mercredi 31 décembre 2008

Fil en poussière (mise à jour)

Edit du 7 janvier : vous êtes environ 130 inscrites. Merci beaucoup pour votre participation enthousiaste. Une brodeuse talentueuse nous a fait la gentillesse de créer une grille spéciale Fil en poussière : il s'agit de Catwooman
Merci beaucoup ! J'aime la spontanéité de cette démarche.





Certaines d'entre vous connaissent peut-être Pierre Rabhi... J'ai lu certains de ses livres et j'aime sa vision du monde. La manière dont il fait revivre la terre juste avec une infime goutte d'eau est miraculeuse et ses expériences sur le compost, fantastiques.
Est-ce pour cela que je suis sensible au recyclage ? Peut-être. En tout cas, lorsque je termine une broderie, je suis toujours impressionnée par la quantité de bouts de fil perdus qui traînent dans le petit vide-poche qui me sert à les recueillir. Et c'est à regret que je les jette à la poubelle. Souvent le mélange qu'ils forment rappelle l'harmonie chromatique de la broderie. D'autres fois non... C'est assez étrange. Je sais que certaines d'entre vous les gardent pour rembourrer des coussinets. Il m'est arrivé d'en secouer dans mon jardin dans l'espoir qu'un oiseau les récupère pour en tapisser son nid. La plupart du temps, il en traîne un peu partout et cela m'agace.

Je connaissais l'installation d'une artiste, Marie Claude Quignon, qui avait demandé à des femmes exilées de placer dans des bocaux Le Parfait, des choses précieuses à leur coeur. C'était souvent des choses bien ordinaires.

Alors, j'ai eu envie de faire une expérience. Et de vous y associer. Durant un an (jour pour jour), au lieu de jeter les chutes de fils de nos aiguillées, pourquoi ne pas les mettre dans un joli récipient transparent ? Petit à petit, il va se remplir. Cela formera comme des strates. Une sorte de mémoire effilochée de nos ouvrages d'une année.

Voici donc le SAL pas comme les autres que je vous propose cette année...
Facile à faire et qui vous permet de broder tout ce que vous voulez :
* Date de début de la collecte : le 11 janvier 2009 , première nuit de la pleine lune de l'année 2009.
* A partir de cette date, ne jeter plus vos bouts de fils mais conserver les dans un récipient transparent (pot à confiture, verre, bocal, tube à essai, vase, vérine, que sais-je encore...). Vous pouvez les mélanger ou les trier par couleur.
* A chaque nouvelle lune, je vous demanderai de montrer l'état de votre collecte sur votre blog.
* Au bout d'un an, nous serons peut-être impressionnées par cette expérience de ramassage de vieux fils. Que deviendront tous nos petits bouts de fil ainsi récoltés ? Peut-être rien. tout cas, nous avons une année pour y réfléchir ensemble.
Alors qui est partante pour participer à cette aventure collective, modeste et humble ? Inscription sur mon blog jusqu'au 10 janvier 2009. La seule obligation étant de bien commencer notre collecte, le 11 janvier.

mardi 30 décembre 2008

En 2008...


Rétrospective de l'année

Quelques marquoirs dont celui de Justine qui devrait être terminé en 2009, du rouge, des petits cadeaux et beaucoup de temps passé avec le Salalexandre (dont je n'ai pas le courage de terminer les accessoires, je l'avoue).
Que le temps passe vite (trop vite) à broder !
Rendez-vous dès demain pour un projet 2009 qui, je l'espère, vous surprendra...

Très bonne année 2009 à tous.
Gardons surtout la forme pour continuer à avancer.

vendredi 26 décembre 2008

Ad libitum, nouvelle édition

Certaines de mes fidèles lectrices m'avaient demandé pourquoi ma nouvelle Ad Libitum n'avait pas été publiée sur mon blog. Voici qui est chose faite. Ces quelques jours entre Noël et l'An vous permettront peut-être de lire ou de relire mon histoire. J'ai conservé la présentation complète et allégée que Sof' avait proposé sur son blog, dans la rubrique Les Mots brodés. Qu'elle soit encore remerciée pour sa collaboration à ce projet.
Pour voir la nouvelle en grand, cliquer sur le bouton tout à droite.
Une nouvelle histoire d'Hélène croix de lune à découvrir dans le dernier numéro du Marquoir : la Légende d'Isador.


mercredi 24 décembre 2008

Conte de Noël... pour petits et grands


Noël , noël : fête de la lumière au coeur de la nuit la plus longue de l'année.


Il y a quelques années, j'avais écrit cette histoire pour ma fille. Je l'offre aujourd'hui à tous ceux qui ont su garder une âme enfantine. Mon plus beau cadeau de Noël serait que certains parents (ou grands-parents) lisent ce conte aux petits enfants impatients d'ouvrir leurs paquets. Juste quelques minutes de complicité entre générations...



Le lampadaire


Comme des milliers d’écoliers, Diane et Théo sont deux petits enfants qui n’aiment guère se lever le matin pour aller à l’école. Même les bonnes tartines de maman et l’odeur du chocolat chaud n’arrivent pas à les tirer de leur lit douillet. Et c’est de mauvaise humeur, qu’ils partent de la maison, leur cartable sur le dos.


