l'hôpital de jour où je retournerai deux fois par semaine en janvier et février. Ma broderie doudou des heures longues...
Et ensuite l'oublier au fond d'un tiroir bien fermé à clé.

dimanche 11 novembre 2012

Mobile dans le vent d'automme


Trois feuilles brodées et collées sur du carton recouvert de tissu évoquant la saison... 

Et voilà, ma petite décoration d'automne ! Brune, rouge et jaune, les feuilles sont orientées de manière différente. Comme si elles tourbillonnaient dans le vent.

Un bricolage réalisée rapidement et 


vendredi 2 novembre 2012

Broder l'automne

 Une jolie grille trouvée sur le blog de martine290... Je vous conseille d'ailleurs d'aller vous y promener car il y a plein de grilles de qualité créées par Martine et offertes avec générosité.
Une trop grande paresse pour réaliser ce modèle en entier m'a donné l'idée de ne broder que la feuille d'automne en plusieurs exemplaires. 

Pour les réaliser, j'ai puisé au hasard de mon inspiration dans le tiroir de mes fils américains, toujours aussi splendides. 

 
 J'ai disposé les couleurs au hasard de ma fantaisie. Il me reste encore plein d'autres feuilles à ramasser broder. Que vais-je faire de ce bouquet aux couleurs automnales ? Il faudra revenir pour le savoir...


dimanche 28 octobre 2012

Saison de mon coeur

Reprendre mes petites habitudes... me retrouver après un long séjour de trois semaines à l'hôpital. Voici le programme de mes journées !
J'aime visiter mes blogs préférés même si je suis trop fatiguée pour laisser des commentaires. Ils me parlent de bonheurs simples, de joie de vivre. Ils me redonnent l'envie de faire des choses.


J'aimerais beaucoup me promener dans la nature mais je suis encore trop fragile. Alors je me souviens des automnes de mon enfance, parfum des girolles, bruissement des feuilles chiffonnées aux couleurs fauves.


Cette saison mélancolique, est peut-être ma préférée.   

samedi 25 août 2012

Enfin des nouvelles...

Merci pour vos commentaires, témoignages et attentions... Loli-lola, ta carte vitaminée trône désormais sur ma cheminée et ton marque-page ne quitte plus mon livre.

Vos réflexions m'ont beaucoup aidé durant les premiers mois de mon traitement. La maladie permet de grandir, j'en suis certaine. D'autant plus que j'ai soudain le temps de réfléchir. C'était assez déroutant au début.
Difficile parfois de ne pas culpabiliser. Surtout les jours où je suis en forme et me demande pourquoi, finalement, je ne reprendrais pas le travail, je ne passerais pas moi-même l'aspirateur, etc. Mais je sais que je dois garder mes forces pour l'essentiel : rester en meilleure santé possible pour ne pas faiblir lors de la prochaine étape de l'autogreffe, fin septembre.
J'arrive à nouveau à me concentrer sur mes lectures. Je lis ou relis les grands auteurs (en ce moment Balzac). Je rejoue de la harpe depuis la semaine dernière. Quel bonheur de ne plus avoir les mains qui tremblent comme mon héroïne d'Ad Libitum !
 
Et je continue de broder ma grande housse de harpe, tout lentement. J'aurais bientôt fini le cadre du dernier marquoir d'Angleterre.

J'ai repris un ouvrage quaker abandonné et qui m'occupe dans la salle d'attente d'hématologie. J'ai l'impression que quand je brode, tout me semble plus paisible... Les gens me sourient, certaines personnes âgées me parlent d'autrefois, quand leur mère, soeur ou femme tiraient l'aiguille.
 
Je fais des projets pour ma grande période d'isolement en hôpital, fin septembre ! Un petit Blackbird Design pas trop compliqué dont j'aime les tons passés. Je ne sais pas si j'aurais le courage de broder mais même si je ne fais qu'une seule croix par jour, j'aurais l'impression d'être vivante. C'est important pour mon moral.
A bientôt !

mercredi 13 juin 2012

Pas facile...

