mardi 3 novembre 2015

Méditons

La méditation est un sujet à la mode (un peu trop peut-être ?) mais cela m'a donné envie de vous parler de mon expérience.

J'ai eu une première approche de la méditation zen vers 17 ans, en compagnie de mon professeur de harpe, Régis Chenut. C'était une initiation à la pratique du za-zen : il fallait rester un heure en tailleur sur un zafou (coussin de méditation) en essayant de rester le dos droit. A la fin, mon dos est comme un bout de bois. C'était un peu extrême mais cela m'a marqué.

Ensuite, j'ai une ancienne collègue qui a tout quitté pour fonder une sangha bouddhiste à Strasbourg. Elle m'avait fait connaître les livres de Thich Nhat Hanh sur la méditation pleine conscience et quand j'ai été malade m'a orienté vers des pratiques plus médicales de la méditation (Jon Kabat-Zinn, Christophe André) ou en tout cas moins religieuses (Fabrice Midal). 

J'ai décidé de pratiquer en groupe l'an passé mais je n'ai pas aimé : la prof  nous faisait parler de notre expérience à la fin un peu comme dans un cours de sophrologie.

Quand je médite, j'essaie de m'installer sur mon coussin, les talons en arrière et non en tailleur car cela ne me convient pas. C'est une façon de me poser, de reprendre conscience du moment présent. Je me concentre sur ma respiration, sans la modifier et si cela m'angoisse trop, sur mes pieds ou une autre partie du mon corps. Je ne cherche ni à me détendre, ni à analyser ce qui se passe. Je laisse faire. C'est une sorte de lâcher prise, indispensable pour moi qui suis habituée à  tout contrôler. J'aime bien aussi écouter les bruits dehors ; les oiseaux qui chantent et même les voitures qui passent (mais je n'arrive pas encore avec la perceuse du voisin). Je peux aussi répéter un mantra ou répéter une sorte de prière. Il existe des méditations pour développer notre compassion, d'abord envers nous-mêmes, ensuite envers les autres. A partir de là, méditer et prier se confondent un peu pour moi.

Méditer n'est pas toujours agréable. C'est un peu comme accorder un instrument : pas passionnant mais nécessaire. Parfois, quand j'ai fini, je peux être plus agitée qu'avant. Parfois, durant la pratique, j'ai un moment de panique surtout quand je suis agitée en m'installant. L'immobilité, le "rien faire" me déstabilise. Des fois aussi, cela m'ennuie !!!

Les gens croient souvent qu'il faut s'interdire de penser quand on médite. Or c'est impossible ! On ne peut pas arrêter le flux de ses pensées mais en méditation, on apprend à les observer, sans les juger. On accueille ce qui vient. Et on prend les pensées pour ce qu'elles sont : des pensées ! Dès que le mental s'évade, on en prend conscience et on revient aux sensations (la fraîcheur du petit matin sur la peau, la cloche de l'église qui sonne, l'épaule qui tire, etc....).
Quand on pratique 20 minutes, c'est bien car c'est après 10 minutes que des choses souvent se passent. Le cerveau semble à ce moment là se déconnecter de ses automatismes. 

L'idéal serait de pratiquer tous les jours. Et de pratiquer aussi de manière informelle dans la journée : faire de temps en temps une chose en pleine conscience (préparer son thé, manger, respirer, écouter l'autre....).

On me  pose souvent la question : à quoi sert la méditation ? A partir du moment où on cherche un but, une utilité à la pratique (être moins stressée, plus zen), on fait fausse route, on est plus dans la justesse. C'est ce que nous, les occidentaux, avons le plus de mal à comprendre. Toutes nos activités doivent toujours être rentables.

Il m'arrive aussi de faire des méditations guidées par un CD. J'aime bien la voix de Fabrice Midal.

Parfois aussi, nous pratiquons la méditation sans le savoir !

Et parfois aussi, il m'arrive de ne plus pratiquer sous prétexte que la posture me fait trop mal au genou.

Bref, méditer est loin d'être une activité facile et j'admire ceux qui ont de la constance dans leur pratique. Qui se lèvent tôt pour passer un moment sur leur coussin de méditation.

J'en suis encore bien loin !

4 commentaires:

johala a dit…

Hello
Suite à l'envoi d'une copine, je me suis inscrite à ce programme gratuit: http://www.deepakchoprameditation.fr/?d=1 qui se pratique sur 21 jours. C'est ma première expérience de méditation, et je ne sais pas si j'y arrive. Je fais ça le soir plutôt avant de m'endormir et je dois dire que au moins, je m'endors plus facilement à défaut d'autre hose!
Gros bisous

Marie Christine a dit…

Bonjour Hélène,
J'admire les personnes qui trouve en la méditation quelques instant de bien être,et t'admire d'en pratiquer!
Puisses tu trouver des moments de calme et de joie interieur.
Je t'embrasse ,douce semaine

MMAMH a dit…

Hélène,
C'est avec ravissement que je découvre votre blog...
Le hasard des recherches sur internet pousse parfois ma barque vers des îles inconnues et aujourd'hui c'est sur votre blog île que j'accoste... tous vos apports sont si riches et généreux que je vais chercher un moyen de m'abonner à ce que vous publiez ( je ne connaissais pas le site B Blogger... je cherchais à récupérer une image du symbole Ad libitum pour mon activité!)
A bientôt? Et félicitations,
Martine

Hélène a dit…

Merci Martine, très touchée par ton message car il y a des jours où je me demande si le temps passé sur mon blog ne serait pas mieux utiliser à autre chose.
Ad libitum, c'est pour moi presque une formule magique. Et tu vois, elle t'a mené à moi.
Je serais curieuse de savoir ce que cache votre activité.... Bien cordialement