Comme des milliers d’écoliers, Diane et Théo trouvent toujours des excuses pour ne pas aller se coucher de bonne heure. Un coloriage à finir pour papa rentré tard, une récitation à revoir, un chapitre à terminer, un bisou à donner…


Un jour, dans leur rue, le vieux lampadaire était tombé en panne. Il s’était d’abord mis à éclairer en plein midi, puis à clignoter la nuit avant de s’éteindre définitivement.


Une certaine agitation régnait autour de l’équipe venue réparer l’éclairage public.


- J’espère que le lampadaire éclairera ce soir, car je n’aime pas que mon mari rentre du travail dans l’obscurité, disait une vieille dame inquiète.

- Mes enfants qui ont peur du noir, ont fait des cauchemars cette nuit, se plaignait une mère fatiguée.

- Les miens qui n’aiment déjà pas se coucher d’ordinaire, sont restés devant la fenêtre hier soir, sous prétexte qu’ils voulaient voir le lampadaire s’allumer, indiqua la maman de Diane et Théo. Impossible de les lever ce matin ! C’était pire que jamais.


Or parmi les électriciens de la ville, travaillait Monsieur Ernest. Il était un peu magicien et savait parler aux fées mais personne ne le savait. Les autres le trouvaient un peu étrange, mystérieux et silencieux.


- Cette rue est vraiment d’une tristesse, pensa-t-il, il faudrait faire quelque chose…


Une petite formule magique prononcée, une pincée de poudre d’étoiles déposée à l’intérieur du globe électrique et hop, Monsieur Ernest redescendit de son échelle en souriant.


Le soir tombait sur la rue des Ormes. Le lampadaire allait-il enfin s’allumer ? Sept heures sonnèrent au clocher de l’église lorsque, soudain, la lumière fut. Et quelle lumière ! Multicolore et dorée, éclatante comme un feu d’artifice, elle illumina la rue avant de s’adoucir en une tendre lueur orangée, apaisante. Une faible mélodie, qui ressemblait à celle du vent, charma le cœur des enfants à l’heure du coucher. Le marchand de sable endormait jadis les enfants en leur lançant de la poussière dans les yeux. Le lampadaire de Monsieur Ernest, lui, était bien plus délicat…

Calmés par cette douce musique, émerveillés par ces jeux de lumière, les enfants, y compris Diane et Théo, se blottirent sous leurs édredons et s’endormirent avec bonheur.


Une autre surprise les attendait le lendemain matin. A l’heure où Diane et Théo n’arrivaient pas à se lever d’habitude, ils furent chatouillés dans leur lit par un étrange arc en ciel qui provenait du lampadaire.


- Après la pluie, le beau temps… Après la nuit, le jour, semblaient leur dire les rayons de lumière.


Depuis ce temps, Diane et Théo ainsi que tous les enfants de la rue des Ormes, sont des écoliers heureux, toujours contents de se lever ou de se coucher.


Pourvu que le lampadaire magique ne tombe plus jamais en panne… N’ayez crainte, Monsieur Ernest y veille !


(c) Hélène, croix de lune, 2008

J'espère que mon histoire vous a plu. Elle serait mieux illustrée (avis aux amateurs).

Je vous souhaite de joyeuses fêtes...

dimanche 21 décembre 2008

Maison en terre picarde

Je vis dans une maison qui de 1978 à 2000 était celle du poète Ivar Ch'Vavar.


Un artiste que j'ai appris à connaître depuis. Avec sa femme Dominique, ils sont restés précieux à mon coeur.
Il y a deux ou trois ans, j'ai joué de la harpe celtique à une après-midi poétique qu'ils donnaient pour leurs amis. Un moment inoubliable. Mais c'est sans doute la dernière fois que je jouais en public tellement cela m'a impressionnée !

Ivar Ch'vavar écrit en langue picarde mais pas seulement. Je voulais lui rendre hommage et marquer symboliquement son passage dans notre maison.
Cela me plaisait de broder du picard car c'est une langue qui me rappelle le patois de ma grand-mère, du côté du Val de Villé. J'ai été heureuse de trouver dans son oeuvre un poème qui parlait de maison, d'aiguilles et de lourds tiroirs même si le reste est un peu obscur !


Moézon

chés doèts d'noùs t:êtes a floesse rache
s'aclotant dsu chés roses
ed fu
...afiques, adjules, agrapes
agreuhé-yes din chés tiloès chés lourds
tiloés, ablouques, coérions...
pi chés tayons a zius blancs
is balonchoè't' lù minton
chés raùts-bayés din lù-z oeréles
foes soùles dzeur lùs t:êtes

Maison

les doigts de nos têtes à molle rage
s'agglutinant sur les roses
...épingles, aiguilles, fibules
engourdies dans les tiroirs les lourds
tiroirs, boucles, cordons...
et les aïeux aux yeux blancs
balançaient le menton *
les loirs dans dans leurs oreilles
faux soleils sur leurs têtes

* baloncheu-ye sin minton : manger
L'Invention de la Picardie, 9


Les maisons amiénoises sont traversées par un long couloir très étroit dans lequel il est bien difficile de placer des meubles, mêmes petits. Impossible de mettre le compteur de l'entrée dans un placard. J'ai donc eu l'idée de fabriquer un habillage en lin d'ameublement et d'y broder mon poème. C'est difficile à photographier mais je pense que l'on peut se faire une idée du résultat.