Je ne dois d'explications à personne. Après tout, ma vie, c'est ma vie et si je veux, je peux arrêter mon blog à tout moment sans avoir à me justifier. Mais j'ai reçu tant de bonheur à travers vos messages ici que je préfère vous dire pourquoi je n'écris plus en ce moment : on a découvert que j'avais une maladie du sang, un myélome (cancer de la moelle osseuse). J'essaie de supporter les traitements moi qui était plutôt médecine douce et homéopathie. J'essaie de tenir le coup en vivant au jour le jour, sans penser au pourquoi de cette maladie (cela ne sert à rien), ni à l'avenir lointain car c'est une maladie qu'on ne guérit pas mais qu'on peut mettre en veilleuse. Je brode encore un peu mais je suis vite fatiguée. Pour le reste, c'est pareil. Mon mari et ma fille sont formidables. Sans eux, je ne sais pas si je tiendrais moralement.

Etrangement, je trouve que presque toutes mes nouvelles (de la série "Les mots brodés", publiées partiellement dans le Marquoir) parlent de la mort ou de la maladie.  Cela ne m'avait pas frappé.

Je ne ferme pas ce blog, je reviendrai quand j'aurais envie de vous dire quelques mots, sans trop étaler mes malheurs.

Je pense à tous ceux qui souffrent dans leur corps, dans leur coeur. Je pense à certaines rencontres faites à l'hôpital et qui ont changé ma vie. Je pense que j'ai la chance de croire qu'il y a une force spirituelle au-dessus de moi qui me guide. Même si je ne sais pas comment la nommer.

dimanche 22 avril 2012

Des trous, encore des p'tits trous...

En avril, ne te découvre pas d'un fil...
J'ai suivi l'adage et j'ai été bien silencieuse, occupée à faire apparaître sur la toile de ma housse de harpe, un immense alphabet au point d'oeillet.


Je fredonne souvent la chanson de Serge Gainsbourg, le Poinçonneur des Lilas en tirant sur mon fil pour accentuer le jour au milieu du point. Il se fait parfois de drôles de connexions dans la tête d'une brodeuse à l'ouvrage !


Pour celles qui avaient aimé, dans l'article précédent, mon découpage de canivet, je vous invite à aller voir le blog de Lisele, la créatrice de ces merveilles. Il y a un lien vers sa boutique également. Toutes à vos ciseaux.

dimanche 4 mars 2012

Découpage



Il y a fort longtemps, je m'étais acheté un kit au musée de l'Imagerie populaire à Pfaffenhoffen. Pour décorer mes fenêtres de jolis canivets.







 

Mais que c'est difficile, même à cette échelle ! Le principe est de découper le modèle (en blanc) en même temps que l'ouvrage final (en rouge). Et ce n'est pas évident... Les feuilles glissent. Le cutter a vite fait de déraper.



Tant pis pour les imperfections, je me suis quand même bien amusée. Et puis, je n'avais sans doute pas les bons outils (:-)


samedi 28 janvier 2012

Fantomatique

Ma housse commence à se remplir grâce à l'immense ouvrage brodé par Ann Grove que j'ai décidé de reproduire à gauche de celui de Mary Glover (Marquoirs d'Angleterre, Isabelle Mazabraud-Kerlan).
Je n'en suis même pas à la moitié mais qu'importe ! J'aime désormais les projets qui s'inscrivent dans le long terme. Et quand j'aurais terminé de remplir cette toile, il faudra faire l'autre côté.


samedi 7 janvier 2012

On est en 2012



La douce caresse d'une plume
Le parfum discret d'une rose
Pour vous souhaiter une belle année...

Pour ma part, je vais essayer de ne pas perdre le la
Et de retrouver une certaine sérénité.

Je serai présente ici seulement quand j'en aurais vraiment envie... ne vous inquiétez pas de mes absences. Je me suis rendue compte que la publication journalière en décembre avait été très lourde à gérer et je n'ai plus envie de me mettre autant de pression en 2012.