Pourquoi un petit crabe juste à côté du nom ? Tout simplement parce que Ch'Vavar veut dire crabe en berckois.

Si vous désirez en savoir plus sur ce poète, les éditions Flammarion viennent de republier sa revue le Jardin ouvrier (magnifique titre, je trouve) et le numéro 78/79 de la revue Plein Chant lui est consacré.

samedi 20 décembre 2008

Echange de Noël


Fil V. Clayton Baneberry, modèle Sapin d'Elisa

Il y a quelques mois, j'ai proposé à Sylvie un échange de cadeaux brodés pour Noël. A l'époque, je la connaissais peu et je ne sais pas si qui m'a décidé à le lui demander. L'intuition que nous allions devenir très proches au point de nous écrire de vrais lettres ? Peut-être. En tout cas Sylvie est devenue une personne importante pour moi. Derrière son humour corrosif se cache une sensibilité immense et extrêmement touchante.
Je savais que Sylvie collectionnait les ciseaux et le sapin d'Elisa de cette année ne pouvait tomber mieux. Sylvie avait lancé une grand débat sur accro pour savoir de quelle couleur nous allions broder ce modèle. Cela m'a donné l'idée de sortir ce fil Vikky Clayton, passant du rouge au vieux rose et au vert (pas facile d'ailleurs à répartir sur cette grille). J'ai utilisé la même toile Cashel que pour le Salexandre mais sans la teindre. Elle est juste un peu trop lâche pour du 1/1 fil mais je l'aime bien quand même.


Sylvie aussi s'est cassé les yeux avec du 1/1 fil pour broder ce délicat père Noël Prairie Schooler. Je confirme : aucune épingle n'est tordue ! L'an passé, j'avais brodé pas mal de modèles Prairie Schooler pour mon Salpin. La simplicité de ce modèle-ci me plait. Je n'aime pas les Prairie Schooler trop chargés.
Merci Sylvie pour ton choix et ta finition parfaite (et tes cadeaux supplémentaires).


Et puis je suis sûre qu'avec toi, l'aventure se s'arrêtera pas là.

jeudi 18 décembre 2008

La lettre S


S comme Super anniversaire de Sylvie, alias Berlioz le chat qui rêve en bleu. Et pourtant mon coussinet est dans les tons de l'automme, allez savoir. En fait, je me suis inspirée de mes ciseaux Sajou en imitation nacre.
Un tout petit présent pour un grand anniversaire (si j'avais su que Sylvie changeait de dizaine, j'aurais brodé quelque chose de moins petit...)
Heureusement qu'il y avait autre chose dans mon paquet. A découvrir prochainement.

jeudi 11 décembre 2008

Oiseau en liberté


Plaisir de l'hiver : regarder depuis ma fenêtre la valse des mésanges et le festin solitaire du rouge-gorge...
Merci à Danybrod pour ce très joli modèle qui s'est envolé depuis son blog pour se poser chez moi. J'adore et je vais peut-être en faire un autre monochrome.

dimanche 7 décembre 2008

Archives


Datant de l'an quarante (ou plus exactement de 1793), un document d'archives sauvé d'une décharge.

Transcription du texte

Conseil du Temple
Du 25 Jer 1793, 2ème de la République
Le Conseil autorise le citoyen Gagné à
fournir à Elisabeth et fille capet, six
grosses serviettes, des petits linges pour
lavettes, une teyère, faire rétamé un
bouloire de cuivre et netoyer les seaux
et pour simon six serviettes ouvrés
et deux unies


Avril Cazenave
Quelques explications :

A propos de la date
(25 janvier 1793)


Décret de la Convention nationale, concernant l'ère des Français. Du 5 octobre 1793, l'an second de la République française, une et indivisible. Le décret qui fixoit le commencement de la seconde année au 1er janvier 1793, est rapporté. Tous les actes datés l’an II de la République, dans le courant du 1er janvier au 23 septembre 1793 exclusivement, doivent être regardés comme appartenans à la première année de la République.


A propos des noms


Elisabeth : Elisabeth de France, sœur de Louis XVI
fille capet : Marie-Thérèse-Charlotte de France, fille de Louis XVI
Gagné : Jean-Barthélémy Gagné, cuisinier à la prison du Temple
Simon : cordonnier, membre de la Commune de Paris et à partir du 3 juillet 1793, gardien de Louis-Charles de France, fils de Louis XVI
Avril : administrateur des travaux publics
Casenave : député des Basses-Pyrénées.


A propos du linge


serviettes ouvrés : Le linge uni, à la différence du linge ouvré ou du linge damassé, dont on se sert pour la table (dictionnaire de l’Académie française).

Belle trouvaille de Muriel qui a eu la gentillesse de partager avec nous le fruit de ses recherches.